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L'Iran entame un deuil de 40 jours pour la mort de Khamenei, Trump le somme de cesser sa riposte militaire
L'Iran entame dimanche une période de deuil de 40 jours après la mort du guide suprême, Ali Khamenei, dans l'attaque israélo-américaine lancée la veille, Donald Trump menaçant de frapper avec une force "sans précédent" si Téhéran continue de riposter.
Plusieurs explosions ont été entendues dans la matinée à Téhéran, ont rapporté des journalistes de l'AFP, peu avant que l'armée israélienne annonce frapper "au coeur de Téhéran".
Plus tôt, des milliers de personnes se sont rassemblées dans le centre de la capitale, certaines en larmes, brandissant des drapeaux iraniens aux cris de "mort à l'Amérique", "mort à Israël", selon un journaliste de l'AFP sur place.
Même slogans à Chiraz, la grande ville du sud, où une foule a appelé l'armée à "venger" la mort du guide suprême, selon l'agence de presse Tasnim.
D'abord annoncée par M. Trump, la mort d'Ali Khamenei a été confirmée par la télévision d'Etat iranienne.
Les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, ont promis dimanche en représailles "la plus féroce offensive de l'Histoire" contre Israël et les Etats-Unis.
"L'Iran vient de déclarer qu'il allait frapper très fort aujourd'hui, plus fort qu'il n'a jamais frappé auparavant", a réagi M. Trump.
"IL VAUT MIEUX QU'ILS NE LE FASSENT PAS, CAR S'ILS LE FONT, NOUS LES FRAPPERONS AVEC UNE FORCE SANS PRECEDENT!", a-t-il écrit sur sa plateforme Truth Social.
Les bombardements de la campagne "Fureur épique" se prolongeront "tout au long de la semaine", a ajouté le président américain, jugeant que le peuple iranien tient là sa "plus grande chance" de "reprendre" le contrôle du pays.
- Les Iraniens appelés à s'unir -
L'Iran mène pour la deuxième journée consécutive des frappes visant Israël et plusieurs pays arabes, en particulier les riches alliés des Etats-Unis du Golfe. L'armée a déclaré dimanche avoir ciblé des bases américaines dans le Kurdistan irakien et dans le Golfe.
La transition du pouvoir sera assurée par un triumvirat composé du président, Massoud Pezeshkian, du chef du pouvoir judiciaire Gholamhossein Mohseni Ejeï, et d'un membre du Conseil des gardiens de la Constitution, a annoncé la télévision d'Etat.
Le principal responsable de la sécurité iranien, Ali Larijani, a mis en garde contre les tentatives de division, appelant les Iraniens à s'unir.
En Irak voisin, des centaines de manifestants ont tenté de prendre d'assaut la zone ultra-sécurisée de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad, a constaté un journaliste de l'AFP.
Leurs tentatives ont "été mises en échec, mais ils continuent d'essayer" a déclaré à l'AFP une source sécuritaire.
- "Il n'a rien pu faire" -
Dans la nuit, la nouvelle de la disparition de celui qui a dirigé l'Iran d'une main de fer durant près de 37 ans, après l'ayatollah Khomeini, avait été accueillie par de la musique depuis des fenêtres et par des acclamations dans les rues.
Sa mort a été annoncée vers 21H30 GMT samedi par Donald Trump, depuis la résidence de Floride d'où il supervise cette campagne militaire qui change la face du Moyen-Orient et pèse sur les approvisonnements en pétrole.
Ali "Khamenei, l'une des personnes les plus diaboliques de l'Histoire, est mort", s'est prévalu le président américain. "Il a été incapable d'échapper à nos renseignements et à nos systèmes hautement sophistiqués de suivi, et en étroite collaboration avec Israël, il n'a rien pu faire", a-t-il affirmé.
"La République islamique a effectivement pris fin et sera bientôt renvoyée dans les poubelles de l'Histoire", a réagi sur X le fils du défunt chah, Reza Pahlavi.
Les médias iraniens ont aussi fait état de la mort de la fille, du gendre et de la petite-fille du guide suprême.
Israël a indiqué dans la nuit de samedi à dimanche avoir lancé une nouvelle vagues de frappes contre des lanceurs de missiles balistiques et la défense antiaérienne de Téhéran.
Le corps du guide suprême "a été retiré des décombres de son complexe", a rapporté la chaîne publique israélienne KAN. Selon la chaîne 12, "une photo du corps a été montrée" au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et à Donald Trump.
Israël a fait état de la mort de sept autres hauts responsables iraniens, dont le chef des Gardiens de la Révolution, Mohammad Pakpour, et Ali Shamkhani, un conseiller du guide suprême, des décès confirmés par Téhéran dimanche, de même que celui du ministre de la Défense.
Le chef d’état-major de l'armée, Abdolrahim Moussavi, a également été tué dans les frappes américaines et israéliennes, a annoncé la télévision d’État.
- Salves de missiles iraniens -
Comme il l'avait annoncé, l'Iran a aussi répliqué avec de nouvelles attaques contre Israël, selon la télévision d'Etat.
Selon les secours, 21 personnes ont été blessées à Tel-Aviv après une salve de missiles iraniens. Dimanche matin, les sirènes d'alerte aérienne ont retenti dans plusieurs régions d'Israël.
Plusieurs explosions ont également retenti à Ryad, en Arabie saoudite, à Abou Dhabi et Dubaï aux Emirats arabes unis, à Koweït et à Manama, capitale de Bahrein, où des colonnes de fumée se sont élevées au-dessus de la zone de Juffair, qui abrite une importante base navale américaine, ont constaté des témoins et journalistes de l'AFP.
L'Arabie saoudite, le Qatar, les Emirats arabes unis ont dit avoir intercepté des projectiles iraniens. A Abou Dhabi, une personne a été tuée par la "chute de débris de missiles", selon les autorités locales. Des blessés ont été recensés au Qatar, à Dubaï et au Koweït.
A l'ONU, le secrétaire général Antonio Guterres s'est inquiété du déclenchement d'une "série d'événements que personne ne peut contrôler dans la région la plus volatile du monde".
Le Croissant-Rouge iranien a annoncé la mort de plus de 200 personnes dans les frappes à travers le pays. Le pouvoir judiciaire a fait notamment état d'au moins 108 morts dans une école de filles, un bilan invérifiable de source indépendante.
D'après Israël, "des centaines de cibles militaires iraniennes" ont été visées.
- "Menace existentielle" -
En Israël, Benjamin Netanyahu a justifié l'opération qui "durera aussi longtemps que nécessaire" par la "menace existentielle" que fait peser selon lui l'Iran sur son pays.
Donald Trump, qui a déclenché le feu américain sans demander l'aval du Congrès, a dit répondre à des menaces "imminentes" contre les Etats-Unis, liées à la fois au programme nucléaire et aux capacités de missiles iraniennes.
De hauts responsables américains ont accusé samedi les autorités iraniennes d'avoir lancé la reconstruction des sites nucléaires frappés en juin 2025 et d'exclure de discuter de leurs missiles balistiques, un point majeur d'inquiétude pour Israël.
L'Agence internationale de l'énergie atomique a annoncé dimanche une réunion extraordinaire lundi à Vienne.
S.Leonhard--VB