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L'ex-président gabonais Ali Bongo et sa famille en Angola
L'ancien président gabonais Ali Ondimba, qui était en résidence surveillée à Libreville depuis le coup d'Etat d'août 2023 l'ayant chassé du pouvoir, est arrivé dans la nuit de jeudi à vendredi en Angola avec son épouse et son fils, a annoncé la présidence angolaise.
"La famille a été libérée et vient d'arriver à Luanda", indique un communiqué sur la page Facebook de la présidence angolaise.
Ali , dont la famille a dirigé pendant 55 ans le Gabon, avait été renversé le 30 août 2023 par le général Brice Clotaire Oligui Nguema et était depuis assigné à résidence dans la capitale Libreville.
La présidence angolaise a également publié des photographies montrant l'ancien dirigeant accueilli à l'aéroport de Luanda, mais pas sa femme, ni son fils.
Cette libération fait suite à des contacts entre le président angolais Joao Lourenço et Brice Oligui Nguema, élu président du Gabon en avril avec près de 95% des voix, précise le communiqué, sans donner de détails.
-"Séquestration"-
L'épouse d'Ali , Sylvia , 62 ans, et son fils Noureddin, 33 ans, emprisonnés dans l'attente de leur procès pour détournement de fonds publics, avaient été récemment libérés et également placés sous résidence surveillée, selon plusieurs médias gabonais.
Dans un communiqué, les avocats français de la famille Bongo, François Zimeray, Catalina de la Sota et Pierre-Olivier Sur, ont déclaré: "Cette libération est le fruit de longs efforts tant sur le plan judiciaire que diplomatique. Après vingt mois d'une séquestration aussi arbitraire que cruelle accompagnée de tortures, la famille est enfin réunie autour de l'ancien président Ali Bongo".
Toutefois, à Libreville, le parquet a tenu à préciser que l'épouse et son fils se trouvent actuellement sous un régime de liberté provisoire en attendant leur procès pour détournement de fonds publics. Leur remise en liberté "n'interrompt nullement le cours normal de la procédure qui se poursuivra jusqu'à la tenue d'un procès juste, transparent, équitable et dans les délais raisonnables".
Le général Oligui, ex-chef d'une junte militaire, a prêté serment début mai après un scrutin pour lequel les observateurs internationaux n'ont signalé aucune irrégularité majeure.
Le principal rival du général Oligui, Alain-Claude Bilie By Nze, dernier Premier ministre sous M. Bongo, a jugé que la libération de la famille démontre que sa détention "ne respectait pas le cadre de la loi et de la justice".
"Le président Oligui Nguema n'a pas fait preuve de clémence: il a dû s'incliner face aux exigences internationales après ce que tout le monde a compris comme un abus de pouvoir", a-t-il déclaré.
Les avocats de l'épouse d'Ali Bongo, née en France, et de son fils ont affirmé plusieurs fois qu'ils avaient subi des tortures pendant leur détention.
Plusieurs médias gabonais avaient récemment rapporté qu'ils avaient été transférés de cellules situées dans une annexe de la présidence vers une résidence familiale à Libreville.
Un député du parlement gabonais de transition, Geoffroy Foumboula Libeka, a qualifié le transfert de la famille, "au milieu de la nuit et dans un silence total", de "véritable honte pour les premiers jours" du nouveau gouvernement.
"Où est la souveraineté du Gabon?", s'est-il interrogé sur les réseaux sociaux, accusant la libération de la famille Bongo d'être "le prix à payer" pour la réintégration du Gabon au sein de l'Union africaine (UA), actuellement présidée par Joao Lourenço.
L'UA a annoncé le 30 avril avoir levé les sanctions contre le Gabon, qui avait été suspendu de l'organisation après le coup d'État.
- Santé précaire -
Ce pays de 2,3 millions d'habitants souffre d'un chômage élevé, de coupures régulières d'électricité et d'eau, ainsi que d'une lourde dette publique malgré sa richesse pétrolière.
La présidence gabonaise avait annoncé lundi sur les réseaux sociaux que M. Lourenço avait rencontré M. Oligui à Libreville. Les deux hommes ont évoqué la levée des sanctions après la réintégration du Gabon au sein de l'UA.
Âgé de 66 ans, Ali Bongo, dont l'état de santé serait précaire, était arrivé au pouvoir en 2009, succédant à son père, Omar Bongo Ondimba, président pendant 41 ans.
En 2016, il avait été réélu de justesse pour un second mandat avec quelques milliers de voix d'avance, battant le candidat de l'opposition Jean Ping après une campagne marquée par des affrontements sanglants et des accusations de fraude.
Ali Bongo avait été victime d'un AVC en octobre 2018 lors d'une visite en Arabie saoudite, suscitant des spéculations sur sa santé et sa capacité à gouverner.
Ali Bongo a dirigé le Gabon durant 14 ans jusqu'à son renversement, quelques instants après avoir été proclamé vainqueur d'une élection présidentielle que l'armée et l'opposition avaient déclarée frauduleuse.
G.Frei--VB