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Roi ou Empereur, la galaxie MAGA rêve de garder Trump
Président Donald Trump. Et pourquoi pas le Roi Trump ou Donald César? Cette idée, drastiquement antinomique au regard de l'histoire américaine, commence à trotter dans les têtes à Washington, depuis le début du deuxième mandat du milliardaire républicain le 20 janvier.
Bien sûr, ses soutiens les plus radicaux du mouvement MAGA, Make America Great Again, rêvent de voir ce destin se réaliser. L'ancien promoteur immobilier lui-même commence à l'évoquer.
"Longue vie au roi", a signé mercredi Donald Trump, en lettres capitales, dans un message vantant l'offensive de son gouvernement pour abolir le péage urbain de New York, la ville où il est né.
Puis la Maison Blanche a publié une fausse couverture de magazine sur son compte officiel sur X, répétant le slogan, "long live the king" en anglais, avec le dessin d'un Donald Trump souriant, couronne en or sur la tête, devant la skyline de Manhattan.
Le milliardaire de 78 ans a plusieurs fois évoqué l'idée d'effectuer plus de deux mandats, pourtant inconstitutionnelle.
Appréciée comme une boutade lors de son premier mandat, sa suggestion a paru moins incongrue quand il a refusé de reconnaître sa défaite à l'élection de 2020 face à Joe Biden, une séquence tendue pour la démocratie américaine, culminant avec l'attaque de ses partisans contre le Capitole.
Son deuxième mandat a commencé sur les chapeaux de roue, avec un recours inédit au pouvoir exécutif -à coups de nombreux décrets- et enchanté ses supporters les plus fidèles. Le premier d'entre eux, l'homme le plus riche du monde, Elon Musk, a d'ailleurs été mis à contribution pour mener une vaste offensive de coupes budgétaires.
Alors ses partisans en veulent encore.
- "Figure à la Jules César" -
"Nous adorons l'idée de voir Trump comme notre figure à la Jules César", a confié Shane Trejo à des journalistes depuis la convention CPAC, grand-messe des conservateurs américains organisée près de Washington.
M. Trejo, membre d'un groupe baptisé "Les Républicains pour un Renouveau National", se tenait près d'une affiche d'un Donald Trump en empereur romain, couronne de laurier et toge.
Filant ses métaphores impériales, il a également décrit le président américain comme une "figure Napoléonienne", capable de mener "notre pays de la perdition à la grandeur".
Son groupe tente de faire adopter par le Congrès un amendement à la Constitution pour supprimer la limite des deux mandats.
Selon l'élu républicain du Tennessee, qui a introduit la proposition, Andy Ogles, Donald Trump est "le seul personnage dans l'histoire moderne capable de renverser notre nation en déclin et de restaurer à l'Amérique sa grandeur". M. Ogles estime ainsi qu'il doit rester plus longtemps au pouvoir.
Amender la Constitution est quasiment impossible, notamment sur une telle proposition: il faut réunir deux tiers des voix de la Chambre des Représentants et du Sénat.
Mais "Les Républicains pour un Renouveau National" ont une autre idée: faire comme en Russie, quand Vladimir Poutine est devenu, pendant un mandat, le Premier ministre de Dmitri Medvedev.
Dans la copie américaine, le fils de l'ex-magnat de l'immobilier, Donald Trump Jr. "pourrait se présenter", avec son père comme colistier. Il démissionnerait au lendemain de son investiture, le 21 janvier 2028, remplacé par Donald Trump.
"Ce plan, bien que peu orthodoxe, montrerait que MAGA ne peut pas être arrêté par des règles de procédure", défend le groupe, sur un site internet satellite.
Autre soutien de poids pour prolonger l'aventure Trump, son ex-conseiller, Steve Bannon. "Nous voulons Trump en 2028", a dit cet idéologue d'extrême droite, lors de la convention CPAC. "Un homme comme Trump, ça n'arrive qu'une ou deux fois dans l'histoire d'un pays", a-t-il dit, encensant le milliardaire républicain.
A la fin de son discours, Steve Bannon a tendu le bras droit, rappelant le geste d'Elon Musk. M. Bannon a contesté toute allusion nazie.
Donald Trump, lui, ne fait rien pour dissiper les doutes quant à ses futures intentions. Il a même enfoncé le clou jeudi, lors d'un événement à la Maison Blanche.
"Devrais-je me représenter?", a-t-il demandé.
"Quatre ans de plus", a répondu la foule.
Aucune chance, selon le 22e amendement à la Constitution américaine; ratifié en 1951. Mais Donald Trump, qui raffole des polémiques, est persuadé que le costume lui sied bien.
"Celui qui sauve sa patrie ne viole aucune loi", avait-il écrit sur son réseau Truth Social la semaine dernière.
Une citation attribuée à Napoléon Bonaparte. Lui s'était couronné empereur en 1804.
B.Wyler--VB