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L'Iran menace d'intensifier sa riposte aux attaques américaines
"L'ère des ripostes proportionnées" est "révolue": le négociateur en chef de l'Iran a menacé dimanche les Etats-Unis d'une réponse "plus intense" en cas d'attaque, quelques heures après l'attaque d'un drone naval américain dans le détroit d'Ormuz.
Ces déclarations interviennent sur fond d'impasse diplomatique pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par des frappes israélo-américaines sur Téhéran.
"Les Américains ont dû comprendre que l'ère des ripostes proportionnées était révolue", a déclaré Mohammad Bagher Ghalibaf, négociateur en chef et président du Parlement iranien, dans un message diffusé par un média d'Etat.
"Toute agression contre les intérêts et la sécurité de l'Iran recevra une réponse plus rapide, plus intense et plus douloureuse", a-t-il mis en garde.
Après un mois d'accalmie, les hostilités ont repris le 30 août à l'initiative de l'armée américaine, qui a procédé à des bombardements contre des infrastructures iraniennes dans le stratégique détroit d'Ormuz.
Tôt dimanche, les Gardiens de la Révolution ont annoncé avoir "attaqué un navire américain de surface, sans pilote, qui tentait de pénétrer" dans le détroit d'Ormuz, selon la télévision d'Etat.
Plus tôt, ils avaient annoncé avoir "ciblé trois pétroliers sur des passages non autorisés dans le détroit d'Ormuz et trois navires américains dans d'autres zones", mettant en garde contre toute tentative de transit via des routes non approuvées par Téhéran.
Samedi, le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait dit avoir visé trois pétroliers iraniens.
Un des navires se trouvait au large de l'île de Kharg, où se situe le principal terminal pétrolier de l'Iran dans le Golfe, un autre plus au sud à proximité du détroit d'Ormuz, près de Jask, et le troisième dans le Golfe d'Oman.
Selon des correspondants de la télévision d'Etat iranienne, ces bombardements américains n'ont pas fait de victimes et les équipages ont été transférés à terre.
- Menaces de frappes "plus dures" -
Ces nouvelles frappes survenaient après qu'un porte-avions et un destroyer américains "ont échappé à de multiples attaques iraniennes non provoquées", a rapporté l'armée américaine, ajoutant qu'aucun soldat n'avait été blessé.
"Si vous tirez sur deux de nos navires, nous vous imposerons un prix économique encore plus grand: vous en prendre trois", a affirmé le chef du Centcom, Brad Cooper.
Les Gardiens ont confirmé l'attaque américaine contre "trois pétroliers appartenant à la République islamique", y voyant un "acte de désespoir face à la fermeture" du détroit, voie stratégique pour le commerce d'hydrocarbures.
Le détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures, demeure au cœur du conflit, l'Iran en verrouillant le passage depuis des mois.
En représailles, les Etats-Unis appliquent un blocus naval sur les ports iraniens. Jeudi, JD Vance a affirmé que le passage de pétrole et de gaz avait "presque" retrouvé ses niveaux d'avant-guerre dans le détroit.
A l'approche des élections américaines de mi-mandat, en novembre, le président Donald Trump s'efforce de minimiser le conflit, disant vouloir désormais privilégier la "guerre économique" contre l'Iran qui subit déjà des sanctions depuis des décennies.
Il a déclaré vendredi que les Etats-Unis menaient des "frappes ponctuelles" en Iran, assurant "ne pas être actuellement en train de se battre".
- Quatre morts au Liban -
Le conflit, qui a fait des milliers de morts et entraîné une flambée des cours du pétrole, s'est étendu dans la région, avec plusieurs fronts.
Au Liban, des frappes israéliennes menées dimanche dans le sud du pays ont fait quatre morts, dont deux femmes, et 20 blessés, selon le ministère de la Santé.
L'armée israélienne a dit riposter au lancement par le Hezbollah de deux drones contre ses soldats. Le mouvement chiite n'a revendiqué aucune frappe depuis juin.
Au Yémen, où les hostilités entre forces gouvernementales et rebelles houthis pro-iraniens connaissaient depuis des années un répit à la faveur d'une trêve, de nouveaux combats ont fait près de 200 morts depuis jeudi.
T.Zimmermann--VB