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Mondial de rugby: pour les Bleues, une demie pleine mais un verre à moitié vide
Le XV de France féminin a rempli le contrat du Mondial anglais en atteignant les demi-finales, mais l'écart avec le top niveau semble toujours aussi gigantesque pour viser mieux que la petite finale.
Les Bleues n'ont pas pris la raclée crainte par tous face aux Anglaises à Bristol samedi, malgré un score assez large au final (35-17). Pendant 60 minutes, bien que toujours menées, elles se sont maintenues dans le coup. Et elles ne pouvaient s'en prendre qu'à leurs occasions manquées si elles étaient encore derrière à la pause (7-5), malgré une nette occupation et une nette possession.
Les coéquipières de Nassira Kondé, autrice de deux essais, ont livré leur meilleur match depuis longtemps malgré des absences de poids, comme la co-capitaine Manae Feleu où l'ailière Joanna Grisez.
D'où, sans doute, le soulagement de l'ouvreuse Carla Arbez à la fin du match. "Je pense qu'on a montré un beau visage, on a joué avec le coeur. Forcément, on avait envie d'inverser le bras de fer. Mais au moins de les faire douter jusqu'au bout, je pense qu'on aurait toutes signé pour ça."
La Bordelaise vivait son premier Mondial, au contraire sa compère en charnière Pauline Bourdon Sansus déjà présente au Mondial 2021 en Nouvelle-Zélande (joué en 2022) et lors du dernier titre des Bleues, dans le Tournoi des six nations 2018. Le discours de la Toulousaine, la plus capée des Bleues en Angleterre (70 sélections) est différent.
- "Marre de finir 3e" -
"J'en ai marre de finir troisième ou quatrième. Il faut arrêter de se satisfaire de ça. Je pense qu'on avait l’effectif, on a le groupe pour le faire, on travaille dur depuis trois ans pour essayer de contrer ces Anglaises", a dit l'une des trois joueuses du groupe ayant déjà battu cet adversaire, il y a 18 matches désormais.
La France jouera la petite finale pour la septième fois d'affilée (3e en 2002, 2006, 2014, 2017 et 2021, 4e en 2010) et la huitième fois au total (3e en 1994).
Dans une compétition aussi hétérogène qu'un Mondial, les Bleues sont vraiment jugées sur deux matches ainsi que sur l'impression générale dégagée.
Quatrième nation mondiale, la France est à sa place dans la compétition, mais a semblé plus proche de la sortie en quarts contre l'Irlande (18-13), cinquième nation mondiale, que de la finale face aux grandes favorites de la compétition.
Les Bleues semblent aussi un ton en-dessous des Canadiennes et, dans une moindre mesure, de la Nouvelle-Zélande qu'elles retrouveront samedi lors du match pour la troisième place.
En dix éditions du Mondial, elles ont atteint neuf fois le dernier carré (il n'y a pas eu de match de classement lors de la première édition en 1991 où les Bleues avaient perdu en demi-finales), sans jamais passer le cap. Mais elles en avaient semblé plus proches en Nouvelle-Zélande en 2022, quand elles n'avaient perdu que de six points contre l'Angleterre en groupe (13-7) et d'un point en demi-finales (25-24), face aux Black Ferns.
Leur niveau de jeu a certes progressé sur certains points, mais pas aussi vite que chez d'autres équipes.
- Professionnalisation -
Précision en attaque, soutien dans les rucks, mêlées: les faiblesses étaient connues et n'ont pas été comblées samedi malgré le travail effectué au cours des deux mois préparation, deuxième moment de l'année où les joueuses ont été dans un environnement pleinement digne de sportives de haut niveau, après le Tournoi.
Après une dernière semaine pour tenter de "finir de la plus belle des manières" l'aventure du Mondial, selon les mots de Nassira Kondé, les Bleues retrouveront la vie de club et leurs coéquipières, amatrices.
"La moyenne d'âge de l'équipe (de France) est de 24 ans. Dans les prochaines années, on va monter en puissance. Ce qui va peut-être nous aider, c'est la professionnalisation du rugby féminin en France", espère Nassira Kondé, alors qu'un nouveau sponsor titre a été annoncé durant la semaine pour la première division.
Cette prochaine aventure se fera-t-elle avec le binôme d'entraîneurs Gaëlle Mignot et David Ortiz, dont le contrat se termine en même temps que la compétition ?
Interrogé cette semaine, le président de la Fédération française de rugby Florian Grill a simplement dit qu'il était "beaucoup trop tôt pour en parler" et qu'il y aura "de toute façon une candidature ouverte sur les équipes de France".
K.Sutter--VB