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Sécurité européenne, Ukraine : réunion à Paris, l'Europe à "un tournant"
La sécurité européenne est à "un tournant", a affirmé la présidente de la Commission Ursula von der Leyen à son arrivée à Paris, où des dirigeants de pays de l'UE et le chef de l'Otan se réunissent pour tenter de présenter un front commun face aux initiatives américaines sur l'Ukraine.
"Je viens d'arriver à Paris pour des discussions cruciales. La sécurité de l'Europe est à un tournant", a écrit Mme von der Leyen sur X.
Cette réunion inaugure un vaste ballet diplomatique sur le conflit ukrainien qui se poursuivra avec des pourparlers prévus pour mardi en Arabie saoudite entre hauts responsables russes et américains. Ceux-ci visent au "rétablissement" des relations entre Moscou et Washington et concerneront aussi de "possibles négociations sur l'Ukraine", selon le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov.
Une rencontre pourrait intervenir "très bientôt" entre Vladimir Poutine et Donald Trump, qui se sont déjà entretenus au téléphone ces derniers jours, a affirmé le président américain, dont le secrétaire d'Etat Marco Rubio est arrivé à Ryad lundi matin.
Le chef de l'Etat ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a prévenu lundi que son pays "ne reconnaîtrait" aucun accord conclu sans elle sur son avenir, se rendra également en Arabie Saoudite, mercredi, après un déplacement la veille en Turquie. L'émissaire spécial Keith Kellogg, chargé de la préparation d'un plan pour mettre fin au conflit avec la Russie, ira, quant à lui, en Ukraine jeudi.
- Rencontre entre Starmer et Tump -
Le Premier ministre Keir Starmer a pour sa part fait savoir qu'il rencontrerait "dans les prochains jours" Donald Trump.
Le Royaume-Uni, qui aimerait jouer un rôle de facilitateur entre les Etats-Unis et les Européens, s'est dit prêt dimanche à dépêcher "si nécessaire" des troupes en Ukraine pour "contribuer aux garanties de sécurité".
La Suède a également affirmé lundi ne "pas exclure" le déploiement de soldats si les négociations permettent d'installer "une paix juste et durable".
En revanche, le Premier ministre polonais Donald Tusk, un fort soutien de Kiev, a assuré lundi avant son départ pour la réunion de Paris que la Pologne n'enverrait pas de militaires en Ukraine.
Comme l'Espagne, l'Allemagne juge de son côté "prématurées" les discussions sur l'éventuel envoi de troupes en Ukraine, souhaitant "d'abord attendre de voir si et comment la paix, comme nous l'espérons, s'instaure en Ukraine".
- Rapprochement russo-américain -
Une conférence sur la Sécurité s'est achevée dimanche à Munich en Allemagne où le discours hostile du vice-président américain J.D. Vance à l'encontre des alliés des Etats-Unis a sidéré les Européens.
Dimanche, un conseiller du président français Emmanuel Macron a fait part de la "nécessité pour les Européens de faire plus, mieux et de manière cohérente pour notre sécurité collective".
Seront présents à la réunion de lundi présentée comme informelle : M. Macron, les chefs de gouvernement de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Italie, de la Pologne, de l'Espagne, des Pays-Bas et du Danemark, ainsi que le président du Conseil européen, la présidente de la Commission européenne et le secrétaire général de l'Otan.
La Hongrie a de son côté fustigé "des dirigeants européens frustrés, pro-guerre et anti-Trump (qui) se réunissent pour empêcher un accord de paix en Ukraine".
Pour le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, l'Europe n'a pas sa place dans les futures négociations impliquant la Russie et les Etats-Unis pour mettre fin au conflit en Ukraine, car elle veut "continuer la guerre".
Les relations transatlantiques traversent une passe délicate, les initiatives de Donald Trump inquiétant les Européens, qui craignent d'être exclus d'un processus sur un dossier les concernant au premier chef.
- Garanties de sécurité -
L'Ukraine entre le 24 février dans la quatrième année de la guerre déclenchée par l'invasion à grande échelle par la Russie.
Ursula von der Leyen et son équipe de commissaires européens se rendront en Ukraine, pour marquer l'anniversaire de cette attaque.
Volodymyr Zelensky a exhorté les Européens à éviter un accord forgé par les Américains "dans le dos" de Kiev et de l'Europe.
Le chef de la diplomatie française Jean-Noël Barrot a affirmé dimanche que l'Europe avait besoin d'un "vrai réveil, et même un bond en avant, pour prendre notre place dans la sécurité du continent européen".
"D'une manière ou d'une autre, nous participerons aux discussions" sur l'Ukraine, a-t-il encore martelé, alors que M. Kellogg a laissé entendre le contraire à Munich.
"Je fais partie de l'école réaliste, je pense que ça ne va pas se produire", a commenté l'Américain, qui devait rencontrer le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte lundi matin à Bruxelles.
F.Fehr--VB