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Le chef de la diplomatie iranienne est de nouveau attendu dimanche à Islamabad, entretenant les espoirs d'une reprise du dialogue pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient malgré l'annulation du déplacement des émissaires de Donald Trump.
Le président américain a laissé la porte ouverte à de nouvelles discussions et assuré avoir déjà reçu des propositions améliorées de Téhéran après avoir renoncé in extremis à envoyer ses négociateurs dans la capitale pakistanaise.
Des premières discussions irano-américaines s'y étaient tenues il y a deux semaines après la mise en place d'un cessez-le-feu. Mais malgré la crainte d'une reprise du conflit qui a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale, toutes les tentatives de les poursuivre ont pour l'instant échoué face à la fermeté affichée par Washington et Téhéran.
Dernière en date: l'arrivée sur place vendredi du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, suivie dans la foulée par l'annonce par la Maison Blanche du départ prévu samedi de l'émissaire particulier du président, Steve Witkoff, et de son gendre Jared Kushner.
Sans les attendre, le ministre iranien a conclu samedi sa visite au Pakistan et Donald Trump a annulé le voyage par un message sur son réseau Truth Social, refusant que ses émissaires fassent "15, 16 heures" d'avion pour des discussions qui peuvent très bien, selon lui, se tenir par téléphone.
Interrogé par le média Axios pour savoir si cette annulation signifiait qu'il allait reprendre la guerre, M. Trump a répondu: "Non. Cela ne signifie pas cela. Nous n'y avons pas encore réfléchi".
Il a répété sa théorie selon laquelle les divisions au sommet de l'appareil iranien empêcheraient Téhéran de négocier. "Personne ne sait qui est aux commandes, pas même eux", a-t-il ajouté. "S'ils veulent discuter, il leur suffit de nous appeler", a affirmé le dirigeant républicain.
S'exprimant un peu plus tard sur le tarmac de l'aéroport de Palm Beach, en Floride, le président américain a déclaré que la tenue d'une réunion mardi à Islamabad avait été discutée, date qu'il avait jugé trop tardive. Il a assuré que "dès que j'ai annulé, en moins de dix minutes", les Iraniens avaient soumis un nouveau document de négociation "bien meilleur".
De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, qui était parti pour Oman, sera de retour à Islamabad dimanche, selon un média public iranien. Il doit se rendre ensuite en visite à Moscou.
- "Piraterie" américaine -
Déclenché par une attaque des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran le 28 février, le conflit régional a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale, avec notamment le blocage par l'Iran du stratégique détroit d'Ormuz.
Le trafic maritime reste à l'arrêt dans ce passage par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux et désormais soumis à un double blocus iranien et américain.
Le commandement des forces armées iraniennes a menacé les Etats-Unis d'une réponse militaire, en cas de poursuite du blocus américain des ports iraniens, dénonçant des actes de "piraterie".
Selon la télévision d'Etat iranienne, le président Massoud Pezeshkian a aussi prévenu que l'Iran ne s'engagerait pas dans des "négociations forcées sous la pression, les menaces et un blocus".
Le chef d'Etat avait auparavant a appelé la population à économiser l'électricité, affirmant que, s'il n'y avait pas de pénurie pour l'instant, les Etats-Unis et Israël cherchaient à semer le "mécontentement" parmi les Iraniens.
- Morts au Liban -
Sur le front libanais, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a ordonné à l'armée de frapper "avec force" le Hezbollah pro-iranien samedi soir, à la suite de ce que l'armée a qualifié de série de violations du cessez-le-feu.
La trêve entre Israël et le Hezbollah, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par le président américain après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, est mise à rude épreuve.
Le ministère libanais de la Santé a fait état de six personnes tuées par des frappes israéliennes dans le sud du Liban.
Près de 2.500 personnes ont été tuées au Liban par des attaques israéliennes depuis que le mouvement chiite a rouvert les hostilités avec Israël le 2 mars, selon les autorités libanaises.
burx-bar/eml/tmt/gmo
S.Spengler--VB