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Tour de France: Pogacar creuse toujours, Seixas épate encore
Tadej Pogacar, motivé par les sifflets qui ont accompagné son nouveau cavalier seul, a accentué son avance en tête du classement général du Tour de France en s'imposant en solitaire, mardi au Lioran, où Paul Seixas a décroché un premier podium plein de promesses.
A défaut de gagner en ce 14-Juillet, le jeune Lyonnais, troisième, a porté haut les couleurs de la France lors d'une journée encore incandescente dans les monts du Cantal, où Pogacar s'est vengé de sa défaite d'il y a deux ans.
Cette revanche a été éclatante pour le Slovène, battu au sprint dans la station du Massif Central en 2024 par Jonas Vingegaard, moins aérien mardi et seulement septième à l'arrivée, à 44 secondes, après avoir craqué dans les derniers hectomètres au sein d'un groupe de six comprenant les candidats au podium.
"Il y a deux ans, Jonas m’'avait battu au sprint, à la régulière. J'avais ça en tête dans les derniers mètres où j'étais dans le même état qu'il y a deux ans, complètement détruit. Mais, jusque-là, ce Tour est parfait pour moi", a raconté Pogacar après avoir signé sa troisième victoire d'étape dans cette 113e édition, sa 24e au total.
Après avoir fait rouler ses équipiers d'UAE toute la journée, condamnant d'office les nombreuses tentatives d'échappée, le Slovène a attaqué à 15,5 km de l'arrivée dans la partie finale du très raide col de Pertus.
Son accélération a cloué tout le monde sur place et, en vérité, personne n'a essayé de le suivre par peur de se brûler les ailes.
A 250 m du sommet, il a avalé Richard Carapaz, qui s'était isolé dans le Pas de Peyrol à 37 km du but avec sa grinta légendaire, pour ensuite se diriger vers l'arrivée en se retournant sans arrêt.
- Pogacar sifflé -
"On testait de nouvelles oreillettes et, avec le public, je n'entendais rien. Sur les dix derniers kilomètres, je ne savais pas quel était l'écart, qui faisait quoi", a expliqué Pogacar qui endosse le 60e maillot jaune de sa carrière, égalant Miguel Indurain à la troisième place de tous les temps derrière Eddy Merckx (111) et Bernard Hinault (79).
Déterminé à "honorer" ce maillot, Pogacar a dit avoir essuyé quelques sifflets de la part de spectateurs sans doute lassés par son implacable domination.
"Il faut qu'ils sachent que ça ne fait qu'encourager mes équipiers à faire mieux. Ils mettent de l'huile sur le feu", a-t-il souligné avant de se fendre d'une ode aux fans de cyclisme, "les meilleurs dans le sport".
"Il y en quelques-uns qui me détestent, ça a toujours été comme ça, mais c'est bien pire dans les autres sports... 99% des gens encouragent tous les coureurs et quand je vois parfois les enfants d'une même famille porter les maillots d'équipes différentes, ça montre à quel point ça reste un sport bon enfant."
Au classement général, il compte désormais 3:36 d'avance sur Vingegaard et 4:06 sur Remco Evenepoel, deuxième de l'étape après avoir été un temps en difficulté au sein du groupe de six poursuivants comptant son co-leader Florian Lipowitz, Seixas et la doublette de Lidl-Trek, Juan Ayuso et Mattias Skjelmose.
- Seixas, "c'est super" -
Le Belge déloge du podium le Mexicain Isaac del Toro, coéquipier de Pogacar, qui a cédé du terrain dans le col de Pertus où il s'est retrouvé avec Lenny Martinez (9e au général) et Tom Pidcock.
Le Britannique a fini le cuissard déchiré après avoir chuté, comme Matteo Jorgenson et Chris Harper, dans la dangereuse descente du Pas de Peyrol, où le goudron avait fondu.
"J'ai eu des moments compliqués dans la dernière ascension, je me suis accroché, a rapporté Evenepoel. C'est bien de reprendre du temps (...). Je me sens mieux de jour en jour."
Seixas gagne, lui, une place au général (5e à 4:35). "Aller chercher cette troisième place dans une journée des plus costauds du Tour, c'est super. L'étape du Tourmalet c'était vraiment une étape de grimpeurs. Aujourd'hui, c'était une étape de mecs forts tout simplement", a commenté le leader de Decathlon CMA CGM, longtemps accompagné par un Nicolas Prodhomme déchaîné.
A 19 ans, le prodige peut continuer à croire au podium alors qu'il donnait l'impression d'en avoir encore sous la pédale dans le final.
"Le Tour est encore long. Il faut savoir aussi ne pas faire n'importe quoi", a-t-il expliqué comme s'il était déjà un vieux briscard dans cette Grande Boucle et non son plus jeune participant depuis 89 ans.
P.Staeheli--VB