-
Plus d'espèces et moins d'oiseaux depuis 50 ans: la LPO tire un bilan contrasté
-
Amiel veut des SMS pour une "prise de conscience" du coût des frais médicaux pour la Sécu
-
Bourses: les premiers doutes sur l'IA en plus des tensions au Moyen-Orient
-
Liban: l'ONU double son appel aux dons à près de 640 millions de dolars
-
Hantavirus: la majorité des cas contacts vont sortir d'isolement samedi
-
Norvège: la princesse Mette-Marit sur liste d'attente pour une greffe pulmonaire
-
La Sicile se prépare à fêter les noces de la chanteuse Dua Lipa avec Callum Turner
-
Lyhanna: au lendemain de la découverte d'un corps, les dysfonctionnements judiciaires au coeur d'une réunion à Matignon
-
La France rate l'échéance sur la transparence des salaires
-
Les Bourses européennes sans direction claire à l'ouverture
-
Au Nigeria, "être comme une mère" pour un éléphanteau orphelin
-
Au Brésil, les livreurs s'imposent dans le débat politique
-
Climat: l'Europe sous-investit dans l'éolien et la rénovation des bâtiments, selon une étude
-
RDC: les guérisseurs traditionnels en première ligne face à Ebola
-
Au Turkménistan, des chevaux "célestes" vénérés par le pouvoir
-
Brunei: le prince star d'Instagram, Abdul Mateen, nommé ministre des Affaires étrangères
-
SpaceX entre en Bourse: cinq choses à savoir avant d'acheter le rêve de Musk
-
Cryptomonnaies: entre France et Albanie, arnaques à la chaîne et investisseurs floués
-
Trump annonce vouloir construire une promenade à son nom près d'un monument emblématique de Washington
-
L'ex-prince Andrew sous-louait des cottages dans la résidence où lui ne payait pas de loyer
-
Le Monténégro en opération séduction pour accueillir un sommet européen
-
Incendie de Crans-Montana en Suisse: audition confrontation des propriétaires du bar
-
Roland-Garros: l'occasion en or de Zverev et le filon inépuisable de l'Italie
-
Nikol Pachinian, le Premier ministre arménien qui courtise l'Occident au grand dam de Moscou
-
En Seine-et-Marne, un gigantesque projet de centre de données suscite convoitise et appréhension
-
Le combat de MMA à la Maison Blanche suscite des critiques au sein même de l'UFC
-
Au Pérou, le prochain président devra tenter de survivre à un Parlement tout-puissant
-
Japon: un ours "extrêmement intelligent" recherché après avoir blessé quatre personnes
-
Australie: plus de 100.000 blattes de contrebande saisies près de Sydney
-
Xi Jinping se rendra en Corée du Nord lundi et mardi
-
Présidentielle au Pérou : "ordre" contre "démocratie" dans la dernière ligne droite
-
Anthropic suggère une pause concertée du développement de l'IA dans le monde
-
Narcotrafic: jugement attendu au procès de Bingui et du clan Yoda
-
Poutine attendu sur l'économie en berne à Saint-Pétersbourg, sous la menace des drones ukrainiens
-
Colombie: après le soutien de Trump au candidat de droite, Petro accuse Washington de s'allier avec des "narcotrafiquants"
-
Présidentielle au Pérou: dernière bataille de campagne avant un scrutin très serré
-
Venezuela: des transferts de prisonniers alimentent des incertitudes sur le sort de la célèbre prison de l'Hélicoïde
-
Washington place sous sanctions le président cubain et des membres de la famille Castro
-
Retour confirmé aux Etats-Unis d'un cas de parasite dévastateur pour le bétail
-
Equipe de France: la défaite face à la Côte d'Ivoire, "une piqûre de rappel" pour Deschamps
-
Trump débloque 700 millions de dollars pour le charbon, l'opposition furieuse
-
Finale NBA: un fan entré sur le parquet pour un selfie avec Wenbanyama banni à vie
-
Athlétisme: Lyles pressé à Rome, Jefferson-Wooden battue
-
Foot: premier test raté et inquiétant pour les Bleus avant le Mondial
-
Equipe de France: Rayan Cherki, un éclair dans la nuit nantaise
-
Le corps de Lyhanna probablement retrouvé, le fonctionnement de la justice critiqué
-
Zelensky propose une rencontre en tête-à-tête dans une lettre ouverte à Poutine
-
Wall Street en hausse, les valeurs traditionnelles préférées à la tech
-
Le chef du Hezbollah rejette l'accord de cessez-le-feu, réclame le retrait d'Israël
-
Polémique autour de la chroniqueuse Fedorova : elle était en charge d'une "agence de propagande d'Etat" russe, "les choses n'ont pas changé", selon Macron
A Beyrouth, la quête de justice pour des victimes des frappes israéliennes du "mercredi noir"
Devant l'immeuble de leurs familles détruit par une frappe israélienne à Beyrouth, Ghida Krisht et Waël Sabbagh font une promesse solennelle: obtenir justice, devant les instances internationales, pour leurs proches tués.
En ce 8 avril, le "mercredi noir" où des frappes israéliennes massives ont fait plus de 350 morts au Liban selon les autorités, Ghida a perdu ses parents et Wael sa mère et son frère.
Ce jour-là, une frappe a visé la Tour Chehab, où ils habitaient depuis une cinquantaine d'années à Tallet el-Khayat, un quartier résidentiel aisé à l'abri de la guerre.
"J'ai perdu ma mère, mon frère, ma maison, mon enfance", dit Wael Sabbagh, un homme d'affaires de 52 ans.
C'est depuis le Mexique où il habite, qu'il a découvert sur les réseaux sociaux les images de la tragédie.
"Au total, neuf personnes ont été tuées dans l'immeuble (..) On en parle comme s'il s'agissait juste de nombres. Mais c'étaient des gens aimés", ajoute-t-il, fumant cigarette sur cigarette.
Sa voisine Ghida Krisht et lui sont en train de constituer un dossier en vue de porter l'affaire devant la justice internationale. "Nous exigeons des comptes. Mais savons que le chemin est long".
- "Aucune activité politique" -
Dans les ruines, il cherche des souvenirs: un lambeau du couvre-lit en crochet de sa mère Afaf, un morceau de bois ajouré du buffet de la salle à manger.
"Ce coussin rouge, c'est ce qui reste du canapé du salon", dit-il. A son poignet, le bracelet de son frère Hassan, retrouvé sur son corps qui n'a été identifié que trois jours plus tard.
Ghida Krisht, elle, a perdu sa mère, la poétesse de renom Khatoun Salma, son père, et une de leurs proches, qui avait fui les bombes israéliennes dans le sud et s'était réfugiée chez eux.
Cette femme de 41 ans au doux sourire, qui travaille dans une organisation humanitaire, habite dans un autre quartier de Beyrouth, où un immeuble a également été soufflé ce jour-là.
"Dès que j'ai su pour la frappe, j'ai appelé mon père, la ligne a coupé. J'ai appelé ma mère, le téléphone sonnait dans le vide", dit-elle, racontant le fol espoir, pendant quelques heures, que sa mère s'en soit sortie vivante.
Les secouristes ne l'ont pas laissé voir les visages de ses parents, défigurés, juste leurs mains et leurs pieds. Elle a reconnu sa mère notamment à son vernis rouge.
"Nous voulons recueillir les témoignages, les preuves pour constituer un dossier complet et avoir recours à la justice internationale. Nous pouvons être un exemple pour d'autres" familles de victimes, dit-elle.
A ce jour, seul un artiste franco-libanais, Ali Cherri, qui a perdu ses parents dans une frappe israélienne contre un immeuble de Beyrouth fin 2024, s'est tourné vers la justice française.
Depuis que le Liban a été entraîné à nouveau dans la guerre le 2 mars, les frappes israéliennes ont fait plus de 3.000 morts selon les autorités.
Après la frappe, Israël avait dit avoir visé un "commandant du Hezbollah" à Beyrouth sans autre précision.
"Il n'y avait pas d'armes dans l'immeuble, il n'y avait aucune activité politique, aucun objectif pour détruire cet immeuble avec ses habitants", assure Waël Sabbagh.
- Poème prémonitoire -
Les parents de Mme Krisht et leur proche étaient au sixième étage, la mère de Waël et son frère au septième. Le propriétaire de l'immeuble, qui habitait au huitième, a été tué.
Deux membres d'une même famille, au troisième étage, portent le nom de famille d'un responsable du Hezbollah qu'Israël a affirmé avoir tué à Beyrouth le 8 avril, sans préciser où.
Ali Youssouf Harchi était selon l'armée israélienne le secrétaire et neveu du chef du Hezbollah, Naïm Qassem. La formation pro-iranienne n'a jamais confirmé sa mort.
Mais les morts du troisième étage sont un homme âgé et son fils autiste, ainsi que leur employée de maison éthiopienne, selon les voisins.
Une partie de l'immeuble de neuf étages reste encore debout. Grâce à une grue, M. Sabbagh a pu accéder à l'appartement et prendre un album photo.
Mme Krisht, elle, a trouvé par le même procédé un souvenir encore plus précieux: dans un portefeuille intact, un poème de sa mère.
"C'était le dernier poème de ma mère écrit avant sa mort (...) il est dur mais tellement expressif", dit-elle en pleurant."J'avais l'impression qu'elle parlait à son pays, ou à Dieu".
"As-tu vu la fumée?
As-tu senti l'incendie?
As-tu recueilli ma faiblesse?
As-tu ramassé ma fatigue, vu mes lambeaux éparpillés?"
T.Suter--VB