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Moyen-Orient: Israël déterminé à frapper le Liban malgré la trêve
Le Premier ministre israélien a réitéré jeudi sa détermination à frapper le mouvement pro-iranien libanais Hezbollah "partout où il faudra" en dépit des nombreux appels à intégrer le Liban dans la trêve conclue la veille entre les Etats-Unis et l'Iran.
Après cinq semaines de guerre au Moyen-Orient, le cessez-le-feu, entré dans sa deuxième journée, apporte une certaine accalmie, aucun bombardement n'ayant été signalé ces dernières heures en Iran ou dans le Golfe.
En Israël, lieux saints et écoles ont pu rouvrir, avec la levée de la plupart des restrictions liées à l'état d'urgence. Sur l'esplanade des Mosquées à Jérusalem, un jeune fidèle, Hamza al-Afghani, partage sa joie "indescriptible".
- "Grave danger" -
Dans un Liban en deuil, l'atmosphère est tout autre. A Beyrouth, des secouristes fouillent toujours les décombres à la recherche de victimes des frappes menées simultanément par Israël sur plusieurs régions libanaises mercredi.
"Nous continuerons à frapper le Hezbollah partout où il le faudra, jusqu'à ce que nous ayons pleinement rétabli la sécurité pour les habitants du nord" d'Israël", a écrit Netanyahu son compte X.
L'ONU a averti que ces attaques faisaient peser un "grave danger sur le cessez-le-feu et les efforts menés en faveur d'une paix durable", à la veille de négociations prévues entre Iraniens et Américains au Pakistan.
Après Paris et Londres, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas a martelé que la trêve de deux semaines convenue entre Washington et Téhéran devait "inclure le Liban".
Ce pays "ne doit pas être la victime expiatoire d'un gouvernement (israélien, NDLR) contrarié parce qu'un cessez-le-feu a été trouvé entre les Etats-Unis et l'Iran", a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot.
Israël a présenté cette opération comme sa "plus grande frappe coordonnée" contre le mouvement libanais pro-iranien Hezbollah depuis le début de la guerre.
- Plus de 200 morts -
Ces frappes, en particulier celles menées sans avertissement sur des zones résidentielles au coeur de Beyrouth, ont fait plus de 200 morts et un millier de blessés, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.
Côté israélien, au moins quatorze alertes aux roquettes ont retenti depuis minuit à la frontière avec le Liban, signe d'un regain des tensions alors que le Hezbollah n'avait revendiqué aucune attaque contre Israël la veille.
Pour le Pakistan, médiateur dans le conflit au Moyen-Orient, la trêve s'applique "partout, y compris au Liban", ce que démentent Israël et Washington.
Mais le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, a réitéré jeudi que le Liban constituait une "partie inséparable" de l'accord, ajoutant que toute violation de la trêve provoquerait une "réponse ferme" de la part de Téhéran.
- Pourparlers attendus au Pakistan -
Avant les discussions prévues dans les prochains jours au Pakistan, avec JD Vance à la tête de la délégation américaine, Donald Trump a maintenu la pression en martelant sur Truth Social que ses troupes resteraient déployées à proximité de l'Iran jusqu'à un "réel accord". Dans le cas contraire, cela "tirera plus fort que ce que personne n'a jamais vu", a-t-il averti.
Au coeur des différends entre les deux pays, le programme nucléaire iranien.
Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique a exclu jeudi toute restriction du programme d'enrichissement d'uranium, une des demandes fondamentales des Etats-Unis et d'Israël qui accusent l'Iran de vouloir se doter de la bombe atomique - ce que Téhéran nie.
Le président américain s'était dit prêt à "discuter" de "la levée (...) des sanctions" asphyxiant l'économie de l'Iran, mais a assuré qu'il n'y aurait "aucun enrichissement d'uranium".
Et Israël a prévenu: le cessez-le-feu "n'est pas la fin de la campagne" contre l'Iran, selon le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
- Incertitudes sur Ormuz -
La situation reste par ailleurs confuse autour du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique quasi fermée par l'Iran depuis le début de la guerre et dont la réouverture était une condition du cessez-le-feu.
Les Gardiens de la Révolution iraniens ont annoncé jeudi que les navires devaient emprunter deux tracés proches des côtes iraniennes, selon eux pour éviter des mines.
L'Union européenne a rejeté toute idée de "péage" pour ce goulet en eaux internationales.
La Maison Blanche a averti qu'il serait "inacceptable" que l'Iran bloque à nouveau le détroit, après qu'un média iranien a annoncé sa fermeture, pas confirmée par les autorités.
Mercredi, quelques navires ont franchi le détroit par lequel transite habituellement 20% de la consommation mondiale d'hydrocarbures.
Sur les marchés, la bouffée d'espoir qui avait accompagné l'annonce d'une trêve n'a pas duré. Les prix du pétrole remontaient de plus de 3% jeudi, frôlant à nouveau la barre des 100 dollars le baril, sous laquelle il était passé mercredi.
burx-cnp/anb
R.Braegger--VB