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Réunion "courtoise" entre Biden et Trump, qui continue à former son équipe
Un ton courtois entre deux hommes qui se détestent: Joe Biden a reçu mercredi Donald Trump à la Maison Blanche, où le républicain, désormais fort d'un contrôle total du Congrès, s'installera pour de bon le 20 janvier.
Le président élu a continué mercredi d'annoncer les nominations à marche forcée, en confiant les postes clé à des fidèles pour certains très controversés, comme l'élu de droite radicale Matt Gaetz qu'il veut voir diriger le ministère de la Justice.
Après une poignée de main avec le chef d'Etat sortant dans le Bureau ovale, le 45e et bientôt 47e président américain a déclaré que la transition serait "la plus fluide qui soit".
Les deux hommes, assis auprès d'un feu de cheminée, ont fait de très courtes déclarations avant de se réunir pendant près de deux heures avec leurs chefs de cabinet respectifs.
"Nous ferons tout ce qui est possible pour être sûrs que vous ayez tout ce dont vous avez besoin", a dit Joe Biden, qui ces dernières années a très souvent qualifié Donald Trump de danger pour la démocratie américaine.
Il lui a souhaité un "bon retour" dans le plus célèbre bureau du monde, que Donald Trump a déjà occupé de 2017 à 2021.
"La politique c'est dur, et souvent ce n'est pas un monde très agréable. Mais c'est un monde agréable aujourd'hui et je suis reconnaissant", a lancé le républicain, auteur du plus extraordinaire come-back de l'histoire politique récente avec son éclatante victoire à la présidentielle du 5 novembre.
- Appel à soutenir l'Ukraine -
La réunion a été "très cordiale" et "très courtoise" ainsi qu'"incroyablement substantielle", selon la porte-parole de la Maison Blanche Karine Jean-Pierre, qui n'a pas donné beaucoup d'indications sur la teneur des discussions.
Le président sortant "a souligné que, selon lui, le soutien continu des Etats-Unis à l'Ukraine (était) dans l'intérêt de notre sécurité nationale", a toutefois indiqué Jake Sullivan, conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche.
Joe Biden met un point d'honneur à respecter tous les usages démocratiques que son prédécesseur, et désormais aussi successeur, avait dynamités.
Donald Trump, qui n'a cessé de contester sa défaite en 2020 face à Joe Biden, n'a jamais invité le démocrate à la Maison Blanche pour cette réunion traditionnelle de passation, et a ensuite boudé la cérémonie d'investiture du 20 janvier 2021.
Le républicain pourrait démanteler une bonne partie du bilan de Joe Biden, surtout qu'il dispose désormais d'une confortable maîtrise des leviers du pouvoir.
Le Parti républicain a en effet conservé sa majorité à la Chambre des représentants, après avoir pris le contrôle du Sénat, l'autre composante du Congrès.
Donald Trump peut aussi compter sur une Cour suprême solidement ancrée à droite, qui avait reconnu en juillet une large présomption d'immunité pénale aux présidents des Etats-Unis.
Il a enchaîné ces derniers jours les nominations, pour certaines fracassantes, ainsi celle de l'homme le plus riche du monde, Elon Musk, à la tête d'une commission chargée de tailler dans la dépense publique.
- La droite dure à la Justice -
Mercredi, Donald Trump a annoncé confier la direction du renseignement à Tulsi Gabbard, transfuge du Parti démocrate et ancienne militaire, connues pour des prises de positions favorables à la Russie et au président syrien Bachar al-Assad.
Mais l'annonce la plus marquante a été celle de l'élu de Floride Matt Gaetz, fidèle parmi les fidèles, pour le poste ultra sensible de ministre de la Justice. Accusé d'avoir eu une relation sexuelle avec une mineure, ce représentant de la droite dure a toujours nié, se disant victime de l'establishment.
"Matt mettra fin à l'instrumentalisation de notre administration", a affirmé Donald Trump, lui-même condamné au pénal, qui accuse le ministère de la Justice actuel d'avoir fomenté une "chasse aux sorcières" à son égard, et qui a menacé pendant sa campagne de poursuivre ses opposants politiques.
Donald Trump a aussi confirmé mercredi sa volonté de confier au sénateur de Floride Marco Rubio, tenant d'une ligne dure face à la Chine, le poste de chef de la diplomatie.
Le président élu s'était d'abord rendu mercredi devant des parlementaires républicains, auprès desquels il a évoqué l'hypothèse de se représenter à la Maison Blanche à l'issue de son second mandat, ce qui est interdit par la Constitution américaine.
"Je pense que je ne me représenterai pas, à moins que vous ne vous disiez +il est bon, nous devons envisager autre chose+", a-t-il déclaré sous les rires de l'assistance.
E.Gasser--VB