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Open d'Australie: devant un stade comble, le grand retour de la paire Kyrgios-Kokkinakis tourne court
Des retrouvailles au goût d'adieux pour les "Special K" du tennis australien: vainqueurs de l'Open d'Australie en double en 2022, Nick Kyrgios et Thanasi Kokkinakis ont renoué un set et demi avec leur public à Melbourne avant que leurs corps meurtris ne les poussent à abandonner.
"La John Cain Arena est à guichets fermés", proclame un écran bleu surplombant l'entrée de l'enceinte où doit se reformer la paire préférée du public local, après trois ans d'attente.
Quelques minutes avant le début du match, les tribunes sont effectivement déjà combles ou presque.
Écharpe bleue et blanche autour du cou, Voula Magellas patiente dans les gradins avec sa soeur et sa fille.
"On est venues voir les deux Grecs", assure-t-elle à l'AFP en référence à Kokkinakis et Kyrgios, qui ont des origines helléniques.
"Ils sont super drôles, ils font des choses marrantes avec la balle... Je les adore!" déclare cette spectatrice dont les parents viennent tous deux d'une île grecque.
Quelques rangées plus haut, Amanda et son fils Jack savourent leur "coup de chance" puisqu'en achetant leurs billets, ils ne savaient pas qu'ils verraient jouer les "Special K", comme la paire est affectueusement surnommée en Australie.
Casquette sur la tête comme Nick Kyrgios, Jack a pourtant un faible pour Kokkinakis, "probablement mon joueur préféré".
- "Come on Nick! Let's go Kokki" -
Soudain, une clameur fend la foule: le duo entre dans l'arène.
Incertain jusqu'au dernier moment en raison d'une blessure à l'épaule, Kokkinakis a enfilé un short orné de dessins de guerriers grecs, un clin d'oeil vestimentaire aux nombreux drapeaux helléniques et australiens déployés dans les tribunes.
"Je suis vraiment désolé" pour James Duckworth et Aleksandar Vukic, l'autre paire de double présent sur le court, commente le jeune Jack.
"C'est clair que tout le stade va encourager Nick et Thanasi" plutôt que leurs adversaires, pourtant australiens eux aussi, anticipe-t-il.
Dès le début du match et les difficultés évidentes de Kokkinakis au service, l'enthousiasme des spectateurs se teinte d'anxiété, nourrie par les grimaces de douleur de l'Australien.
Kyrgios, touché lui par une blessure abdominale à quelques jours de l'Open d'Australie et quasi absent du circuit ATP pendant deux ans, essaie bien de dérider le public.
Volées croisées imparables, gifles en coup droit, smashs et amorties: le "kid de Canberra", comme il se surnomme volontiers, montre qu'il n'a rien perdu de son toucher de balle.
A chaque point gagné, il vient haranguer la foule, qui le lui rend bien.
"Come on Nick! Let's go Kokki, let's go", entonne-t-elle sans relâche, rugissant de plaisir quand les compères parviennent à effacer un break.
Kyrgios et Kokkinakis perdent finalement la première manche 7-5 et jettent l'éponge quelques minutes plus tard, plongeant la John Cain Arena dans la détresse.
- "On peut toujours faire des dégâts" -
"Mon docteur m'a recommandé de ne pas jouer ce match", confie Kokkinakis en conférence de presse. "Je souffre énormément" mais "je voulais tellement remonter sur le court" avec Kyrgios, coiffé devant la presse d'une casquette floquée du mot "outgoing" ("sortant").
"On savait qu'une foule de gens nous attendait. Dans n'importe quelles autres circonstances, je n'aurais certainement pas mis un pied sur le court", poursuit-il.
"J'ai senti dès le début du match que le public était prêt à entrer en ébullition", ajoute Kyrgios, jamais avare d'une hyperbole.
Quant à savoir si le public australien reverra un jour ses héros de 2022 rejouer ensemble, Kyrgios botte en touche.
"C'est possible. En pleine possession de nos moyens, j'ai l'impression qu'on peut toujours faire des dégâts en double", juge le finaliste de Wimbledon en 2022, qui aura 30 ans en avril.
Mais avec l'émergence de talents comme le Brésilien de 18 ans Joao Fonseca, "Thanasi et moi sommes un peu devenus les vieux dans les vestiaires", souligne Kyrgios.
P.Keller--VB