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L'Iran "s'effondre complètement", affirme Trump, avant l'annonce de nouvelles sanctions économiques
Donald Trump a affirmé lundi que l'Iran "s'effondrait complètement", à quelques heures de l'annonce par Washington du détail de nouvelles sanctions économiques contre Téhéran, qui y voit un "aveu de défaite" des Etats-Unis.
"L'IRAN S'EFFONDRE COMPLETEMENT!!!", a écrit lundi le président américain sur son réseau Truth Social, alors que les efforts diplomatiques pour régler le conflit régional, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine contre Téhéran, sont dans l'impasse.
Face à une guerre de plus en plus impopulaire aux Etats-Unis, et à l’approche des élections américaines de mi-mandat, l'administration Trump privilégie désormais la "guerre économique" aux frappes sur l'Iran.
Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a annoncé pour lundi, dans une tribune publiée dans le Financial Times, un "D-Day économique" contre l'Iran, en référence au Débarquement allié de 1944 en France.
L'Iran a balayé lundi cette menace de couper ses dernières "lignes de survie", y voyant un "aveu de défaite" des Etats-Unis, près de six mois après le début de la guerre au Moyen-Orient.
M. Bessent a également affirmé sur X que les États-Unis avaient "démantelé les capacités militaires de l'Iran, détruit près de 100% de ses usines militaires et mis fin à son programme nucléaire".
"Votre discours ne tient pas la route", a rétorqué Kazem Gharibabadi, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, demandant pourquoi, si Washington avait atteint de tels objectifs, il serait nécessaire de procéder "à +la plus grande invasion financière de l'histoire+ et de mobiliser +toutes les institutions et tous les pouvoirs+ des États-Unis".
"S'agit-il d’une victoire ou d'un aveu de défaite de la part des États-Unis?", a-t-il feint de s'interroger.
Washington a averti que "tout pays qui maintiendrait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes". Symétriquement, l'Iran a menacé de représailles tout pays qui se joindrait aux sanctions américaines, qu'il qualifie de "terrorisme économique".
La Chine, partenaire économique stratégique de l'Iran, a estimé que les "sanctions et la pression" américaines ne permettraient pas de résoudre le conflit.
Les Emirats arabes unis, ont eux annoncé mardi suspendre jusqu'à nouvel ordre "tous les échanges commerciaux et les transactions financières" avec le pays.
- "Nombreuses difficultés économiques" -
Au cœur du conflit, le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est verrouillé par Téhéran quasiment sans interruption depuis six mois, au prix d'une envolée des prix du pétrole et d'une pression accrue sur Donald Trump aux Etats-Unis, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre.
L'Iran a exclu tout retour à la situation d'avant-guerre dans le détroit et discute depuis des semaines d'un accord sur les modalités de son passage avec Oman, l'autre pays riverain. Le chef de la diplomatie omanaise, Badr al-Busaidi, est attendu mardi à Téhéran.
Le puissant chef de l'armée pakistanaise, le maréchal Asim Munir, dont le pays joue les médiateurs dans le conflit, doit par ailleurs avoir des entretiens lundi à Téhéran avec des responsables iraniens.
En dépit de la fermeté affichée par Téhéran, le président iranien, Massoud Pezeshkian, a reconnu que le pays faisait face à "de nombreuses difficultés économiques", après des décennies de sanctions américaines et internationales.
"L'Iran devrait faire des compromis dès maintenant", estime Sarah Hassanbeigi, une pharmacienne interrogée par l'AFP à Téhéran. "La situation est vraiment très difficile. Je ne pense pas que les gens puissent supporter cela beaucoup plus longtemps."
Le 22 juillet, l'inflation atteignait 66% sur douze mois dans le pays, contre 46% en février et la monnaie nationale poursuit sa dégringolade: un dollar s'échangeait la semaine dernière à 1,88 million de rials, contre 1,65 million juste avant le conflit.
Et selon la société de suivi maritime Kpler, le blocus américain déjà imposé aux ports iraniens a entraîné une chute des exportations pétrolières de l'Iran, passées de deux millions de barils par jour avant la guerre à seulement 0,4 million à la mi-août, leur plus bas depuis le début du conflit.
"Nous devons accroître notre puissance (...). Plus cette puissance sera élevée, moins il y aura de risques de guerre et d'attaque", plaide toutefois pour sa part Bagheri, 65 ans - qui n'a pas souhaité donner son nom de famille - depuis la capitale iranienne.
- Pétrolier en feu -
Dans le même temps, les rebelles houthis yéménites, alliés de Téhéran, ont accru la pression sur le marché pétrolier, en multipliant les attaques contre la flotte en mer Rouge et les installations pétrolières de l'Arabie saoudite, premier exportateur de brut au monde.
Lundi, un pétrolier a pris feu au large du port saoudien de Yanbu, touché par un "projectile", a annoncé l'agence maritime britannique UKMTO, la société de sécurité maritime Vanguard Tech faisant elle état d'une frappe de missile et précisant que le navire battait pavillon saoudien.
S.Leonhard--VB