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Ukraine: Zelensky appelle à un "changement de régime" en Russie après des bombardements meurtriers sur Kiev
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a appelé jeudi le monde à oeuvrer pour un "changement de régime" en Russie, après des bombardements meurtriers russes à l'aube sur Kiev, et l'annonce par Moscou de la prise d'une ville stratégique dans l'est.
"Si le monde ne vise pas un changement de régime en Russie, cela signifie que même après la fin de la guerre, Moscou continuera à tenter de déstabiliser les pays voisins", a-t-il déclaré en participant par lien vidéo à une conférence marquant les 50 ans des Accords d'Helsinki.
"Je crois que la Russie peut être poussée à mettre fin à cette guerre. C'est elle qui l'a commencée, et on peut la contraindre à y mettre un terme", a-t-il ajouté quelques heures après de nouvelles frappes russes qui ont tué au moins sept personnes dont un enfant à Kiev.
Cette attaque de drones et de missiles jeudi à l'aube a aussi fait au moins une cinquantaine de blessés, selon un dernier bilan officiel.
Neuf enfants se trouvent parmi les blessés, a indiqué sur Telegram le maire de Kiev, Vitali Klitschko.
Volodymyr Zelensky a précisé sur les réseaux sociaux qu'un garçon de six ans faisait partie des victimes: il avait auparavant annoncé que la mère de cet enfant avait également été tuée, avant de corriger sa publication.
Il a dénoncé un "nouveau spectacle meurtrier" de la part de la Russie, alors que les États-Unis pressent Moscou de mettre un terme à plus de trois ans de son invasion de l'Ukraine.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé "309 drones" et "huit missiles de croisière" sur le pays, ajoutant que la principale cible de l'attaque était Kiev.
L'armée a ajouté avoir abattu 288 drones et trois missiles.
Des journalistes de l'AFP sur le lieu d'une frappe ont vu des immeubles résidentiels en ruine, des voitures calcinées et retournées.
Des pompiers tentaient d'éteindre des résidus d'incendie tandis que des secouristes recherchaient des survivants dans un amoncellement de gravats.
Évoquant "un matin horrible à Kiev", où "des bâtiments résidentiels ont été détruits et des écoles et hôpitaux endommagés", le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andriï Sybiga a estimé sur X qu'il était "temps de mettre la pression maximale sur Moscou".
"Le président (américain) Trump a été très généreux et très patient avec Poutine, essayant de trouver une solution", a-t-il poursuivi; "il est temps de synchroniser toutes les mesures de sanctions. Il est temps d'imposer la paix par la force" alors que le président russe "ne cherche qu'à détruire et tuer".
- Tchassiv Iar -
Jeudi matin, l'armée russe a affirmé avoir conquis la ville de Tchassiv Iar, ancien bastion de l'armée ukrainienne dans la région de Donetsk (est) où les troupes de Moscou avancent lentement depuis des mois.
Une information démentie par l'armée ukrainienne dans la foulée.
"Bien sûr, ce n'est pas vrai (...) c'est un mensonge total", a déclaré à l'AFP Viktor Tregoubov, porte-parole du groupement de forces Khortytsia, en charge de la zone.
- Loi critiquée -
Les nouvelles frappes sont intervenues avant une vote crucial au Parlement attendu jeudi pour revenir sur une loi très critiquée révoquant l'indépendance d'instances de lutte contre la corruption.
Cette loi votée le 22 juillet prévoyait de placer l'agence nationale anticorruption (le NABU) et le parquet spécialisé anticorruption (le SAP) directement sous la tutelle du procureur général, lui-même nommé par le chef de l'Etat.
Décriée par la société civile et l'Union européenne, la loi ainsi adoptée avait provoqué les premières manifestations d'ampleur en Ukraine depuis le début de l'invasion russe en 2022.
Des centaines de personnes étaient encore rassemblées mercredi soir à Kiev, peu avant les bombardements. Jeudi matin, au moins une centaine d'Ukrainiens manifestaient devant le Parlement exhortant les députés à rétablir l'indépendance de ces structures.
Le président Zelensky a finalement proposé un nouveau projet de loi restaurant leur indépendance, que les élus doivent examiner jeudi.
Les forces russes ont multiplié les attaques meurtrières en Ukraine ces derniers jours, au moment où le président américain Donald Trump a donné dix jours à compter de mardi à Vladimir Poutine pour mettre un terme au conflit sous peine de sanctions.
Dans la nuit de lundi à mardi, au moins 25 civils dont une femme enceinte et une quinzaine de personnes détenues dans une colonie pénitentiaire de la région de Zaporijjia (sud), avaient perdu la vie dans des bombardements russes.
T.Egger--VB