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"C'était un homme merveilleux": l'hommage des Brésiliens de Santos à Pelé
Depuis une fenêtre de son humble maison, Onofra Alves Costa Rovai, 91 ans, aperçoit le stade du FC Santos où le "Roi" Pelé, décédé jeudi, a brillé. Elle se souvient d'un homme "merveilleux" qui parlait "de tout" à "tout le monde".
"Pelé était comme ça, simple, il parlait à tout le monde, il parlait de tout, il était merveilleux", se souvient cette femme menue aux cheveux blancs ramassés en chignon.
"Il passait cette porte et là, nous parlions football", poursuit-elle, en désignant l'entrée principale du petit stade de la ville de Santos, où l'éternel numéro 10 a brillé de 1956 à 1974, marquant avec son club 1.091 buts en 1.116 matches et remportant 45 titres, selon ce dernier.
Arborant fièrement un maillot rayé blanc et noir du club de la ville, elle se souvient de l'époque où sa mère était encore en vie: "Ma mère, qui était déjà assez âgée, aimait beaucoup Pelé", témoigne-t-elle au lendemain du décès d'Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé, à Sao Paulo des suites d'un cancer. "Un joueur... mon Dieu du ciel, il est né pour ça!", s'exclame-t-elle.
Quelques dizaines de touristes et fans se pressaient vendredi à la mi-journée sous une fine pluie aux abords du stade de 16.000 places Vila Belmiro.
Une veillée funèbre, ouverte au public, s'y tiendra lundi pour 24 heures. L'enterrement est prévu mardi dans l'intimité familiale, après un cortège suivant le cercueil dans les rues de cette ville portuaire qui a décrété un deuil de sept jours.
Près du stade où Pelé a joué 18 de ses 21 années de football professionnel, Caroline Fornari, une femme au foyer, rendait hommage à celui qui a fait "la fierté" des Brésiliens. "Depuis que je suis toute petite, j'ai entendu mon père, qui avait son âge, parler de lui", dit-elle à l'AFP, "c'est très triste".
Pelé est le seul joueur de l'histoire à avoir remporté trois éditions de la Coupe du monde (1958, 1962, 1970).
- "C'était le meilleur" -
Des habitants avaient accroché des drapeaux aux couleurs du club à leurs fenêtres ou balcons, apportant de la couleur à une journée grise et nuageuse.
Quelques bouquets de fleurs, dont un entouré d'une bannière sur laquelle on pouvait lire "Pelé éternel", avaient été posés au pied d'une statue de Pelé.
"La mort de Pelé a été très triste pour moi. Bien que je ne l'aie pas vu jouer, j'ai entendu mon père, mes grands-parents, parler de lui. D'après ce que j'ai vu sur certaines images de lui en train de jouer, il était le meilleur, unique", témoigne Anaur Aparecido Deolindo, un retraité de 57 ans.
Dès l'annonce de la nouvelle de la mort de Pelé, il a su qu'il devait aller lui rendre hommage sur l'un des terrains où il a montré au monde son incroyable jeu de jambe.
"C'est comme s'il faisait partie de ma famille, parce que c'est un garçon qui est venu ici, qui a grandi ici et qui a conquis le monde. Aujourd'hui, il est de retour là où il mérite d'être, dans les bras de Dieu", dit-il.
"Edson est mort, mais Pelé ne meurt pas. Il est éternel".
- Idole pour toujours -
Accompagné d'amis, Jonas Augusto dos Santos, un analyste informatique de 28 ans, visite pour la première fois les abords du stade. "Depuis longtemps, la vie des Brésiliens n'est pas facile, c'est pourquoi nous sommes toujours à la recherche d'une idole. Même s'il est mort, Pelé ne cessera pas d'en être une", assure le jeune homme.
"Le corps de Pelé est parti, mais je suis sûr que son âme est autour du stade et dans le cœur de tous les Brésiliens", dit-il.
Vêtu d'un maillot du FC Santos, Luiz Santos dit s'attendre à une forte affluence dans le quartier lundi et mardi. "Ce sera bondé (...) beaucoup de gens vont venir, d'ici ou de Sao Paulo", estime l'instituteur.
J.Fankhauser--BTB