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Au premier débat de la présidentielle, Mélenchon interpelle les patrons, les candidats se divisent sur l'économie
Un match animé à Roland-Garros: Jean-Luc Mélenchon a interpellé les patrons jeudi lors du premier grand débat de la présidentielle organisé par le Medef, lors duquel les sept principaux candidats se sont affrontés sur leurs propositions économiques et la réduction de la dette.
Sur le court central de l'arène du tennis, et en direct sur LCI, le candidat insoumis, loin d'être en terrain conquis face à ce parterre patronal, a exhorté les chefs d'entreprise à "augmenter les salaires" pour éviter à la France de "tomber en récession".
Actuelle favorite selon les intentions de vote à moins de huit mois du premier tour du 18 avril, Marine Le Pen a estimé qu'il y avait "un consensus général sur la gravité de la situation" économique du pays.
La quadruple candidate à l'Elysée du Rassemblement national a annoncé, lors de ce débat en clôture des Rencontres des entreprises de France, événement de rentrée du Medef, qu'elle présenterait un plan d'économies de 125 milliards d'euros "avant le débat budgétaire" de l'automne.
Sur les retraites, elle a réitéré sa volonté de permettre un départ à 60 ans pour ceux qui ont commencé à travailler "avant 20 ans", pour ensuite parvenir "à 42 ans de cotisations et un âge légal de 62 ans". Elle a dit "assumer" ce "choix de société" qui ne fait pas l'unanimité à l'extrême droite.
Les joutes sont d'autant plus acérées que les sondages esquissent une lutte acharnée pour une place en finale avec Marine Le Pen, pour l'heure seule assurée de se qualifier, selon toutes les études, si le scrutin avait lieu maintenant.
- "Quatre vérités" -
Le chantre de la gauche radicale, qui en est aussi à sa quatrième tentative, a lui prôné la retraite "dans un premier temps à 62 ans" puis, "le plus vite possible", à 60 ans.
Surtout, après avoir promis de dire leurs "quatre vérités" aux patrons, il s'est montré offensif pour défendre le "retour de l'Etat", "le social", et a martelé que "le total du déficit aujourd'hui, c'est le total des cadeaux fiscaux qui ont été faits", notamment aux entreprises, sous le double quinquennat d'Emmanuel Macron. Il a également promis de "désobéir" aux décisions européennes qui seraient "en contradiction" avec le vote des Français.
"Après une éruption vocale sur ma gauche, un déluge qui vient du ciel", l'a moqué Edouard Philippe, alors que l'orage grondait sur Paris.
Le candidat du parti Horizons, et celui de la formation présidentielle Renaissance, Gabriel Attal, en concurrence pour représenter le bloc central au printemps mais menacés par la dynamique de Jean-Luc Mélenchon, se sont attaqués avec virulence à la proposition insoumise d'annuler une partie de la dette publique française.
"Vous expliquez qu'on va brûler la dette et vous allez faire en sorte que la France finisse interdit bancaire", a raillé Edouard Philippe. "S'il suffisait d'annuler la dette d'abord, pourquoi ça n'a pas été fait avant?", a renchéri Gabriel Attal.
Mais ce duo s'est fait attaquer en retour pour le bilan de dix ans de macronisme, Marine Le Pen invoquant notamment "1.000 milliards d'euros de dette supplémentaires".
"C'est quand même assez étonnant de se prendre des leçons sur la dette de la part de deux anciens Premiers ministres d'Emmanuel Macron", a aussi ironisé le social-démocrate Raphaël Glucksmann.
- "Etat bureaucratique" -
En hausse dans le sondage Ifop, après l'annonce dimanche de sa candidature à la primaire organisée avec le PS, et renforcé jeudi par le ralliement du chef des députés socialistes Boris Vallaud, il a mis en garde contre la concurrence de la Chine. "Moi je ne veux pas pour mon pays, la France, d'un destin de parc d'attractions pour tycoons américains, oligarques russes, dignitaires du Parti communiste chinois ou émirs du Golfe", a-t-il insisté.
Hormis Jean-Luc Mélenchon, les candidats ont globalement tenté de séduire les chefs d'entreprise, y compris Marine Tondelier, qui leur a assuré que, comme eux, "les Ecologistes aussi veulent la liberté", car "l'écologie est la condition de la liberté".
A droite, Bruno Retailleau, candidat du parti Les Républicains, a proposé de lier l'âge de départ à la retraite "à l'espérance de vie". Et il est allé dans le sens patronal en promettant de s'attaquer à "l'État bureaucratique", "vorace", qualifié de "premier problème", et qui "asphyxie les forces vives" selon lui. Gabriel Attal a lui promis de "revenir sur les hausses du coût du travail" intervenues depuis 2024.
Pour le reste, les prétendants ont déroulé leurs propositions, sans en faire de nouvelles.
Edouard Philippe avait donné le ton en dégainant, dans un entretien à l'AFP jeudi matin, des mesures qui devraient séduire les patrons: la réduction à 12 mois (18 aujourd'hui) de l'indemnisation chômage pour les moins de 50 ans mais aussi "mettre fin à l'open bar des arrêts de travail".
G.Frei--VB