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C1: l'ogre Manchester City enfin à la table des grands?
Jamais sacré, le richissime club anglais de Manchester City, avec l'ogre Erling Haaland et le génial Pep Guardiola, tutoie son rêve de Ligue des champions en finale, samedi (21h00), mais l'Inter Milan n'a pas "peur" et espère un nouveau "miracle" à Istanbul.
Les Italiens, finalistes surprise, s'avancent vers le stade olympique Atatürk (72.000 places) avec au-dessus d'eux l'ombre imposante des Sky Blues, grandissimes favoris avec leur géant d'attaque, leur entraîneur à succès et leur fortuné propriétaire émirati.
Au football comme dans les contes de fée, toutefois, il arrive que le Petit Poucet triomphe. Manchester City connaît l'histoire et n'entend pas répéter les mêmes erreurs que lors de sa première et dernière finale, perdue contre Chelsea en 2021.
"Je ne contrôle pas ce que les gens pensent, je me concentre uniquement sur ce que nous avons à faire", a évacué Guardiola. Mais historiquement, avec ses trois titres européens (1964, 1965, 2010), "l'Inter est plus gros que nous", a lancé le Catalan, sacré en 2009 et 2011 sur le banc du FC Barcelone.
Le temps devient long pour lui comme pour le cheikh Mansour, membre de la famille royale émiratie et repreneur du club en 2008. Son Abu Dhabi United Group contrôle le vainqueur de sept des douze dernières Premier League, champion du monde des revenus (731M EUR la saison dernière selon le cabinet Deloitte), mais il attend toujours de devenir le premier propriétaire-Etat à soulever la Coupe aux grandes oreilles.
Celle-ci appartient encore pour quelques heures au Real Madrid, le tenant du titre, que Manchester City a concassé méthodiquement en demi-finale retour (4-0) à l'Etihad Stadium.
- Quête de triplé -
Trois semaines après ce chef d'oeuvre collectif, le défenseur ou milieu John Stones se méfie toutefois de l'étiquette de favoris qui leur colle à la peau.
En Coupe d'Angleterre, par exemple, "il y a des tueurs de géants, des petites équipes de troisième ou quatrième divisions qui battent des champions de Premier League ou d'autres, et c'est là que l'humilité, le respect que chaque équipe mérite, et la qualité des joueurs qu'elle possède, se manifestent".
Les Citizens ont pour l'heure réalisé un sans faute cette saison, coiffant Arsenal au poteau en championnat et raflant la FA Cup au nez et à la barbe de Manchester United. Ils visent désormais le "Treble" ("triplé" en anglais) que les Red Devils, leurs voisins et rivaux, ont réussi en 1999.
Ils ont un redoutable atout dans la manche avec Erling Haaland, épouvantail des défenses avec ses 52 buts inscrits depuis son arrivée, l'été dernier, en provenance de Dortmund.
Alessandro Bastoni, l'un des trois défenseurs centraux chargés de surveiller le géant norvégien (1,94m), assure ne pas trembler. "On a peur des assassins, pas des footballeurs. Ce serait une erreur de parler de peur".
- L'Inter "mérite" sa finale -
Les Nerazzurri, troisièmes de Serie A, ne sont pas non plus dépourvus de gâchettes offensives avec Edin Dzeko ou Romelu Lukaku pour accompagner le "Toro" argentin Lautaro Martinez, tout frais champion du monde. Ils comptent aussi des latéraux dangereux, un milieu de terrain au fort pressing et un jeu direct vers l'avant.
Le club lombard s'est extrait d'un groupe "très difficile, avec le Barça et le Bayern", puis a su garder les nerfs solides dans le derby des demies (victoires 2-0 puis 1-0) contre l'AC Milan, donc "on a mérité d'être là", a résumé Martinez vendredi dans une salle de conférence de presse remplie à ras bord.
"Nous sommes un grand club et nous avons beaucoup d'attentes. Quand l'Inter se retrouve en finale, il doit gagner. Si vous regardez de cette façon, nous ne sommes pas l'outsider parce que l'histoire parle pour nous. Nous sommes tous de grands joueurs, nous savons comment jouer les finales", a lancé André Onana cette semaine.
Le gardien camerounais rêve tout haut avant d'entrer dans le stade olympique Atatürk, resté célèbre pour la légendaire finale de 2005 remportée par Liverpool aux tirs au but, après avoir été mené 3-0 à la mi-temps par l'AC Milan. Les Reds ont montré la voie, l'Inter veut aussi son "miracle d'Istanbul".
D.Schneider--BTB