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De Ryad à Paris, l'Esports World Cup revendique un succès mondial
Délocalisée à la hâte de Ryad à Paris, l'Esports World Cup, gigantesque compétition de jeux vidéo sous pavillon saoudien, s'est achevée dimanche sur un bilan que ses organisateurs présentent comme un succès, entre affluence, audiences et rayonnement international.
"Faker", "Niko", "Zywoo", le roi norvégien des échecs Magnus Carlsen... Les plus grandes stars de l'esport ont défilé au Parc des Expositions de la Porte de Versailles, dans le sud de la capitale, pendant sept semaines pour s'affronter par écrans interposés au cours de 25 tournois sur 24 jeux différents. Le tout dans une mise en scène impressionnante avec écrans géants et effets pyrotechniques.
Créée en 2024 et financée par le fonds souverain saoudien, l'EWC s'est imposée comme un rendez-vous majeur du calendrier mondial de la discipline, par sa grandeur, son format unique, son aspect mondialisé... Et surtout sa dotation colossale de 75 millions de dollars qui rend la participation à l'événement particulièrement attractive, voire nécessaire, pour les clubs.
Les deux premières éditions avaient eu lieu en Arabie saoudite, mais à la fin du mois de mai, les organisateurs ont dû prendre une décision radicale en déménageant à Paris en catastrophe en raison de la guerre au Moyen-Orient.
- "De classe mondiale" -
Le maintien de la compétition, pharaonique à l'échelle de l'esport, était donc déjà une réussite en soi, estime Mike McCabe, l'un des patrons de l'Esports Foundation, la structure organisatrice.
"Le simple fait d'avoir lancé cette compétition a été un immense succès: passer de la conception d'un événement à Ryad à la mise en place effective d'un événement de classe mondiale à Paris, en moins de huit semaines, est sans précédent. Cela a été incroyable", a-t-il déclaré à l'AFP.
Et même si la fréquentation a été inégale selon les jeux, la compétition a comptabilisé 175.000 billets vendus pour les compétitions, contre 90.000 lors de la dernière édition à Ryad. Sur le plan numérique, l'édition 2026 a également affiché une forte progression, avec 850 millions de spectateurs sur les différentes plateformes et 440 millions d'heures visionnées, soit une augmentation de 13% et 26% par rapport à l'année dernière.
"Au vu de ce que nous faisons, de notre objectif et de la croissance que nous envisageons, je peux sans hésiter affirmer que cet événement a été une réussite", s'est félicité le Prince Faisal bin Bandar, membre du conseil d'administration de l'Esports Foundation.
- Macron, MBS et Ronaldo -
Pour son apothéose dimanche, la finale de Counter-Strike a même eu droit à l'Accor Arena de Bercy, tandis que la cérémonie de clôture a eu lieu au Grand Palais. Dans un faste grandiose, l'équipe chinoise All Gamers a reçu le trophée de la victoire des mains d'Emmanuel Macron et de Cristiano Ronaldo, sous les yeux du prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane, en visite diplomatique à Paris pour deux jours.
Comme elle le fait avec le sport traditionnel, l'Arabie saoudite a engagé des moyens considérables pour s'imposer comme une place forte mondiale de l'esport, dans le cadre d'une stratégie d'investissements assumée.
A Paris, les organisateurs ont vu les choses en grand avec des campagnes de publicité massives dans les rues et les stations de métro, ou en conviant de nombreuses personnalités, de la vedette de la NBA Giannis Antetokounmpo au chef étoilé français Philippe Etchebest.
"La +Vision 2030+, qui vise à diversifier le PIB afin que le secteur pétrochimique ne soit plus son principal contributeur, consiste à mettre en place différents piliers. L'un d'entre eux est la stratégie nationale pour les jeux vidéo et l'esport, à laquelle nous participons", a expliqué Mike McCabe.
Si par le passé, l'irruption de l'Arabie saoudite dans l'esport -- et dans d'autres sports comme le football, le tennis ou le golf -- a pu susciter une opposition en raison de la question des droits humains, le pays royaume s'est progressivement fait accepter par le secteur.
"Il y a très peu de levée de boucliers. Actuellement, plus personne ne s'exprime publiquement sur le sujet", souligne le sociologue de l'esport Nicolas Besombes.
T.Ziegler--VB