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La Russie et l'Ukraine commencent leur échange record de prisonniers, salué par Trump
La Russie et l'Ukraine ont entamé vendredi la première étape d'un échange record de prisonniers, impliquant à ce stade 270 militaires et 120 civils, qui avait été annoncé et salué peu auparavant par le président américain Donald Trump.
Cet échange, qui doit au total impliquer "1.000 pour 1.000" personnes de chaque côté, avait été convenu lors de négociations entre Russes et Ukrainiens à Istanbul mi-mai. C'était d'ailleurs le seul résultat tangible de cette réunion.
Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a toutefois indiqué vendredi que Moscou travaillait sur un document exposant "les conditions d'un accord durable, global et à long terme sur le règlement" du conflit, qui sera transmis à l'Ukraine une fois l'échange de prisonniers finalisé. Kiev doit faire de même pour ses propres conditions.
Dans la région de Tcherniguiv, où étaient ramenés les Ukrainiens libérés par les Russes, des centaines de personnes, principalement des femmes, attendaient en brandissant des banderoles et des portraits, a constaté un journaliste de l'AFP.
Certains criaient, pleuraient ou acclamaient d'une seule voix les bus remplis d'hommes amaigris, qui les saluaient en retour à travers les fenêtres teintées.
Quand les anciens captifs sont sortis du bus, enroulés dans des drapeaux ukrainiens, les familles ont accouru auprès d'eux, leur tendant des portraits de leur proche pour savoir s'ils l'avaient aperçu durant leur captivité.
"C'est la première étape du plus grand échange" depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022, a souligné le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans son adresse du soir. Les phases suivantes sont attendues samedi et dimanche.
- Savoir "s'il est vivant" -
"Je voudrais que Dieu nous envoie une bonne nouvelle aujourd'hui", a confié à l'AFP Lioudmyla Parkhomenko, venue de Kiev. Depuis deux ans, elle est sans nouvelles de son fils, parti combattre en 2022 avant de disparaître à Bakhmout (est), théâtre de l'une des batailles les plus sanglantes du conflit.
Elle espère que les soldats libérés lui "confirment qu'il est vivant".
La Russie donne très peu d'informations sur le sort des prisonniers ukrainiens et chaque échange réserve son lot de surprises, a déclaré à l'AFP un haut responsable ukrainien sous le couvert de l'anonymat.
"Dans presque chaque échange, il y a des gens dont personne ne savait rien", a-t-il déclaré. "Parfois, ils nous rendent des personnes qui figuraient sur les listes de personnes disparues ou qui étaient considérées comme mortes".
Anastassia Rouda, 28 ans, dit être "prête à tout faire" pour retrouver son frère jumeau Maksym, disparu il y a huit mois.
"Nous ne savons même pas s'il est en captivité et nous espérons que les autres gars nous aideront", a raconté la jeune femme à l'AFP. "Que la guerre se termine plus vite et que tout le monde revienne!"
Le parquet général ukrainien a toutefois accusé vendredi l'armée russe d'avoir exécuté environ 270 prisonniers de guerre depuis le début de la guerre, assurant que cela résultait de "directives" en haut lieu.
- Tortures -
Côté russe, Moscou a annoncé avoir également récupéré 270 militaires et 120 civils, dont "des habitants de la région de Koursk capturés par les forces armées ukrainiennes" lors de leur offensive à l'été 2024.
Selon la commissaire russe aux droits humains, Tatiana Moskalkova, 34 civils sont toujours détenus par les Ukrainiens dans la ville de Soumy, près de la frontière.
L'échange de prisonniers et de corps de militaires tués au combat reste l'un des derniers domaines de coopération entre Kiev et Moscou, alors que la Russie occupe environ 20% du territoire ukrainien.
L'échange de vendredi avait été annoncé par Donald Trump, qui a affirmé vouloir amener les deux belligérants à négocier pour mettre fin le plus vite possible au "bain de sang".
"Félicitations aux deux parties pour cette négociation. Cela pourrait conduire à quelque chose d'énorme ???", a écrit le président des Etats-Unis sur son réseau Truth Social.
Les autorités ukrainiennes avaient estimé à 10.000 personnes le nombre de ses citoyens détenus en Russie. Le nombre de Russes détenus en Ukraine n'a pas été dévoilé mais devrait être inférieur, selon des estimations.
Kiev et Moscou s'accusent mutuellement de violer la Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre. Plusieurs ex-prisonniers de guerre ukrainiens ont indiqué à l'AFP avoir été torturés en captivité.
Ailleurs en Ukraine, deux personnes ont été tuées dans des frappes russes sur le port d'Odessa (sud) et trois dans la région de Kherson (sud).
L'armée russe a de son côté indiqué que l'Ukraine avait visé le territoire russe avec 788 drones et missiles depuis mardi, dont 776 ont été abattus.
bur-fz-led-ant-pop/lpt
U.Maertens--VB