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Rugby: quand les Bleues innovent avec un stage spécial "cinq de devant"
Améliorer la conquête, les connexions et postures en mêlée, transmettre, créer du lien... Dans les Landes, le sélectionneur des Bleues François Ratier a réuni pour trois jours premières et deuxièmes lignes jusqu'au moins de 18 ans pour un travail spécifique novateur.
"Allez, les fesses au-dessus des épaules, dans le bon tempo. Flexion et on rentre." En charge des avants du XV féminin depuis janvier, Florent Wieczorek derrière ses lunettes orange donne de la voix, conseille sous la pluie rafraichissante de Capbreton, seconde maison des équipes de France après Marcoussis (Essonne).
A son écoute, douze des 24 filles retenues pour ce stage unique des joueuses "de la cage", à savoir des piliers, des talonneuses et des 2e lignes issues majoritairement des Stades Bordelais (8 représentantes) et Toulousain (7), et conscientes d'être des précurseuses.
Dans le passé, garçons ou filles mélangés, il y avait déjà eu des mini-stages spécifiques organisés pour les avants mais jamais pour le cinq de devant. "C'est vraiment une nouveauté", précise Wieczorek, convaincu de l'expérience comme ses joueuses.
- "ADN" -
"Je trouve ça pertinent dans le sens où on peut voir en détail tout ce qui se passe. C'est vrai que pendant les compétitions, avec le rush, on n'a pas trop le temps. On apprend à tout âge", souligne Rose Bernadou, pilier droit de Montpellier (26 ans, 30 sélections).
De l'expérience qui se mêle à l'enthousiasme des moins de 18 et moins de 20 ans tricolores conviées sous le regard d'un François Ratier qui avait organisé pareil stage spécifique lorsqu'il dirigeait le Canada (de 2013 à 2017).
"Le cinq de devant, c'est particulier, puisque le rugby commence devant et la conquête est très importante", résume le sélectionneur débarqué au chevet des Bleus cet hiver après avoir conquis deux titres de champion de France avec le Stade Bordelais.
"On est un pays culturellement qui aime la mêlée, qui aime la conquête. Et il est hors de question de perdre cet ADN, ajoute-t-il. Aujourd'hui c'est une force du rugby français en général et c'est important pour nous de commencer ce genre d'événements pour que les joueuses cadres du XV de France, mais aussi les jeunes issues de la filière puissent avoir ce cheminement".
- "Sur des détails" -
"Si on n'a pas de conquête, c'est compliqué après de pouvoir jouer derrière", embraye la Toulousaine Charlotte Escudero (25 ans, 37 sélections), 3e ligne habituelle mais venue comme polyvalente en 2e ligne.
"On a pu le vivre, que ce soit contre l'Angleterre, la Nouvelle-Zélande, l'Australie ou le Canada, poursuit-elle. Ça se joue souvent sur des détails, un ballon perdu en touche, une mêlée qui n'est pas exploitée. C'est toujours des ballons hyper importants et on doit les conserver. C'est pour ça qu'on est là aujourd'hui".
En plus de la mêlée, la touche donc et aussi les ballons portés seront abordés jusqu'à dimanche et Ratier profitera de la géographie des lieux pour jeter un oeil sur ses internationales (des lignes arrières) qui disputent le Tournoi à 7 de Biarritz, à moins de 30 kilomètres de Capbreton.
Et pourquoi ne pas envisager à l'avenir un stage spécifique charnière (demis de mêlée et d'ouverture) par exemple ?
"Oui, on peut très bien l'imaginer et même sur d'autres postes en faisant intervenir des gens extérieurs pour divers aspects, rebondit Ratier. Le travail en club est très bien, le travail en rassemblement est bien mais des fois on peut être créatif et imaginer des moments ensemble" avec toujours l'idée de transmettre aux plus jeunes, voire de les intégrer si elles ont le niveau cette saison riche en rendez-vous (6 matchs du WXV Global Series et 5 matchs du tournoi des Six nations).
"Comme disent les Anglais, +si on est assez bon, on est assez vieux+", rappelle-t-il.
H.Weber--VB