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Aide humanitaire: ce que l'on sait sur la Fondation humanitaire de Gaza
La Fondation humanitaire de Gaza, un groupe opaque soutenu par les Etats-Unis dans le but déclaré de distribuer de l'aide dans la bande de Gaza, est accusé d'aider Israël à atteindre ses objectifs militaires en contournant l'ONU et en excluant les Palestiniens.
Voici ce que l'on sait de la GHF et des critiques qu'elle essuie.
- Qui sont-ils? -
Enregistrée à Genève en février, la GHF n'a ni bureaux ni représentants connus dans cette ville, où siègent les organisations humanitaires internationales.
Son ancien directeur exécutif, Jake Wood, a annoncé sa démission dimanche, estimant impossible de faire son travail en suivant les principes humanitaires de neutralité et d'indépendance.
Lundi, la GHF a annoncé avoir commencé à distribuer "des camions de nourriture" aux Gazaouis "dans des sites de distribution sûrs" .
"D'autres cargaisons seront distribuées" mardi "et cet afflux augmentera chaque jour", a promis la GHF, annonçant la nomination d'un nouveau directeur exécutif.
L'ONU a déclaré mardi ne pas savoir si des cargaisons d'aide avaient effectivement été livrées.
Des photos publiées lundi par le groupe ont montré des camions, certains en cours de déchargement, sur un site entouré d'une barrière métallique. La GHF n'a précisé ni le lieu où elles ont été prises, ni le nombre de bénéficiaires supposés.
L'armée israélienne a affirmé mardi que deux centres de distribution de la GHF "à Tel al-Sultan et dans le corridor de Morag dans la zone de Rafah, ont commencé à fonctionner".
Elle a aussi fourni une carte signalant un troisième centre dans la région de Rafah, située dans le sud du territoire palestinien, et un quatrième à Bureij (centre).
- Des méthodes critiquées -
Israël a partiellement levé la semaine dernière le blocus total qu'il avait imposé depuis le 2 mars à la bande de Gaza en accusant le Hamas de détourner l'aide humanitaire, ce que ce dernier dément. Mais la communauté humanitaire affirment que les livraisons autorisées jusqu'à présent sont dérisoires par rapport aux besoins.
Dans le territoire ravagé par 19 mois de guerre entre Israël et le Hamas, ce blocus a aggravé les pénuries déjà sévères de nourriture et médicaments.
Pendant des décennies, l'Unrwa, l'agence des Nations unies pour l'aide aux réfugiés palestiniens, a chapeauté les opérations humanitaires à Gaza.
Mais Israël a accusé cette agence de fournir une couverture au Hamas, affirmant que certains de ses employés avaient participé à l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël, qui a déclenché la guerre.
Des enquêtes ont révélé des "problèmes liés à la neutralité" au sein de l'Unrwa mais souligné qu'Israël n'avait pas fourni de preuves concluantes.
La GHF est notamment critiquée pour désigner des "sites de distribution sécurisés", ce qui selon d'autres organisations humanitaires contrevient aux usages en obligeant la population à se déplacer pour recevoir une aide vitale.
La grande majorité des 2,4 millions de Gazaouis ont été déplacés plusieurs fois depuis le début de la guerre.
Les détracteurs de la GHF se demandent également qui détermine ces lieux de distribution, étant donné les plans de "conquête" de Gaza déclarés par Israël.
Citant des responsables israéliens non identifiés, le New York Times a affirmé le 24 mai qu'un nouveau plan d'aide à Gaza soutenu par les Etats-Unis avait été "conçu et largement développé par les Israéliens comme un moyen d'affaiblir le Hamas".
- Qui va travailler avec eux? -
Personne pour le moment, à l'exception du gouvernement américain, n'a annoncé vouloir soutenir la GHF.
Les Nations unies ont exclu de collaborer avec l'organisation, dont le plan, selon leur porte-parole, Farhan Haq, "n'est pas en ligne avec nos principes de base, y compris l'impartialité, la neutralité et l'indépendance".
Un groupe d'ONG, dont ActionAid, a pointé que "de l'aide utilisée pour masquer de la violence continue n'est pas de l'aide, c'est une couverture humanitaire pour cacher une stratégie militaire de contrôle et de spoliation".
La semaine dernière, un groupe suisse, Trial International, a demandé l'ouverture d'une enquête pour savoir si les activités de la GHF étaient conformes aux lois suisses et internationales.
Il a également critiqué le recours supposé à des sociétés de sécurité privées risquant selon lui de mener à une "militarisation de l'aide".
A Gaza, le ministère de l'Intérieur du Hamas a estimé que la GHF faisait partie d'un plan israélien pour "contrôler la distribution de l'aide". Il a qualifié ce groupe d'organisation "suspecte" et accusé Israël de l'utiliser à des fins militaires.
La GHF, de son côté, a accusé lundi le mouvement islamiste palestinien de "menaces de mort à l'encontre d'organisations soutenant les opérations humanitaires sur les sites de distribution sécurisés" et de "s'efforcer d'empêcher les habitants de Gaza d'accéder à l'aide sur ces sites".
P.Staeheli--VB