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Merz en Israël pour renforcer la relation "particulière" avec Berlin
La première visite du chancelier allemand Friedrich Merz en Israël, samedi et dimanche, donne l'occasion à Berlin de consolider ses relations privilégiées avec ce pays, malgré les récentes prises de distance en réaction à l'offensive dans la bande de Gaza ou aux violences en Cisjordanie.
Après une courte visite de deux heures à Aqaba, en Jordanie, où il rencontrera le roi Abdallah II, M. Merz passera une soirée et une journée à Jérusalem, où il doit s'entretenir dimanche avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Un événement notable vu l'isolement international de ce dernier, conséquence des deux ans d'offensive israélienne dans la bande de Gaza.
Malgré cela, "la relation germano-israélienne est intacte, étroite, empreinte de confiance", a affirmé vendredi Sebastian Hille, un porte-parole du chancelier.
En raison de sa responsabilité historique dans la Shoah, l'Allemagne est l'un des plus grands soutiens d'Israël. Dimanche, Friedrich Merz doit aussi se rendre au mémorial Yad Vashem pour honorer la mémoire des victimes juives de l'Allemagne nazie.
Mais, ces derniers mois, le ton de Berlin à l'égard d'Israël s'est durci à mesure que la situation humanitaire dans la bande de Gaza se détériorait de manière dramatique.
En août, le chancelier allemand avait provoqué un petit séisme politique en décidant un embargo partiel sur les exportations d'armes de son pays vers Israël, en réaction à l'intensification de l'offensive israélienne dans ce territoire palestinien.
- "Obstacle" à la paix -
La trêve dans la bande de Gaza a permis à l'Allemagne de lever cette sanction fin novembre.
L'"importance particulière" des relations entre l'Allemagne et Israël "n'exclut pas de pouvoir également critiquer certains aspects" de la politique de M. Netanyahu, a souligné le porte-parole de M. Merz.
Dimanche matin, le chancelier et le Premier ministre doivent évoquer les efforts pour aboutir à une deuxième phase du cessez-le-feu dans la bande de Gaza, près de deux mois après son entrée en vigueur.
Celui-ci reste très fragile, Israël et le Hamas s'accusant de façon quasi-quotidienne de le violer, ce qui augure mal de la réalisation du plan de Donald Trump pour mettre fin à la guerre.
Celle-ci a été déclenchée par l'attaque sans précédent du Hamas, le 7 octobre 2023, la journée la plus meurtrière qu'ait connue Israël, dont les représailles militaires sur la bande de Gaza ont fait des dizaines de milliers de morts.
Et la situation reste explosive dans l'autre territoire palestinien, la Cisjordanie.
Vendredi, Sebastian Hille a de nouveau condamné "l'augmentation massive de la violence des colons" et réitéré l'appel au gouvernement israélien à "cesser la construction de colonies".
En août, l'annonce de l'embargo sur les armes avait déclenché une vive réaction du gouvernement Netanyahu, qui avait reproché à son allié traditionnel de "récompenser le terrorisme du Hamas".
Quand il lui a annoncé sa décision au téléphone, "cela a vraiment chauffé", avait expliqué M. Merz sur la chaîne de télévision ARD.
Mais Gil Shohat, le chef du bureau de Tel-Aviv de la Fondation Rosa-Luxemburg, proche du parti de gauche radicale Die Linke, n'y voit aujourd'hui qu'une "distanciation rhétorique", dans un entretien avec l'AFP.
Mercredi, la mise en service par l'armée allemande de la première phase du bouclier antimissiles Arrow, déployé pour la première fois hors d'Israël, a montré que l'Allemagne comptait durablement sur ce pays pour sa sécurité.
- "Signal fatal" -
De même, Berlin a récemment souligné l'aide apportée par Israël pour l'amélioration de sa propre défense antidrones.
Sur un tout autre terrain, la décision d'inclure Israël dans la prochaine édition de l'Eurovision, prise jeudi, a été chaleureusement accueillie en Allemagne, alors qu'elle a entraîné des boycotts de la part d'autres pays.
Pour M. Shohat, le fait que M. Merz rende visite à Benjamin Netanyahu, visé par un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerres et contre l'humanité dans la bande de Gaza, est un "signal fatal de normalisation dans une situation qui ne doit pas être normalisée".
Immédiatement après sa victoire aux législatives, fin février, Friedrich Merz avait assuré que Benjamin Netanyahu pourrait effectuer un déplacement en Allemagne malgré le mandat d'arrêt de la CPI.
Mais ce n'est "pas un sujet pour le moment", a récemment souligné la chancellerie.
Désormais, Benjamin Netanyahu a de "grandes attentes" et espère un "signal de soutien continu" de Berlin, dit à l'AFP Michael Rimmel, le directeur à Jérusalem de la Fondation Konrad-Adenauer, étroitement affiliée aux chrétiens-démocrates (CDU) de M. Merz.
De l'autre côté, les appels sans effet de Berlin ces derniers mois contrastent avec la "plus grande influence" de Donald Trump, seul capable de pousser Israël à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza, note-t-il.
C.Koch--VB