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Arrivée du premier vol direct entre les Etats-Unis et le Venezuela en 7 ans, nouvelle étape de la normalisation
Le premier vol commercial direct entre les Etats-Unis et le Venezuela depuis sept ans a atterri jeudi après-midi à l'aéroport Simon Bolivar de Maiquetia, près de Caracas, en provenance de Miami, nouvelle étape dans la normalisation des relations entre les deux pays après la capture de Nicolas Maduro en janvier.
Des hommes d'affaires, des représentants du gouvernement américain, ainsi qu'une nuée de journalistes, se trouvaient à bord de ce vol 3599 d'Envoy Air, filiale de American Airlines, parti de Miami dans la matinée et qui a atterri à 13H15 (17H15 GMT).
Comme le veut la tradition pour l'inauguration d'une nouvelle ligne, l'avion a été arrosé sur le tarmac - ici par deux camions de pompiers jaunes. Il n'y avait plus de vols commerciaux depuis 2019, année de la rupture diplomatique entre les deux pays.
De nombreux officiels vénézuéliens et américains ont accueilli l'avion sur la piste tandis que de nombreux voyageurs se faisaient des selfies.
L'atterrissage marque la fin de l'isolement du Venezuela par rapport aux Etats-Unis, mais aussi la réintégration du pays caribéen dans le concert aérien mondial après son ostracisation fin 2025.
Depuis la capture du président Maduro, Washington et le gouvernement intérimaire de Delcy Rodriguez s'efforcent de normaliser leurs liens dans tous les domaines.
En parallèle, le président Donald Trump assouplit graduellement les sanctions contre le Venezuela, qui a fait adopter de nouvelles lois sur les hydrocarbures et le secteur minier, ouvrant ces secteurs au privé dans un pays disposant des plus grandes réserves de pétrole au monde.
Enlevé le 3 janvier à Caracas avec son épouse lors d'une spectaculaire opération de l'armée américaine, M. Maduro est poursuivi aux Etats-Unis pour quatre chefs d'accusation, dont narco-terrorisme.
- "Etape historique" -
"Aujourd'hui marque une nouvelle étape historique dans les relations" entre les deux pays, a assuré le chef de la mission diplomatique américaine au Venezuela, John Barrett à l'aéroport de Maiquetia.
"Nous envoyons un nouveau signal clair au marché mondial: le Venezuela peut être ouvert aux affaires. En rétablissant la liaison entre Miami et Caracas, les États-Unis et le Venezuela renouent une artère commerciale essentielle qui va accélérer l'investissement, reconstruire les chaînes d'approvisionnement et renforcer les liens entre nos peuples", a-t-il ajouté.
Envoy Air assurera une rotation quotidienne avec la Floride, où vit une importante diaspora vénézuélienne (quelque 250.000 personnes). La compagnie vénézuélienne Laser Airlines proposera la même liaison à partir du 1er mai.
Le vol inaugural s'est vendu à 3.000 dollars américains mais les prix devraient baisser avec la multiplication des liaisons, notamment vers le Texas pétrolier ou depuis Maracaibo, capitale pétrolière vénézuélienne.
"C'est merveilleux. Ça va nous rendre la vie plus facile", affirme Oscar Fuentes, avocat de 64 ans, qui faisait la queue d'enregistrement pour le vol retour vers Miami, sur le célèbre sol rayé de l'aéroport conçu par le maitre de la cinétique Carlos Cruz-Diez.
"Avant, il fallait voyager à Punta Cana (République dominicaine), de Punta Cana vers Fort Lauderdale (Floride), de Fort Lauderdale vers ma destination, Houston (Texas). Ce soir, je dormirai chez moi! Lors d'autres voyages, on ne savait même pas où l'on allait dormir", a-t-il poursuivi. Au comptoir: des dizaines de ballons bleu-blanc-rouge, les couleurs de des Etats-Unis et de American Airlines, qui avait commencé ses liaisons avec le Venezuela en 1987.
Retournant aux Etats-Unis, Barbara Centeno, 36 ans, spécialiste de ressources humaines, qui se rend régulièrement au Venezuela pour du "tourisme médical", souligne: "Avant, je devais faire escale à Panama ou Bogota. Tu passes plus de 8 heures à voyager. Les prix valent la peine si l’on considère que tu dois passer la nuit dans certains endroits", dit-elle.
Parmi les passagers partis de Miami, Claudia Varesano, 44 ans ayant de la famille et des entreprises au Venezuela, se félicite aussi du temps gagné: "Un vol de trois heures devenait un vol de huit heures. Je peux y aller (à Caracas), prendre mon petit-déjeuner et revenir".
Toutefois, le département d'Etat déconseille toujours aux ressortissants américains de se rendre au Venezuela selon son dernier avis de voyage du 19 mars.
"Les lignes européennes sont déjà de retour, la ligne nord-américaine arrive. Amérique du Sud, Asie, Afrique... C’est un plaisir de recevoir ces vols, parce qu’ils signifient connectivité, développement, productivité (...) Nous espérons accueillir plus de 100.000 passagers par an", s'est réjouie la ministre vénézuélienne des Transports, Jacqueline Faria, dont le pays sort peu à peu de l'isolement.
W.Huber--VB