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JO-2024: après la natation, le triathlon, la Seine trouble encore des épreuves tests
Faut-il craindre un feuilleton de reports des compétitions dans la Seine lors des JO de Paris-2024 dans un an ? Une nouvelle fois, des épreuves de natation ont dû être annulées samedi matin lors du test event de para-triathlon pour cause de pollution du fleuve.
Deux semaines après le raté de l'organisation des épreuves tests de natation en eau libre, ce nouvel épisode pose question au sujet du calendrier des Jeux olympiques. Potentiellement, l'agenda pourrait être suspendu aux relevés changeants d'un fleuve capricieux censé accueillir à Paris des sites de baignade pour le grand public dès 2025.
La raison de l'annulation est la même que début août: des bactéries Escherichia Coli (E. coli) dont le taux mesuré sur un échantillon de la veille dépassait le seuil autorisé.
"Le prélèvement en laboratoire avait un taux légèrement supérieur" au niveau permis par les règlements de World Triathlon, a indiqué samedi l'adjoint aux sports de la mairie de Paris, Pierre Rabadan lors d'un point presse. "Il était légèrement au-dessus des 1.000 (UFC pour 100 ml)", a-t-il encore expliqué aux côtés du patron du comité d'organisation Tony Estanguet.
C'est déjà un taux supérieur au seuil de 1.000 UFC pour 100 ml, fixé par World Aquatics, qui avait empêché la tenue de la compétition de nage en eau libre.
Conséquence samedi: conformément au règlement de la Fédération internationale concernant la qualité de l'eau, les épreuves de para-triathlon au départ du pont Alexandre III ont été réduites à un duathlon, à savoir seulement du cyclisme et de la course à pied.
Une alternative à laquelle avait déjà ouvert la porte Tony Estanguet jeudi à l'issue de la course femmes des valides. "C'est déjà arrivé", assurait-il. Mais encore jamais aux Jeux olympiques, où le triathlon est certes d'apparition récente (2000).
"On aura la possibilité aussi de décaler les jours de compétition pour avoir la meilleure fenêtre de qualité de l'eau. On a donc un bon niveau de confiance aujourd'hui pour tenir un triathlon l'année prochaine", juge le président du comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Paris-2024.
- "Pas de cause identifiée" -
Après la course femmes jeudi puis hommes vendredi organisées sans problème, la situation interroge. "La dégradation récente de la qualité de l'eau de la Seine, si elle est avérée, n'a pas de cause identifiée", a reconnu le préfet Pierre-Antoine Molina, secrétaire général aux politiques publiques à la préfecture de la région d'Ile-de-France. "Nous la cherchons activement."
Car cette fois, il n'y a pas eu d'orages pouvant expliquer un déversement d'eaux usées dans la Seine, problème que doivent régler des infrastructures encore en construction comme le bassin d'Austerlitz, qui va permettre de stocker des eaux pluviales (50.000 m3), et fonctionnera en 2024.
Pas d'inquiétude en tout cas parmi les triathlètes: les têtes d'affiche françaises, Cassandre Beaugrand jeudi puis le champion du monde en titre Léo Bergère le lendemain, ont répété avoir "connu des eaux bien pires" que celles de la Seine.
Des triathlètes français ayant nagé dans le fleuve vendredi, jour où a été effectué le prélèvement dépassant le seuil, aucun ne souffrait d'un quelconque mal, a d'ailleurs assuré à l'AFP le directeur technique national Benjamin Maze. Ce qu'a également confirmé l'un d'eux.
- "Pas de solution de déplacement" -
Reste à savoir s'ils pourront disputer un véritable triathlon lors du relais mixte programmé dimanche à 8h00. La décision doit être prise dans la nuit de samedi à dimanche après une réunion autour de 3h00, a annoncé le secrétaire général de World Triathlon Antonio Arimany.
Dans tous les cas, pas question de plan B dans un an pour les Jeux, maintient Tony Estanguet: "Il n'y a pas de solution de déplacement de l'épreuve. Le triathlon et la natation en eau libre auront lieu dans la Seine l'année prochaine".
"On veut depuis le départ faire rayonner la ville de Paris à l'occasion de ces Jeux. On a un site absolument extraordinaire, l'un des plus beaux de ces Jeux de Paris, a-encore martelé Tony Estanguet. Les athlètes nous l'ont dit. On a envie de préserver cette ambition et on est très serein aujourd'hui sur tous les moyens en train d'être mis en place. On était en mode test, on va continuer à progresser d'ici l'année prochaine".
C.Meier--BTB