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Cyclone: Macron conclut sa visite dans l'archipel dévasté de Mayotte avec une réunion de crise
Le président français Emmanuel Macron doit conclure vendredi sa visite dans l'archipel de Mayotte, dévasté par le cyclone Chido, par une réunion de crise, après avoir été confronté depuis la veille à la profonde détresse d'habitants partagés entre exaspération et accablement.
Vendredi matin, M. Macron s'est d'abord rendu dans des localités éloignées de Mamoudzou, le chef-lieu du département le plus pauvre de France, où les secours, l'eau, l'électricité et la nourriture tardent à arriver.
A Tsingoni, commune enclavée de l'ouest de Grande-Terre, l'île principale de l'archipel de l'océan Indien, il a été interpellé sur les pénuries. "On veut de l'eau, de l'eau", l'ont imploré des habitants.
Selon des chiffres provisoires, 31 morts et quelque 2.500 blessés ont été officiellement recensés après le passage de ce cyclone dévastateur. "Il est vraisemblable qu’il y ait beaucoup plus de victimes", a reconnu M. Macron, rappelant qu'une mission avait été diligentée pour vérifier le nombre de morts.
Une centaine d'évacuations sanitaires ont également été effectuées depuis le 16 décembre, selon le ministère de l'Intérieur.
Au Mozambique, le cyclone Chido - qui a frappé ce pays d'Afrique australe dimanche - a fait au moins 73 morts.
A 12H30 locales (10H30 à Paris), le président français devait présider en visioconférence depuis Mayotte la cellule interministérielle de crise, pour "conclure son déplacement et transmettre au gouvernement et aux administrations les actions utiles à prendre", a annoncé l'Elysée.
Jeudi, lors d'une première journée intense et parfois tendue sur ces îles ravagées le 14 décembre par le cyclone le plus violent depuis 90 ans, Emmanuel Macron a pu constater l'étendue des dégâts et l'ampleur de la détresse.
"J'ai décidé de dormir ici parce que je considérais que compte tenu de ce que vit la population", repartir le jour-même aurait pu "installer l'idée qu'on vient, on regarde, on s'en va", avait-il expliqué dans la soirée à la presse. "C'est une marque de respect, de considération", avait-il estimé.
- "Macron, démission !" -
Le président français a été confronté depuis son arrivée dans l'archipel à l'impatience, la colère et le désespoir de Mahorais qui ont souvent tout perdu.
"Macron démission !", "tu racontes des salades", "de l'eau, de l'eau, de l'eau !", lui ont lancé jeudi soir des jeunes et des mères de famille. N'arrivant pas à détailler les mesures égrenées au fil de la journée, Emmanuel Macron a fini par lâcher: "C'est pas moi le cyclone ! Je ne suis pas responsable !".
"N'opposez pas les gens! Si vous opposez les gens, on est foutus, parce que vous êtes contents d'être en France. Parce que si c'était pas la France, vous seriez 10.000 fois plus dans la merde!", s'est époumoné le président au milieu de la foule qui criait. "Il n'y a pas un endroit de l'océan Indien où on aide autant les gens.", a-t-il encore lancé.
Ces propos ont fait vivement réagir à gauche et à l'extrême droite dans le pays. "Attitude arrogante et donneuse de leçons", a estimé la député écologiste Sandrine Rousseau.
"Quel mépris et quelle morgue à l'égard de ces Français qui souffrent d'une catastrophe naturelle qui ravage l'Île de Mayotte!", a estimé de son côté le député Rassemblement national (RN - extrême droite) Christophe Bentz.
- Reconstruction en "deux ans"? -
Environ un tiers de la population de Mayotte, soit plus de 100.000 habitants, notamment des personnes en situation irrégulière venant des Comores voisines, vivent dans des logements précaires.
Mayotte est séparée de seulement 70 kilomètres des côtes comoriennes. Au moment de la proclamation de l'indépendance des Comores, Mayotte avait choisi de rester en France par deux référendums en 1974 et 1976. La pauvreté pousse tous les jours des Comoriens à tenter de gagner Mayotte par la mer et au péril de leur vie à bord de pirogues très précaires.
"Mettre fin" aux bidonvilles à Mayotte et "supprimer" ces habitats "indignes" et "dangereux", c'est l'un des objectifs de la "loi spéciale" promise par le président français pour "rebâtir" Mayotte. Le Premier ministre François Bayrou a fixé un délai potentiel de deux ans pour cette reconstruction.
A moyen terme, Emmanuel Macron a aussi dit vouloir "renforcer la lutte contre l'immigration clandestine" en augmentant, jusqu'à presque doubler, le nombre de reconduites à la frontière, qui était de 22.000 en 2023.
Il a fixé à lundi 23 décembre la journée de "deuil national" en solidarité avec Mayotte, avec drapeaux en berne et minute de silence partout en France à la mi-journée.
L.Wyss--VB