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Moyen-Orient: les Bourses reculent face à la hausse des prix de l'énergie
Les Bourses mondiales reculent jeudi à la mi-journée, sur fond d'envolée des prix de l'énergie et de prévisions pessimistes de la Banque centrale européenne (BCE).
Vers 14H00 GMT, Francfort enregistrait le plus fort recul (-2,32%), devant Londres (-2,30%) et Milan (-2,25%). Le CAC 40 repassait sous les -2% (-1,83%).
Les annonces de la BCE en début d'après-midi n'ont pas semblé rassurer les marchés européens.
Si la BCE a comme prévu maintenu inchangé son principal taux directeur d'emprunt à 2%, elle révise à la hausse sa prévision d'inflation (+2,6%, contre 1,9%) et à la baisse sa prévision de croissance (+0,9%).
"L'hypothèse d’un resserrement monétaire (par la BCE) est désormais envisagée", estime Madison Faller, stratégiste en investissement mondial de J.P. Morgan Private Bank.
"Pour autant, les investisseurs auraient tort de calquer la situation actuelle sur celle de 2022. L'environnement macroéconomique est plus solide, la croissance a évolué au-dessus de son potentiel, l’inflation s’est nettement modérée", ajoute-t-il, en référence à la guerre en Ukraine.
Wall Street perdait également du terrain. Le Dow Jones perdait 0,76%, le Nasdaq 1,10% et S&P 500 baissait de 0,83%.
La hausse des prix du pétrole et du gaz ralentissait, mais pas assez pour rassurer les investisseurs après un départ en trombe.
De leur côté, les métaux précieux dévissent: l'or perdait 5% et l'argent 11% jeudi. "Les investisseurs clôturent leurs positions sur l'or et l’argent afin de répondre aux appels de marge sur les actions", décrypte pour l'AFP Ricardo Evangelista, d'ActivTrades.
- Plus d'espoir d'une fin de guerre rapide -
Finis les espoirs d'un sortie de crise rapide. Les marchés estiment désormais que le conflit sera résolu "d'ici plusieurs mois" plutôt que "d'ici plusieurs semaines", a déclaré le directeur des gestions d'Amundi, Vincent Mortier, sur Bloomberg TV.
Les financiers redoutent de plus désormais une crise d'approvisionnement en énergie et non plus une crise d'acheminement avec le blocage du détroit d'Ormuz.
A 13H15 GMT, le baril de Brent, référence mondiale du brut, s'échangeait à 113,23 dollars (+5,45%). Son équivalent américain du WTI valait 97,84 dollars (+1,58%).
Le gaz grimpait de 18,74%: le mégawattheure coûtait 64,9 euros pour les contrats à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne en matière de gaz naturel.
Ces dernières 24 heures, les grands sites pétroliers et gaziers du Moyen-Orient autour du Golfe ont en effet été pris pour cible. Au Koweït jeudi matin, deux raffineries ont aussi été incendiées après une attaque de drones.
"L'escalade géopolitique a franchi un nouveau cap", note l'analyste John Plassard, responsable de la stratégie d'investissement de Cité Gestion Private Bank, qui parle d'"un basculement vers une guerre énergétique totale".
"Les marchés des actions sont actuellement mus par la peur, les attaques contre les installations de GNL (gaz naturel liquéfié) au Qatar et le fait que la Fed ne soit pas pressée de venir au secours des marchés", juge Neil Wilson, analyste de Saxomarkets.
- Statu quo pour la BoE et la Fed -
La Banque d'Angleterre (BoE) a laissé jeudi son taux directeur inchangé à 3,75%, dans le sillage de la Fed la veille.
Mercredi, la Fed a comme prévu maintenu inchangé son taux directeur, mais Jerome Powell a prévenu que "les répercussions des événements au Moyen-Orient sur l'économie américaine (étaient) incertaines". "A court terme, la hausse des prix de l'énergie fera grimper l'inflation globale", a-t-il averti.
"J'ai trouvé les remarques de Powell plutôt équilibrées. Il a même dit que s'il y a des progrès sur l'inflation d'ici la mi-année, on pourrait voir une baisse des taux. Mais au final, personne ne sait", a souligné Ipek Ozkardeskaya, analyste de la banque Swissquote.
Sur le marché de la dette, les taux d'intérêt des États repartaient à la hausse jeudi: 2,97% pour le rendement à dix ans des emprunts de l'Allemagne contre 2,94% à la clôture la veille. Son équivalent français a atteint 3,64%, contre 3,60%.
Le rendement américain à 10 ans passait à 4,29% contre 4,27%.
R.Buehler--VB