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L'Aude sur le qui-vive face à l'incendie d'une ampleur inédite, les pompiers veulent "taper vite et fort"
Plusieurs villages de l'Aude restent sur le qui-vive jeudi, au troisième jour de l'incendie d'une ampleur inédite, que les pompiers ont pour objectif de fixer après quelque 17.000 hectares parcourus dans les Corbières.
"L’objectif est de pouvoir fixer" le feu dans la journée, a indiqué à l'AFP le colonel Christophe Magny, chef des pompiers de l'Aude, à la tête des opérations.
"C'est une journée décisive de bascule", a ajouté le capitaine Jean-Marie Aversinq, officier de communication du SDIS, "l'étape suivante sera le noyage et le traitement" des 90 km de lisières.
Parti mardi après-midi du village de Ribaute, entre Carcassonne et Narbonne, le plus gros incendie de l'été en France a ravagé 17.000 hectares de végétation et de pinède, dont 13.000 brûlés selon la sécurité civile. Il a aussi détruit ou touché 36 habitations et brûlé 35 véhicules, selon le bilan provisoire de la préfecture.
Dans la nuit de mercredi à jeudi, la progression du feu a fortement ralenti, après avoir connu une allure de "1.000 hectares à l'heure globalement", dans les premiers instants du sinistre, selon le sous-préfet de Narbonne, Rémi Recio.
- "Taper vite et fort" -
Les conditions météo jeudi "sont plutôt favorables en ce début de matinée", ont indiqué les pompiers de l'Aude à L'AFP.
La tramontane, un vent sec et chaud qui renforce le feu, a été supplantée par un vent marin qui "va apporter de l'air plus humide qu'avant, ce qui est moins favorable à la propagation du feu", a déclaré à l'AFP François Gourand, prévisionniste à Météo-France.
Mais les communes n'en craignent pas moins un retour des flammes avec le changement de direction du vent. "On reste sur le qui-vive, parce qu'on est entourés de pins et puis que tout a brûlé, tout autour du village, c'est la catastrophe", déplore Bruno Zubieta, premier adjoint au maire de Villesèque-des-Corbières.
Des rafales de vent à hauteur de "40 km/h sont attendues" dans la matinée, précisent les pompiers. "Notre stratégie c'est de taper vite et fort avant que ce vent ne se relève."
Le vent qui poussait les flammes vers le littoral méditerranéen a tourné mercredi après-midi, redirigeant le danger vers le massif des Corbières et quinze communes déjà directement ou indirectement impactées par le sinistre.
"L'arrière du feu est devenu l'avant du feu", a déclaré le colonel Christophe Magny. Et le front toujours incontrôlable revient vers "son point de départ" et des "zones boisées assez inaccessibles", a ajouté la secrétaire générale de la préfecture départementale, Lucie Roesch.
Le vent et "les températures de 32°C", attendues dans l'après-midi, "nous amènent à rester prudent", tempère le colonel Magny.
Les moyens aériens seront mobilisés "toute la journée", pour traiter le feu toujours actif sur divers secteurs, précisent les pompiers du département.
- Stratégie militaire de lutte -
"On est dans une stratégie militaire de lutte et à tout instant, l'ennemi doit être abattu dès qu'il sort la tête", a martelé Eric Brocardi, porte-parole de la fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, sur RMC.
"On a eu affaire à une puissance radiative énorme dès le départ avec une bombe incendiaire qui s'est déclenchée avec une onde de choc de cinq km/h. (…) on est sur des vitesses hors normes", a-t-il poursuivi.
Il s'agit du plus gros incendie de l'été en France, sans précédent depuis au moins 50 ans sur le pourtour méditerranéen français, selon une base de données gouvernementale répertoriant les feux de forêt depuis 1973.
Le Premier ministre François Bayrou a qualifié l'incendie de "catastrophe d'une ampleur inédite" en estimant que l'épisode était "lié au "réchauffement climatique" et "à la sécheresse".
Encore 2.000 pompiers et 600 engins sont mobilisés jeudi, afin de protéger les "3.000 bâtiments qui sont dans cette zone du feu", précise le colonel. L'Union européenne a également annoncé se tenir "prête à mobiliser" des ressources.
Une enquête a été ouverte pour déterminer les causes du feu, encore inconnues. Aucune hypothèse n'est pour l'heure privilégiée, même si le Premier ministre a évoqué un départ de feu en bord de route.
Fin juillet, à la moitié de la saison estivale, la sécurité civile avait comptabilisé plus de 15.000 hectares brûlés sur le territoire national pour 9.000 départs de feu, principalement sur le littoral méditerranéen.
D.Bachmann--VB