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Nouvelle-Calédonie: le FLNKS rejette l'accord de Bougival, Valls regrette un choix "incompréhensible"
Le Front de libération nationale kanak socialiste (FLNKS), principal mouvement indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a acté mercredi son rejet de l'accord sur l'avenir du territoire signé en juillet, choix jugé "incompréhensible" par le ministre des Outre-mer Manuel Valls qui appelle à poursuivre le dialogue.
"Ma porte reste évidemment ouverte pour comprendre les raisons peu explicites de ce choix incompréhensible", a-t-il déclaré dans un message publié sur Facebook, assurant "ne pas se résigner" à trouver un compromis alors qu'il doit se rendre dans l'archipel la semaine prochaine.
Défendant un accord "inédit" permettant la création d'un "État de Nouvelle-Calédonie" doté d'une loi fondamentale, d'une nationalité calédonienne et de la compétence en relations internationales, Manuel Valls a aussi assuré que le texte de Bougival reconnaissait l'identité kanak.
Plus tôt, le FLNKS avait confirmé sans surprise qu'il rejetait l'accord signé début juillet avec l'Etat et les non-indépendantistes à l'issue de plusieurs jours de négociations entre les différentes forces politiques calédoniennes.
Le "projet d'accord de Bougival" est incompatible "avec les fondements et acquis de notre lutte", a affirmé Dominique Fochi, secrétaire général de l'Union calédonienne et membre du bureau politique du FLNKS, lors d'une conférence de presse à Nouméa, quelques jours après un congrès extraordinaire du mouvement.
Le texte, pourtant signé par les délégués du FLNKS, a suscité une levée de boucliers chez une partie du camp indépendantiste qui estime qu'il ne va pas assez loin dans la souveraineté du territoire français du Pacifique.
En visioconférence depuis Mulhouse (Haut-Rhin), où il a été incarcéré pendant près d'un an, le président du FLNKS, Christian Tein, a dénoncé "un accord à marche forcée proposé par Macron".
"Bougival est derrière nous", a affirmé Marie-Pierre Goyetche (Parti travailliste), également membre du bureau politique du FLNKS: "C'est un rejet en bloc, nous ne participerons pas au comité de rédaction" proposé par Manuel Valls pour clarifier certains termes de l'accord.
L'accord de Bougival continue d'être défendu localement par l'ensemble du camp non-indépendantiste, par l'Eveil océanien, parti "ni-ni" (ni indépendantiste, ni loyaliste), et par le Parti de libération kanak (Palika) et l'Union progressiste en Mélanésie (UPM), deux mouvements indépendantistes qui ont quitté le FLNKS en 2024.
- "Nouvelle trahison" -
Dans un communiqué, les deux principaux mouvements non-indépendantistes (Les Loyalistes et le Rassemblement-LR) ont déploré la décision du FLNKS, y voyant "un reniement de sa signature" et "une nouvelle trahison".
Ils appellent à la création "d'un comité ad hoc, composé de loyalistes et d'indépendantistes favorables à l'accord de Bougival, de membres de la société civile et d'experts" pour en "approfondir certains aspects techniques".
Sans attendre l'officialisation de ce rejet, Manuel Valls avait annoncé se rendre "la semaine du 18 août" en Nouvelle-Calédonie pour tenter de sauver l'accord.
"Je rencontrerai toutes les délégations politiques, j'installerai le comité de rédaction. Nous examinerons le projet", a-t-il déclaré mercredi, expliquant que "chacun devra assumer ses responsabilités".
Le FLNKS souhaite lui "ouvrir le dialogue" pour la "signature d'un accord de Kanaky (nom donné au territoire par les indépendantistes, NDLR) le 24 septembre 2025", conduisant à "l'accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté avant l'élection présidentielle de 2027", selon Dominique Fochi.
Il a également insisté sur la tenue de discussions "sous la supervision" de M. Tein. Libéré de prison en juin, celui-ci reste mis en examen pour son rôle présumé dans les émeutes de mai 2024, qui ont fait 14 morts et plusieurs milliards d'euros de dégâts. Le leader politique a toujours nié avoir appelé à la violence.
"Nous en profiterons pour lui dire que nous voulons que les élections provinciales se tiennent en novembre (...) pour connaître la réelle légitimité des uns et des autres", a-t-il ajouté.
Ces élections, cruciales en Nouvelle-Calédonie, auraient dû se tenir fin 2024. Mais elles avaient été repoussées à novembre 2025 au plus tard après les émeutes causées l'an passé par le projet d'élargissement du corps électoral calédonien.
Selon Manuel Valls, une proposition de loi organique (PPLO) a justement été déposée mercredi par six présidents de groupe du Sénat pour reporter ces élections à juin 2026, conformément au calendrier fixé par l'accord de Bougival.
R.Kloeti--VB