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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Avant sa nomination, le PDG d'EDF tente de déminer le terrain et fixe ses priorités pour une électricité "compétitive"
Bernard Fontana, le candidat choisi par l'Elysée pour prendre la tête d'EDF, compte pacifier les relations avec les grands clients industriels tout en répondant au défi financier et industriel du chantier du nouveau nucléaire, a-t-il déclaré lors de son oral devant le Parlement qui a validé sa nomination mercredi.
M. Fontana est passé successivement au gril des questions des députés et sénateurs des commissions des Affaires économiques de chacune des deux assemblées. Toutes deux donné leur feu vert à sa nomination, avec un total cumulé de 55 voix pour et de 40 voix contre, notamment des Ecologistes et de la France insoumise.
Mais il reste une étape: un décret présidentiel devra avaliser la nomination, après une assemblée générale d'EDF le 5 mai.
"Je mesure bien les défis qui attendent le futur président-directeur général d'EDF et je m'engagerai avec détermination dans ce nouveau challenge", a déclaré au Sénat M. Fontana, un peu plus d'un mois après le départ brutal de l'actuel PDG Luc Rémont, que l'Elysée n'a pas souhaité reconduire à son poste.
Entre EDF et l'Etat actionnaire, de nombreux différends s'étaient accumulés: maîtrise du programme de construction de réacteurs EPR2, part de l'Etat dans leur financement et bras de fer sur les prix de l'électricité avec les industriels énergivores.
L'objectif est de fournir "une électricité compétitive à l'ensemble des consommateurs français et plus particulièrement aux industriels", a dit M. Fontana.
Message reçu cinq sur cinq par les industriels regroupés dans le consortium Exeltium, qui achètent ensemble leur électricité pour maintenir des prix abordables. "Nous attendons avec impatience de reprendre les discussions et souhaitons les voir aboutir avant l'été" a déclaré à l'AFP le porte-parole d'Exeltium.
D'emblée, en déclinant ses cinq priorités pour EDF, M. Fontana a voulu se montrer à l'écoute des problématiques de compétitivité de l'industrie, dont l'énergie est un élément déterminant.
"J'aime l'industrie", "je les connais bien", a-t-il lancé après avoir décliné son itinéraire professionnel passé par les plus grandes industries électro-intensives - chimie, sidérurgie, ciment.
"Je serai particulièrement attentif à identifier rapidement les marges de manœuvre possibles pour conclure des contrats avec eux", a-t-il ajouté. Les industriels demandent à EDF de modérer ses conditions tarifaires.
Alors que son prédécesseur avait ulcéré les industriels en annonçant vouloir vendre de l'électricité aux enchères - notamment à destination des centres de données énergivores -, M. Fontana veut rassurer: "il faut d'abord servir nos collègues, nos partenaires électro-intensifs".
- Priorité au nucléaire -
La première priorité restera de "poursuivre le rétablissement de la production du parc nucléaire" pour atteindre 400 térawatts en 2030. M. Fontana compte notamment "augmenter la puissance là où c'est possible".
Il s'agit aussi de "maîtriser les délais et les coûts du programme de relance du nucléaire", annoncé en 2022 par Emmanuel Macron, avec la construction de six réacteurs EPR2 et une option pour huit autres. "Ce programme est nécessaire pour faire face à l'inévitable effet de vieillissement du parc nucléaire", a dit M. Fontana, alors que des parlementaires s'interrogent.
Autre "grande priorité": relancer l'investissement dans les barrages. "La ligne rouge à ne pas franchir est la mise en concurrence des installations", a-t-il dit, même si c'est ce que demande Bruxelles.
Tout cela, en assurant "la soutenabilité de la trajectoire financière de l'entreprise", toujours lestée d'une dette abyssale de 54,3 milliards d'euros.
"Equation impossible", a opposé le rapporteur de la commission à l'Assemblée nationale Matthias Tavel (LFI).
Pour le député, il y a injonctions contradictoires, entre "le besoin de rentabilité, notamment pour financer la filière nucléaire à la demande du gouvernement" et le fait de proposer une électricité à des prix bas pour les ménages et pour les entreprises, "quitte à vendre à perte".
Dans ses réponses, M. Fontana a dit vouloir donner la "priorité aux investissements en France". Quant à la part allouée aux renouvelables, il a démenti vouloir devenir "le président-directeur général d'électricité nucléaire de France", une formule du rapporteur, "mais bien d'EDF avec toutes ses autres composantes".
Il prévoit de mener à terme les projets d'éolien en mer déjà attribués en France, mais aussi d'avoir une "compréhension plus fine de ces formes d'énergie".
"Il faudra aussi être attentif à la stabilité d'ensemble du système", a-t-il dit, un sujet au coeur des débats après la mégapanne en Espagne et au Portugal cette semaine.
L.Stucki--VB