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Trump exhorte d'autres pays à envoyer des navires pour sécuriser le détroit d'Ormuz
Donald Trump a exhorté samedi d'autres pays à envoyer des navires de guerre pour sécuriser le détroit d'Ormuz, une voie maritime stratégique entravée par la guerre en Iran, qui entrée dans sa troisième semaine sans aucun signe d'accalmie.
Le 28 février, les Etats-Unis et Israël lançaient une opération d'envergure contre l'Iran, tuant le guide suprême Ali Khamenei.
Aucune partie ne semble fléchir. Elles enchaînent quotidiennement les attaques ponctuées de déclarations belliqueuses, avec un bilan de plus d'un millier de morts, majoritairement en Iran, selon les autorités locales.
"De nombreux pays vont envoyer des navires de guerre, en collaboration avec les Etats-Unis, pour maintenir le détroit ouvert et sûr", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social, après avoir indiqué la veille que la marine américaine commencerait "très bientôt" à escorter des pétroliers dans ce passage stratégique.
"Espérons que la Chine, la France, le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni et d'autres (...) enverront des navires dans la région afin que le détroit d'Ormuz ne soit plus menacé par un pays totalement décapité", a-t-il ajouté.
"En attendant", a-t-il dit, les Etats-Unis vont continuer à bombarder les côtes iraniennes et viser sa marine.
- "Choc pétrolier" -
Il a affirmé que l'armée américaine avait "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, située à environ 30 kilomètres des côtes iraniennes et qui abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut du pays.
Quinze explosions y ont été entendues samedi, mais aucune infrastructure pétrolière n'a été endommagée, selon l'agence de presse iranienne Fars.
Le président américain a prévenu qu'il s'en prendrait aux infrastructures pétrolières de l'île si "le passage libre et sûr des navires" n'était pas rétabli dans le détroit d'Ormuz". En réponse, Téhéran a menacé de "réduire en cendres" les sites pétroliers liés aux Etats-Unis au Moyen-Orient.
Pour Sina Toossi, du Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington, l'Iran a encore des cartes en main, malgré les frappes sur Kharg, puisqu'il dispose d'un autre terminal d'exportation dans le Golfe d'Oman.
Téhéran pourrait "infliger des frappes plus importantes encore aux infrastructures énergétiques du Golfe, comme Aramco (géant pétrolier saoudien, NDLR), cibler des pipelines au-delà d'Ormuz ou oeuvrer avec les Houthis (au Yémen) pour perturber le détroit de Bab-el-Mandeb", détaille l'analyste. "Cela créera un choc pétrolier encore plus grand".
Le cours du baril de Brent, référence internationale pour le pétrole, s'est envolé de plus de 42% autour de 100 dollars depuis le début de la guerre.
Celle-ci "s'intensifie et entre dans une phase décisive qui se poursuivra aussi longtemps que nécessaire", a affirmé samedi le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
A Jérusalem, des explosions ont été entendues dans l'après-midi après que la détection de missiles venus d'Iran, selon des journalistes de l'AFP.
Le conflit a aspiré de nombreux pays de la région, dont l'Irak. Samedi à l'aube, l'ambassade américaine à Bagdad a été visée pour la deuxième fois, après des frappes contre un influent groupe armé pro-Iran qui ont fait trois morts, selon des sources de sécurité.
Le Golfe reste la cible des représailles iraniennes pour ses liens économiques avec les Etats-Unis et la présence de bases américaines.
Téhéran a appelé samedi la population des Emirats arabes unis à s'écarter des ports, estimant "légitime" de viser les "missiles ennemis américains" qui y sont, selon lui, cachés.
Deux épaisses volutes de fumée noire se sont élevées de Fujaïrah, où se trouve un terminal d'exportation de pétrole et qui abrite un port qui avait été visé par des frappes iraniennes, selon un journaliste de l'AFP sur place.
- "Plus de sécurité" -
En deux semaines d'offensive, les Etats-Unis et Israël assurent avoir fortement affaibli le pouvoir iranien, en visant des infrastructures stratégiques et tuant plusieurs hauts dirigeants.
Donald Trump a même affirmé samedi que l'Iran était "totalement vaincu", et souhaitait "conclure un accord".
Vendredi, en signe de défi, des responsables ont défilé en plein coeur de Téhéran à l'occasion d'une marche pro-palestinienne, malgré des frappes visant l'événement "à courte distance", selon la télévision d'Etat.
Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême désigné après la mort de son père, n'est lui toujours pas apparu publiquement.
Le président américain a d'ores et déjà averti que les Etats-Unis frapperaient l'Iran "très fort au cours de la prochaine semaine", tandis qu'Israël poursuit ses raids. Samedi matin, son armée a appelé à évacuer certains quartiers de Tabriz, dans le nord-ouest de l'Iran, en prévision d'opérations militaires.
Un avertissement qui avait peu de chance d'être lu, internet étant bloqué en Iran depuis deux semaines.
Après un déploiement militaire sans précédent depuis des décennies, les Etats-Unis prévoient d'envoyer de nouveaux renforts, rapporte la presse américaine. Le New York Times parle de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus et le Wall Street Journal du navire d'assaut Tripoli, basé au Japon.
Au Liban, autre théâtre de la guerre, pilonné par Israël qui dit viser le Hezbollah pro-iranien, les frappes israéliennes ont fait au moins 826 morts, dont 106 enfants, et plus de 800.000 déplacés depuis début mars, selon le ministère libanais de la Santé.
"Il n'y a plus de sécurité (...) On ne sait jamais d'où viendra la prochaine frappe", se désole Hanadi Hachem, 50 ans, un habitant de la banlieue nord de Beyrouth, après un nouveau raid contre un immeuble résidentiel.
burs-cgo/hme
H.Weber--VB