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Pakistan: six morts, dont quatre enfants, dans un attentat-suicide au Baloutchistan
Au moins six personnes, dont quatre enfants, ont été tuées dans un attentat-suicide contre un bus scolaire au Baloutchistan, dans le sud-ouest du Pakistan, une attaque qu'Islamabad a attribuée à l'Inde, une dizaine de jours après leur pire confrontation militaire depuis des décennies.
"Le bus d'une école réservée aux enfants de militaires a été ciblé" par "un attentat-suicide selon les premiers éléments de l'enquête", a rapporté à l'AFP Yasir Iqbal Dashti, haut responsable de l'administration locale.
"Quatre enfants ont été tués", ainsi que "le chauffeur du bus et un autre employé de la compagnie de transport", a de son côté affirmé Safraz Bugti, chef du gouvernement provincial du Baloutchistan, lors d'une conférence de presse aux accents belliqueux.
Comme l'armée pakistanaise, il a menacé de représailles "les affidés de l'Inde au Baloutchistan" qu'ils voient derrière cette attaque --bien qu'elle n'ait pas été revendiquée jusqu'ici.
Le porte-parole de la diplomatie indienne Shri Randhir Jaiswal a réagi dans l'après-midi, rejetant les "allégations infondées de l'implication de l'Inde" et "présentant ses condoléances aux victimes".
"Le Pakistan a pris l’habitude d'imputer (à l'Inde) tous ses problèmes internes afin de détourner l’attention de sa réputation d’épicentre mondial du terrorisme et pour masquer ses propres manquements flagrants", a-t-il encore accusé.
Le 10 mai, le Pakistan et l'Inde ont accepté un cessez-le-feu qui a mis fin à des échanges de tirs de missiles, des nuées de drones lancées chez le voisin et des tirs et barrages d'artillerie transfrontaliers.
Cette nouvelle escalade entre les rivaux historiques avait débuté après une attaque meurtrière au Cachemire administré par l'Inde, menée selon New Delhi par des jihadistes soutenus par Islamabad.
Le Pakistan dément formellement et accuse en retour son grand rival de soutenir, d'armer et de financer, entre autres, les rebelles baloutches.
Ces dernières semaines, il a attribué de nombreuses attaques dans l'ouest de son territoire à des assaillants agissant pour le compte de "leurs maîtres étrangers" ou à des "supplétifs de l'Inde", notamment une spectaculaire prise d'otages dans un train au Baloutchistan en mars.
Régulièrement, l'armée de libération du Baloutchistan (BLA) et la branche régionale du groupe Etat islamique (EI-K) revendiquent des attentats dans cette province.
- Violences en hausse -
Le Premier ministre Shehbaz Sharif a exprimé sa "tristesse" face à l"attaque d'enfants innocents et de leurs enseignants", assurant que les "responsables seraient retrouvés et sévèrement punis".
"Des terroristes opérant sous patronage indien pour attaquer des enfants innocents dans un bus scolaire sont une preuve évidente d'hostilité", ajoute son bureau.
Ces derniers jours, quatre civils et quatre paramilitaires avaient été tués au Baloutchistan.
Les violences se sont multipliées dans l'ouest du Pakistan, frontalier de l'Afghanistan, depuis le retour au pouvoir des talibans à Kaboul à l'été 2021.
Islamabad accuse son voisin de ne pas déloger les rebelles qui utilisent son sol pour attaquer le Pakistan, ce que l'Afghanistan dément.
L'année 2024 a été la plus meurtrière en près d'une décennie au Pakistan, avec plus de 1.600 morts, pour près de la moitié des soldats et policiers, selon le Centre pour la recherche et les études sur la sécurité d'Islamabad.
Au total, depuis le 1er janvier, selon un décompte de l'AFP, plus de 260 personnes, en majorité membres des forces de sécurité, ont été tuées dans des violences menées par des groupes armés en lutte contre l'Etat, au Baloutchistan comme dans la province voisine du Khyber-Pakhtunkhwa.
En 2014, cette dernière province avait été endeuillée par une attaque des talibans pakistanais contre une école militaire de Peshawar, qui avait tué plus de 150 personnes, en grande majorité des enfants.
A.Kunz--VB