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Après un mois de guerre, les Etats-Unis espèrent parler prochainement avec l'Iran
Le Moyen-Orient marque samedi un mois de guerre, au moment où les Etats-Unis disent "espérer" tenir des discussions dans la semaine avec l'Iran pour mettre fin au conflit.
"Nous pensons qu'il y aura des réunions cette semaine, nous l'espérons vraiment", a déclaré l'émissaire américain Steve Witkoff lors d'un forum d'affaires à Miami.
La guerre avait été déclenchée le 28 février par des frappes américano-israéliennes sur l'Iran. Depuis, le conflit touche durement les populations civiles dans la région, et entraîne des perturbations sur la distribution de gaz et de pétrole qui bouleversent l'économie mondiale.
Lors d'une réunion près de Paris des ministres des Affaires étrangères du G7, le chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, avait évoqué plus tôt une potentielle fin prochaine des opérations américaines.
Quand les Etats-Unis "en auront fini" avec les Iraniens, au cours des prochaines semaines, "ils seront plus affaiblis qu'ils ne l'ont été dans l'histoire récente", a-t-il affirmé.
Selon le Wall Street Journal et le site d'informations Axios, Washington envisagerait cependant d'envoyer au moins 10.000 soldats supplémentaires dans la région.
- Trump critique ses alliés de l'Otan -
"Posez le pied sur le sol iranien, et 150 dollars deviendra le prix plancher du pétrole", a promis le vice-président iranien Esmael Saghab Esfahani sur X, alors que le cours du Brent a terminé en hausse vendredi à plus de 112 dollars.
Un responsable sécuritaire iranien, cité anonymement par des médias, a également prévenu que toute opération militaire dans le détroit d'Ormuz entraînerait sa "fermeture immédiate pour une durée indéterminée".
Les Houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont affirmé qu'ils se joindraient à la guerre si les attaques contre l'Iran se poursuivaient.
Au terme de leur réunion, les ministres du G7 ont réaffirmé la "nécessité absolue" de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz, critique pour l'économie mondiale.
Donald Trump a lui une nouvelle fois reproché un manque de soutien des Etats membres de l'Otan aux opérations américaines contre l'Iran et affirmé que Washington pourrait ne pas leur venir en aide en cas de besoin dans le futur.
"Ils n'étaient tout simplement pas là", a déclaré le président américain dans un discours à Miami.
- "En étau" -
Dans chaque camp, la journée de vendredi a témoigné d'une volonté de poursuivre les combats.
Israël a frappé deux installations nucléaires iraniennes, amenant l'Agence internationale de l'énergie atomique à appeler "à la retenue militaire afin d'éviter tout risque d'accident".
Et dans la nuit de vendredi à samedi, une dizaine d'explosions ont secoué Téhéran, a constaté un journaliste de l'AFP, qui a fait état d'explosions très intenses.
L'armée israélienne a dit frapper des "cibles du régime" dans la capitale iranienne.
En Israël, l'armée a fait état vendredi soir de missiles tirés par l'Iran, et des sirènes ont retenti à Jérusalem, selon des journalistes de l'AFP.
Selon les services de secours israéliens, un homme de 52 ans a été tué à Tel Aviv.
Un mois après le début de la guerre, les civils de tous bords continuent de payer un tribut exorbitant.
Comme à Téhéran, où les nuits sont rythmées par les frappes et perturbées par l'angoisse.
Ensieh, une dentiste de Téhéran, dit "perdre un peu plus espoir chaque jour". Aujourd'hui, "nous sommes pris en étau entre trois puissances devenues folles", soupire cette femme de 46 ans.
"La guerre a arraché une partie de moi", ajoute-t-elle.
- Risque de "catastrophe humanitaire" au Liban -
La République islamique, toujours aussi défiante, a appelé de son côté les civils à se tenir à l'écart des forces américaines présentes au Moyen-Orient, et notamment d'éviter les hôtels de la région accueillant des militaires américains.
Une façon de répondre aux propos de Donald Trump la veille qui, tout en se disant optimiste sur les négociations, avait repoussé au 6 avril son ultimatum de détruire les centrales électriques en Iran si le détroit d'Ormuz n'était pas rouvert.
Les Gardiens de la révolution y ont forcé vendredi trois navires à faire demi-tour.
La situation du Liban est "extrêmement préoccupante", avec un risque "réel" de "catastrophe humanitaire", a alerté l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR), s'inquiétant de la situation de plus d'un million de personnes déplacées à travers le pays.
burx-rle/eml
M.Betschart--VB