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Zelensky rencontre le pape avant de s'envoler pour Berlin
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a rencontré vendredi matin le pape François au Vatican dans le cadre d'une tournée européenne éclair visant à obtenir davantage de soutien face à l'invasion russe.
Il s'agit de la deuxième audience privée accordée par le pape au président ukrainien au Vatican après un entretien de 40 minutes en mai 2023, mais les deux hommes s'étaient également rencontrés en juin lors du sommet du G7 dans le sud de l'Italie.
Depuis l'invasion de l'Ukraine par Moscou début 2022, François a multiplié les prières pour l'Ukraine "martyrisée", en vain. Mais il avait aussi provoqué une crise diplomatique entre Kiev et le Saint-Siège en mars après avoir appelé l'Ukraine à "hisser le drapeau blanc et à négocier".
M. Zelensky est attendu vendredi à Berlin, où il s'entretiendra avec le chancelier Olaf Scholz, dont le gouvernement a prévu de réduire de moitié en 2025 la somme allouée aux aides militaires bilatérales destinées à l'Ukraine, au grand dam de Kiev.
Après de premières étapes à Londres et Paris, où il a démenti toute discussion sur un quelconque cessez-le-feu, Volodymyr Zelensky s'est entretenu jeudi soir à Rome avec la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni.
Mme Meloni a annoncé dans la foulée que l'Italie accueillerait les 10 et 11 juillet 2025 la prochaine conférence sur la reconstruction de l'Ukraine.
"L'Ukraine n'est pas seule, et nous serons à ses côtés aussi longtemps que nécessaire", a-t-elle assuré.
L'Italie soutient fermement Kiev en envoyant de l'aide et des armes, tout en considérant que ces dernières ne doivent être utilisées qu'à l'intérieur du territoire ukrainien.
- De l'aide avant l'hiver -
Emmanuel Macron a pour sa part assuré que l'aide de la France se poursuivait "conformément à ses engagements".
La tournée européenne de M. Zelensky a lieu alors que les forces russes continuent à progresser dans l'est de l'Ukraine.
Par ailleurs, des frappes nocturnes russes ont tué quatre personnes, dont une adolescente, et en ont blessé dix autres dans la région côtière d'Odessa, dans le sud du pays.
Cette tournée intervient aussi à moins d'un mois de la présidentielle américaine, dont l'issue incertaine fait craindre, à Kiev, pour la pérennité du soutien américain.
Les conséquences d'une éventuelle victoire de Donald Trump ont pour autant été minimisées par le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, jeudi à Londres. "Arrêtez de vous inquiéter d'une présidence Trump", a-t-il lancé.
"Je suis absolument convaincu que les Etats-Unis seront partie prenante, parce qu'ils comprennent que ce n'est pas seulement de l'Ukraine qu'il s'agit mais aussi d'eux-mêmes", a-t-il ajouté.
- "Plan de victoire" -
Comme à Paris et à Rome, le président Zelensky a présenté jeudi à Londres les détails de son "plan de victoire" face à la Russie au Premier ministre britannique Keir Starmer et à Mark Rutte.
Ce plan "vise à créer les conditions propices pour une fin juste de la guerre", a-t-il affirmé. "L'Ukraine ne peut négocier qu'en ayant une position forte".
Ce plan doit être dévoilé lors d'un deuxième sommet pour la paix, attendu en novembre, mais dont la date n'a pas été confirmée par Kiev.
M. Zelensky a de nouveau insisté jeudi sur "la nécessité d'obtenir l'autorisation de frapper profondément sur le territoire russe" avec les armes à longue portée, fournies notamment par le Royaume-Uni, l'un des plus importants soutiens de son pays.
Le dirigeant réclame depuis des mois l'autorisation d'utiliser les missiles à longue portée Storm Shadow britanniques pour frapper la Russie.
M. Rutte a déclaré à la presse que "légalement, l'Ukraine est autorisée à utiliser ses armes, si elles peuvent viser des cibles en Russie, dans la mesure où ces cibles représentent une menace pour l'Ukraine". Mais la décision incombe aussi "à chaque allié individuellement", a-t-il nuancé.
L'institut de recherche allemand Kiel Institute a alerté jeudi sur une possible chute de l'aide occidentale à l'Ukraine en 2025.
Selon ses projections, les aides militaire et financière s'élèveraient respectivement à 59 et 54 milliards d'euros en 2025 si les donateurs occidentaux maintenaient leur niveau d'aide. A contrario, elles chuteraient de moitié, à 29 et 27 milliards d'euros, sans nouvelle aide américaine et si les donateurs européens s'alignaient sur l'Allemagne.
A.Kunz--VB