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Prêt quasi débloqué, Zelensky attendu à Chypre pour un sommet européen
Les dirigeants européens se retrouvent pour un sommet jeudi soir à Chypre, où ils devraient accueillir Volodymyr Zelensky afin de saluer le déblocage d'un prêt de 90 milliards d'euros à l'Ukraine, dont l'horizon est ainsi dégagé.
Engagée dès mercredi, la validation officielle du prêt est attendue dans le courant de la journée, avant le dîner entre chefs d'Etat et de gouvernement à l'Ayia Napa Marina, un site huppé au bord de la mer.
La présence de M. Zelensky à Chypre, qui assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne, est "importante symboliquement maintenant que l'argent" de l'UE va permettre de soutenir l'Ukraine face à la Russie en 2026 et 2027, souligne une diplomate européenne, soulagée.
La défaite électorale de Viktor Orban en Hongrie n'aura pas tardé à se faire ressentir au niveau européen.
Après plusieurs mois de blocage, les Hongrois ont levé leur veto à ce prêt. C'est la reprise annoncée de la livraison de pétrole russe à Budapest via un oléoduc traversant l'Ukraine qui a dénoué la situation.
Les Européens peuvent donc souffler, alors que les responsables de l'UE avaient fustigé l'attitude de Viktor Orban pendant le précédent sommet de mars à Bruxelles.
Exaspéré par cette paralysie, le président ukrainien avait lui-même tenu des propos peu amènes envers les Européens, jusqu'à se montrer menaçant à l'égard du gouvernement hongrois.
Viktor Orban ne sera, quant à lui, pas à Chypre. Battu par son rival Peter Magyar aux législatives, le Premier ministre s'apprête à passer la main et a boudé son dernier sommet européen, après seize années au pouvoir.
Informelle, la réunion des dirigeants de l'UE jeudi soir et vendredi n'appelle pas de décisions majeures.
Soulagés en ce qui concerne le prêt à Kiev, les chefs d'Etat et de gouvernement européens devraient surtout se concentrer sur la guerre au Moyen-Orient.
Vendredi, ils attendent ainsi pour un déjeuner de travail plusieurs dirigeants des pays de la région. Sont annoncés le président du Liban Joseph Aoun, celui d'Egypte Abdel Fattah al-Sissi, le Syrien Ahmed al-Chareh et le prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah.
- 24 milliards d'euros -
Malgré leurs leviers limités, les Européens vantent un "dialogue intensif" avec les Etats de la région et souhaitent évoquer "la situation au Liban et les pourparlers entre Israël et le Liban", selon un responsable.
Se réunir à Chypre revêt une dimension symbolique puisque des bases de l'Otan y avaient été ciblées par des drones de fabrication iranienne au début du conflit.
Avec le blocage du détroit d'Ormuz par l'Iran, le conflit a de lourdes conséquences sur l'économie européenne, dont la facture pour s'approvisionner en pétrole et en gaz a bondi de 24 milliards d'euros en sept semaines.
Dans tous les pays d'Europe, les mesures dispendieuses se multiplient afin de soutenir les secteurs les plus exposés comme l'industrie lourde, l'agriculture et la pêche.
Et l'Union européenne surveille comme le lait sur le feu une potentielle pénurie de kérosène.
"Nous sommes prêts à contribuer, lorsque les conditions seront réunies, à maintenir le détroit d'Ormuz ouvert. Tout dépendra bien sûr de la suite des événements. Nous espérons vivement que le cessez-le-feu sera respecté et maintenu" entre les Etats-Unis et l'Iran, dit un responsable européen.
Face à la crise ainsi engendrée, Bruxelles a dévoilé mercredi ses recommandations pour faire face, avec davantage de coordination sur les énergies fossiles, un appel à la sobriété et à l'électrification du continent.
Mais l'UE n'a pas fait d'annonces majeures ni sorti le carnet de chèques.
Et pour cause, les finances de l'UE comme des Etats membres - de la France surtout - ne sont pas au mieux.
Sur ce volet financier, les pays européens doivent d'ailleurs aborder pendant le sommet de Chypre les discussions toujours sensibles sur les quelque 2.000 milliards d'euros du futur budget européen de 2028 à 2034.
Les négociations s'annoncent comme souvent difficiles entre Paris, partisan de davantage d'investissements européens, et Berlin, prudent budgétairement.
Comment éviter que le remboursement de la dette liée au Covid n'obère trop lourdement le futur budget ? Faut-il taxer ou pas les grandes entreprises ?
Autant de débats qui occuperont les Européens pendant plusieurs mois.
Sans le claironner, les responsables de l'UE rêvent d'un accord sur le futur budget dès la fin de l'année.
Car ils redoutent une paralysie au cours de la longue séquence électorale de 2027, avec des législatives attendues dans une série d'Etats membres et une élection présidentielle en France, où l'extrême droite menace de couper dans la contribution de ce pays au budget européen si elle arrive au pouvoir.
C.Kreuzer--VB