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Ukraine: les Américains s'impatientent, nouvelles frappes meurtrières russes
Le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a brandi vendredi la menace de la sortie de Washington des négociations en vue de mettre fin aux hostilités en Ukraine, alors que les discussions séparées avec Kiev et Moscou patinent.
En parallèle, de nouvelles frappes russes nocturnes ont fait au moins deux morts et des dizaines de blessés dans les villes de Kharkiv et Soumy, selon les autorités ukrainiennes.
Jeudi, Américains, Européens et Ukrainiens s'étaient retrouvés à Paris pour tenter de se coordonner sur la position à adopter face à Moscou pour permettre la fin de l'invasion russe en cours depuis février 2022.
Après avoir participé à cette réunion, le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio, a verbalisé l'impatience de Washington: "Nous devons déterminer dans les prochains jours si (la paix) est faisable ou non".
Il a menacé de "passer à autre chose" si les Etats-Unis venaient à établir que la paix "n'est pas possible", contrastant avec les propos de Donald Trump qui promettait pendant sa campagne électorale de mettre fin à la guerre en Ukraine en 24 heures.
"Les Etats-Unis ont d'autres priorités", a lancé M. Rubio à son départ de France, affirmant que Washington ne voulait pas que le dossier ukrainien traîne pendant "des semaines et des mois".
Après ces premières discussions dans ce format collectif qui n'ont pas permis d'avancée majeure, Américains, Européens et Ukrainiens doivent se retrouver la semaine prochaine à Londres.
"Le Royaume-Uni, la France et l'Allemagne peuvent nous aider, faire avancer les choses et nous rapprocher d'une résolution", a tout de même souligné Marco Rubio.
- Que "toutes les parties s'engagent" -
La veille, la présidence ukrainienne et le chef de l'Etat français Emmanuel Macron avait qualifié de "positive" et "constructive" la discussion qui visait à se coordonner sur l'attitude à adopter face à la Russie.
Or, depuis deux mois, Donald Trump a effectué un revirement spectaculaire et inattendu avec la Russie, utilisant à plusieurs reprises la rhétorique de Moscou notamment sur les origines du conflit, faisant craindre à Kiev pour le précieux soutien militaire américain.
Les Européens ont, eux, été jusque-là mis à l'écart des négociations impulsées par Washington.
Certains, Emmanuel Macron en tête, poussent l'idée de la mise en place future d'un contingent de la paix européen en Ukraine une fois un éventuel cessez-le-feu établi, mais cette option divise parmi les alliés de Kiev et reste une ligne rouge pour Moscou.
Les Etats-Unis "ont compris qu'une paix juste et durable (...) ne peut être atteinte qu'avec le consentement et la contribution des Européens", a affirmé le chef de la diplomatie française, Jean-Noël Barrot, sur la chaîne LCI, à l'issue des discussions jeudi.
De son côté, Marco Rubio a appelé son homologue russe Sergueï Lavrov pour lui transmettre le "même message" qu'aux Européens et aux Ukrainiens: "la paix est possible si toutes les parties s'engagent à parvenir à un accord".
Jusqu'à maintenant, les efforts de l'administration Trump pour obtenir un cessez-le-feu complet n'ont pas abouti et le Kremlin a accusé jeudi les Européens de vouloir "la poursuite de la guerre". En mars, Vladimir Poutine avait rejeté la demande de Washington d'arrêt total des combats pour 30 jours, une option validée par Volodymyr Zelensky.
- Dizaines de blessés -
En Ukraine, les attaques russes ne faiblissent pas. Une personne est morte et au moins 87 blessées, dont six enfants, dans une attaque de missile contre Kharkiv, selon un dernier bilan du gouverneur régional.
Le président Volodymyr Zelensky a dénoncé sur les réseaux sociaux des "moqueries" russes en ce jour de Vendredi saint pour les chrétiens.
A Soumy, où 35 personnes ont péri dimanche dans une double-frappe de l'armée russe, une nouvelle attaque de drones a fait un mort et un blessé, a par ailleurs indiqué l'administration militaire locale.
En parallèle, Américains et Ukrainiens ont signé jeudi un "mémorandum d'intention", première étape visant à conclure un accord complexe sur l'accès aux ressources naturelles et aux minerais critiques de l'Ukraine.
Publié vendredi par Kiev, le mémorandum précise que le Premier ministre ukrainien Denys Chmygal se rendrait la semaine prochaine à Washington pour des négociations et assure qu'Américains et Ukrainiens visent à conclure leur négociations sur l'accord d'ici le 26 avril.
La veille, Donald Trump avait dit que l'accord bilatéral serait signé "jeudi prochain".
Une précédente mouture de ce document aurait dû être signée le jour de la visite de Volodymyr Zelensky à la Maison Blanche fin février, mais son altercation inédite avec le président américain avait précipité son départ sans signature de l'accord.
F.Fehr--VB