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Les Portugais rappelés aux urnes, la droite au pouvoir favorite
Les Portugais ont commencé à voter dimanche afin d'élire leurs députés pour la troisième fois depuis 2022, lors d'élections législatives qui pourraient permettre au Premier ministre sortant, Luis Montenegro, de renforcer son étroite majorité de droite modérée après une année au pouvoir.
Les bureaux de vote ont ouvert à 08H00 (07H00 GMT) et les télévisions dévoileront leurs sondages sortie des urnes à 20H00.
"Voter encore une fois", titrait en Une le journal de référence Publico, qui s'interrogeait sur l'issue du scrutin: "nouvelle majorité ou nouvelle impasse?"
Avocat de 52 ans, M. Montenegro a été le personnage central de la campagne, puisqu'il a lui-même provoqué ces élections anticipées en démissionnant en mars, sur fond de soupçons de conflit d'intérêts concernant les activités d'une société de conseil enregistrée à son domicile et au nom de ses enfants.
"Personne n'a jamais été aussi transparent que moi", a-t-il assuré lors de son dernier meeting, en réponse au chef de l'opposition socialiste, Pedro Nuno Santos, qui l'a accusé de "mêler politique et affaires" en touchant de l'argent d'entreprises privées après son entrée en fonctions.
- "Fatigués d'élections" -
Toutefois, les études d'opinion montrent que "l'électorat portugais affiche une certaine tolérance face à ce genre de question, et celle-ci n'a clairement pas pris l'ampleur que l'opposition espérait", note la politologue Filipa Raimundo, de l'Institut universitaire de Lisbonne ISCTE.
La coalition gouvernementale de droite modérée, l'Alliance démocratique (AD), était ainsi créditée de 34% des intentions de vote, contre 26% pour le Parti socialiste (PS), selon le dernier sondage publié par les médias locaux.
Le parti d'extrême droite Chega ("Assez") pourrait recueillir 19% des voix, un peu plus que son score aux législatives de mars 2024, et ainsi consolider son statut de troisième force politique du pays.
D'après ce même sondage, l'AD de Luis Montenegro pourrait obtenir jusqu'à 95 sièges sur 230 et resterait donc en deçà du seuil de 116 députés synonyme de majorité absolue.
Comme le Premier ministre a toujours refusé de gouverner avec le soutien de l'extrême droite, il espère arriver à former une majorité plus solide en scellant un accord avec la formation Initiative libérale, créditée de 7% des intentions de vote.
"Je sais que les Portugais sont fatigués des élections et qu'ils sont les premiers à vouloir la stabilité", a fait valoir M. Montenegro, jusqu'ici pris en tenaille par l'extrême droite et le Parti socialiste, battu de justesse en 2024 après huit années au pouvoir.
"Nous avons besoin d'un leadership stable (...) qui nous permette de surmonter les incertitudes et les adversités qui viennent de l'extérieur", a-t-il souligné en s'adressant aux électeurs encore indécis.
- "Excès d'immigration" -
Dans les rues de Lisbonne, de nombreux Portugais se disent déçus par leurs dirigeants et lassés d'être appelés aux urnes.
"C'est trop! On a de nouvelles élections après un an et la situation restera exactement la même", se désole José Silveira, 56 ans, derrière le comptoir de sa boutique d'artisanat du centre de Lisbonne.
"J'espère qu'il en sortira une majorité absolue, pour que nous ayons un peu de stabilité", témoigne Fatima Lopes, ingénieure de 61 ans employée dans une mairie, qui a "plutôt aimé" l'action du gouvernement sortant.
Pedro Vaz, vendeur de jus de fruits de 49 ans, n'est pas du même avis. "Nous allons un peu moins bien qu'avant sur certains aspects", estime-t-il en se disant préoccupé par "l'excès d'immigration", alors que le Portugal a vu sa population étrangère quadrupler depuis 2017.
L'immigration et l'éthique des responsables politiques sont des thèmes chers à l'extrême droite, qui a connu une croissance fulgurante depuis la fondation de Chega, en 2019.
La dernière ligne droite de la campagne de son président André Ventura, un ancien commentateur de football de 42 ans, a cependant été perturbée par deux malaises dont il a été victime devant les caméras de télévision.
J.Marty--VB