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ALEX BODI ȘI AMBASADORUL REPUBLICII SUDANUL DE SUD, GUM DOMINIC MATIOK, DISCUTĂ LA BERLIN DESPRE POSIBILITATEA ÎNFIINȚĂRII UNUI CONSULAT ONORIFIC LA BUCUREȘTI
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Des shampoings aux aspirateurs, le petit commerce souffre des droits de douane de Trump
Prix des matières premières en hausse, clients moins dépensiers: dans sa petite boutique de farces et attrapes à Los Angeles, Patricia Loperena subit de plein fouet les conséquences de la guerre commerciale lancée par Donald Trump, un marqueur de ses 100 premiers jours de mandat.
"Tout a augmenté", affirme à l'AFP Mme Loperena, qui vend surtout des piñatas, ces effigies en papier que l'on détruit à coups de bâtons pour en faire sortir des sucreries, une tradition d'Amérique centrale très populaire.
"Les gens arrêtent de dépenser et au lieu de faire une grande fête, ils en font une plus petite", précise la cheffe d'entreprise de 45 ans, qui a lancé son affaire avec sa famille il y a plus de dix ans.
Depuis son retour au pouvoir, Donald Trump a annoncé puis mis en pause des droits de douane. Actuellement, 10% de surtaxes sont en place pour la majorité des pays du monde mais le taux monte à 145% pour les produits chinois. Pékin a répondu par une surtaxe de 125% sur les biens américains.
Dans ce contexte, Patricia Loperena a dû s'adapter: elle a notamment anticipé, passant des commandes pour ses stocks avant la mise en place des droits de douane. Mais son fournisseur l'a averti: sa prochaine commande lui coûtera plus cher.
Dans sa boutique de Granada Hills, dans le nord de Los Angeles, les commandes se font plus rares que l'année précédente. "Les gens savent que tout est imprévisible, donc ils veulent être plus prudents", dit-elle.
- "Ça va empirer" -
Plusieurs petits commerçants se retrouvent dans la même situation que Mme Loperena et ont du mal à suivre les annonces fluctuantes de Donald Trump.
"Tout vient de l'étranger, de Chine, de Taïwan", affirme Angel de Luna dans sa boutique de machines à coudre et d'aspirateurs, qui tourne surtout grâce à la réparation et au service client plutôt qu'aux ventes.
Pour le jeune homme de 28 ans, qui doit déjà faire face à la rude concurrence du commerce en ligne, les droits de douane sont la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
"Nous résistons comme nous le pouvons", raconte-t-il, mais "ça va probablement empirer".
Un constat partagé par OJ Longmire, qui gère un salon de coiffure. Les droits de douane "nous touchent tous", assure le barbier de 46 ans.
Les lotions, équipements ou encore shampoings qu'il utilise "ne sont pas produits aux Etats-Unis", souligne celui qui a lancé son commerce en pleine pandémie de Covid-19. "Maintenant, nous devons faire attention à la façon dont nous les utilisons".
"Aujourd'hui, ces nouveaux droits de douane compliquent tout", relève-t-il.
- "Beaucoup d'ennemis" -
L'incertitude autour de ces surtaxes "rend fou" Marcos Ochoa, 67 ans, qui vend des produits et outils de jardinage.
"Vous ne savez pas à quoi vous attendre, vous ne savez pas si vous allez payer plus cher", résume celui qui importe principalement ses produits du Japon et d'Europe.
Pour l'instant, il n'a pas vu d'augmentation des prix et pense qu'il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions.
Mais, selon lui, Donald Trump "devrait penser à ce qu'il va dire ou faire avant d'agir de manière automatique. Il doit se calmer un peu".
Lui qui a voté pour le républicain à la présidentielle de novembre, car il le trouvait bon pour le commerce, s'attendait à des droits de douane, mais pas aussi "élevés".
Trump "était bon il y a quatre ans, mais maintenant, je ne sais pas", poursuit-il. "Il s'est fait beaucoup d'ennemis, ça c'est sûr".
T.Zimmermann--VB