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Blocage du détroit d'Ormuz: quels sont les pays dont les bateaux sont les plus touchés?
Voici un point sur les principaux pays dont les bateaux sont affectés par le blocage du détroit d'Ormuz, une voie maritime cruciale pratiquement paralysée par la guerre au Moyen-Orient.
En temps de paix, environ 20% du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié mondiaux transitent par ce passage.
La guerre a éclaté le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont commencé à bombarder l'Iran, poussant Téhéran à riposter par des frappes dans toute la région et à restreindre fortement l'accès au détroit.
Deux métaniers font demi-tour
Deux méthaniers transportant du gaz qatari ont fait demi-tour lundi matin après avoir tenté de traverser le détroit vers l'Est.
Ils auraient été les premiers méthaniers chargés à quitter le Golfe depuis le début de la guerre.
Un méthanier vide, codétenu par des compagnies maritimes omanaises et japonaises, avait traversé le détroit la semaine dernière.
Selon les données de Kpler, 19 méthaniers se trouvent actuellement dans le Golfe.
Passage toujours au compte-goutte
Depuis le 1er mars, 293 traversées de navires transportant des marchandises ont été recensées, selon les données de Kpler, soit une baisse de 94% par rapport à la période de paix.
Parmi ces traversées, 189 ont été effectuées par des pétroliers et des méthaniers, la plupart se dirigeant vers l'Est, en direction du golfe d'Oman.
Six traversées sur dix concernaient des navires en provenance ou à destination de l'Iran. Les autres principaux pays concernés ces derniers jours sont les Émirats arabes unis, l'Inde, la Chine et Oman.
Un porte-conteneurs appartenant au géant français du transport maritime CMA CGM a traversé le détroit jeudi, marquant ainsi le premier transit connu d'un grand groupe maritime européen depuis le 1er mars.
Trois navires liés au Japon ont également quitté le golfe par le détroit d'Ormuz depuis jeudi.
En temps de paix, le détroit enregistre environ 120 transits quotidiens, selon le site d'information maritime Lloyd's List.
Vingt-neuf navires ciblés
Quatre incidents impliquant des navires, dont deux revendiqués par les Gardiens de la révolution iraniens, ont été signalés depuis samedi.
Le dernier incident, survenu mardi matin, concerne un porte-conteneurs près de l'île iranienne de Kish. Selon l'agence britannique de sécurité maritime UKMTO, un projectile non identifié a endommagé la partie émergée de la coque.
Au total, 29 navires commerciaux, dont 13 pétroliers, ont été attaqués ou ont signalé des incidents depuis le 1er mars dans le golfe Persique, le détroit d'Ormuz ou le golfe d'Oman, d'après UKMTO et Vanguard Tech.
Onze marins ou dockers tués
Depuis le début du conflit, au moins onze marins ou dockers ont trouvé la mort dans des incidents survenus dans la région, selon l'Organisation maritime internationale (OMI).
Un marin est porté disparu et dix autres ont été blessés, indique l'OMI.
Un itinéraire balisé par l'Iran
Hormis trois pétroliers omanais ayant traversé le détroit la semaine dernière près des côtes d'Oman, les traversées récentes semblent avoir emprunté un autre itinéraire, approuvé par l'Iran, au large des côtes du pays.
Les données de Kpler montrent que tous les navires ayant traversé le détroit avec leur transpondeur activé depuis vendredi sont passés par cet itinéraire près de l'île de Larak, surnommé le "péage de Téhéran" par la revue maritime de référence Lloyd's List.
L'analyste de Lloyd's List, Bridget Diakun, a déclaré la semaine dernière qu'il y avait eu au moins deux cas d'armateurs payant l'Iran pour obtenir l'autorisation de passage, tandis que d'autres auraient pu obtenir le passage par le biais de "négociations diplomatiques".
Les Gardiens de la révolution ont affirmé que cette route était fermée aux navires en provenance et à destination des ports liés aux "ennemis" de l'Iran.
Plus de 2.000 navires dans le Golfe
Les données de Bloomberg ont montré mardi que 2.268 navires ont envoyé des signaux de transpondeur dans le golfe à l'ouest du détroit d'Ormuz au cours des dernières 24 heures, dont 47 très grands transporteurs de pétrole brut et 9 très grands transporteurs de gaz.
La moitié des navires autorisés sont sous sanctions
Depuis le début du conflit, 49% des traversées ont été effectuées par des navires sous sanctions américaines, européennes ou britanniques, selon une analyse de l'AFP portant sur les données de passage.
Parmi les traversées de pétroliers et de méthaniers, 65% ont été réalisées par des navires sous sanctions.
F.Stadler--VB