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Rugby: les Bleus veulent donner le ton et envoyer un message contre l'Irlande
Tenant du titre, le XV de France lance jeudi son Tournoi avec une affiche corsée contre l'Irlande, persuadé que les nombreux retours de blessure et les perfectionnements stratégiques lui permettront de "mettre son empreinte" sur la concurrence à deux ans du Mondial.
Le sélectionneur Fabien Galthié l'avait promis après une tournée de novembre mitigée: l'équipe de France sera plus performante au Tournoi des six nations, son véritable juge de paix hors année de Coupe du monde.
Voilà donc ses Bleus au pied d'une chaîne de cinq montagnes, avec une première ascension pas des plus simples, l'Irlande (21h10 au Stade de France). Mais le XV de France dispose de tous les atouts pour réussir son périple, crampons aux pieds.
Un équipement de luxe, avec les retours des cadres François Cros, Yoram Moefana et surtout du capitaine Antoine Dupont, une carte favorable avec trois réceptions et l'expérience de la victoire de l'an passé avec son lot de records, comme celui du plus grand nombre d'essais inscrits dans une seule édition (30).
De quoi en faire les favoris de cette édition, de l'avis de la plupart de leurs concurrents, même si les Anglais, avec leur série en cours de onze victoires, ne sont pas loin.
- Place aux jeunes -
"Discussions de comptoir", a balayé jeudi Fabien Galthié. En prévenant également que tous les problèmes perçus en novembre, tant dans la défense avec l'indiscipline ou le mouvement autour des rucks, qu'en attaque avec la diversité des mouvements offensifs, n'allaient pas être réglés immédiatement.
"Tout ne sera pas parfait, honnêtement, sur cette ouverture", a-t-il prévenu mardi, rêvant toutefois d'"entretenir la flamme" allumée au début de son mandat.
Mais "ça implique quasiment une victoire obligatoire, si on veut avoir de l'ambition dans ce Tournoi", a cependant insisté Antoine Dupont mercredi, après le dernier entraînement des Bleus au Stade de France. Pour "être maître de notre destin au maximum, pour trouver des automatismes, des repères collectifs, c'est hyper important quand on construit sur une victoire".
Le sélectionneur a en tout cas fait des choix forts en laissant de côté certains cadres (Fickou, Alldritt, Penaud), pour donner plus de place à des jeunes joueurs --Théo Attissogbe, Mickaël Guillard-- découverts en tournée et qui n'ont pas encore eu la chance d'être titulaires dans un Tournoi.
Mais une défaite contre l'Irlande, plus aussi impressionnante qu'avant le Mondial 2023 et avec de nombreux absents (Aki, Henshaw, Hansen, Keenan, Porter, Furlong), les mettrait dans une situation difficile et contraindrait les Bleus à espérer une rédemption lors du dernier match, contre l'Angleterre.
"Ça serait peut-être une désillusion de ne pas gagner le Tournoi. C'est peut-être un moment où on se dit, soit on arrive à mettre un peu notre empreinte sur le rugby international, soit on fera comme on a fait aux dernières Coupes du monde, on sortira en quarts et puis on rentrera à la maison", a lâché lundi Thomas Ramos, l'arrière meilleur buteur de l'histoire du XV de France.
"Si on veut arriver à la Coupe du monde en étant favoris, en faisant peur à nos adversaires ou en étant un peu plus craints, ça passe par gagner des compétitions. (...) Ça fait des années qu'on se connaît, on se joue tous les week-ends. Ça fait un moment que c'est à peu près le même groupe en équipe de France, mais sans rien gagner, tu ne crées pas grand-chose au final".
Les Bleus ont donc hâte de retrouver le Tournoi, compétition de leur dernière grande victoire... en Irlande (42-27), la plus éclatante du second mandat de Galthié.
S.Spengler--VB