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Ukraine: Kiev visée par une importante attaque russe, au moins quatre morts
Une importante attaque russe a visé Kiev dans la nuit de mercredi à jeudi et fait au moins quatre morts dont deux enfant, au moment où les efforts diplomatiques engagés par Donald Trump pour tenter de mettre fin à la guerre s'enlisent.
Après trois ans et demi du conflit le plus sanglant en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, la capitale ukrainienne a vécu une nouvelle nuit de bombardements.
Des journalistes de l'AFP ont entendu de puissantes explosions à plusieurs reprises. Ils ont vu un missile être abattu, les débris incandescents retombant, et entendu le son de drones survolant la ville, tandis que des habitants se réfugiaient dans des souterrains et dans le métro.
Selon l'administration militaire, l'attaque a été menée à la fois à l'aide de drones et de missiles - balistiques, de croisière et hypersoniques - qui ont frappé la capitale en plus de 20 endroits.
Plusieurs immeubles résidentiels ont été endommagés, dont l'un de cinq étages s'est effondré, bloquant des habitants sous les décombres, a indiqué la même source. Une école maternelle a subi des dégâts, des dizaines de voitures ont été détruites et un centre commercial du centre ville a été touché.
Le ministre de l'Intérieur Igor Klymenko a fait état de quatre morts dont deux enfants et plus de 20 blessés, précisant que les opérations de secours se poursuivaient.
"Voilà tout ce qu'il y a à savoir concernant l'Etat terroriste, Poutine, et leur +désir+ de paix", a réagi le chef de l'administration présidentiellel Andriï Iermak sur Telegram, visant la Russie et son président.
Pendant la nuit, des alertes aériennes ont été en vigueur dans l'ensemble du territoire ukrainien.
Côté russe, l'armée a indiqué avoir intercepté 102 drones ukrainiens, alors que les attaques aériennes de Kiev ciblant les raffineries ces dernières semaines ont fait flamber le prix de l'essence.
- Avancées russes -
Fin juillet, des bombardements russes avaient fait plus de 30 morts dont cinq enfants à Kiev, l'une des attaques les plus meurtrières dans la capitale ukrainienne depuis le début de l'invasion russe à grande échelle en 2022.
Ces frappes avaient poussé Donald Trump à renforcer la pression sur Moscou pour accepter une trêve et conduit à sa rencontre avec Vladimir Poutine en Alaska le 15 août.
Après ce sommet, suivi par une visite à Washington du président ukrainien Volodymyr Zelensky accompagné de ses alliés européens, le dirigeant américain a dit vouloir préparer une rencontre en face-à-face entre les présidents russe et ukrainien.
Depuis, il n'y a toutefois pas eu d'avancées en vue d'un tel sommet, Moscou et Kiev se rejetant la responsabilité d'un blocage.
Avant la conclusion d'un hypothétique accord de paix, l'Ukraine veut obtenir des garanties de sécurité des Occidentaux pour dissuader Moscou de toute nouvelle attaque.
Le Kremlin s'est dit "défavorable" mercredi à un éventuel envoi de troupes européennes en Ukraine dans le cadre d'un potentiel accord de paix.
M. Zelensky a assuré voir "des signaux très négatifs et arrogants de la part de Moscou concernant les négociations" de paix. Il a appelé à "faire pression" pour "forcer la Russie à prendre des mesures concrètes".
Il a annoncé que des membres de son équipe allaient rencontrer vendredi à New York des représentants de l'administration de Donald Trump.
Pour mettre fin à son assaut, la Russie réclame notamment que l'Ukraine lui cède quatre régions partiellement occupées, en plus de la Crimée annexée en 2014, et renonce à intégrer l'Alliance atlantique. Des conditions que Kiev juge inacceptables.
L'armée russe, qui occupe environ 20% de l'Ukraine, dans l'est et le sud, a accéléré sa progression sur le terrain ces derniers mois face à des unités ukrainiennes moins nombreuses et moins bien équipées.
Pour la première fois mardi, l'Ukraine a reconnu que les soldats russes avaient pénétré dans sa région de Dnipropetrovsk (centre-est), où Moscou avait revendiqué de son côté des avancées dès le mois de juillet.
Cette région ne fait pas partie des cinq régions ukrainiennes dont Moscou revendique l'annexion.
E.Burkhard--VB