-
Canal+ fait un pas dans le sport gratuit pour attirer de la pub et des abonnés
-
Affaire Epstein : les perquisitions liées à l'arrestation d'Andrew jugées illégales, l'enquête se poursuit
-
Surfeurs étrangers tués au Mexique : verdict attendu dans la journée
-
Christa Pike, qui a survécu à son exécution aux États-Unis, a recommencé à marcher, selon son avocat
-
La Bourse de Paris minée par la hausse des taux et du pétrole
-
Yémen: à Taëz, asphyxiée par les Houthis, une population "à bout"
-
Grèce: inauguration d'une mine d'or en dépit des protestations de longue date
-
L'OMC relève ses prévisions de croissance du commerce mondial de marchandises dopé par l'IA
-
Sophie Adenot de retour sur Terre
-
Les compagnies aériennes rassurent: l'Europe aura bien du kérosène
-
Le Nobel à Anne Carson, poète canadienne mêlant mythes anciens au contemporain
-
Virus du Nil occidental : nombre de cas record dans l'Hexagone et cinq décès dont l'imputabilité est à vérifier
-
Les Etats-Unis veulent une "Europe forte", affirme Marco Rubio
-
Recul des visites des sites d'info en septembre, l'impact d'AI Overview en question
-
L'OMC relève ses prévisions de croissance du commerce mondial de marchandises
-
L'ex-président philippin Duterte est apte à être jugé, déclare la CPI
-
Alex Bodi mizează, alături de CRIF, pe investiții transparente și pe prevenirea riguroasă a spălării banilor
-
Wall Street ouvre en baisse, plombée par le pétrole et les taux
-
Lycées : nouvel appel à la mobilisation le 13 octobre
-
Ukraine : une frappe russe contre deux bus fait au moins 30 morts dans l'est
-
Pologne: le PM fustige les réseaux sociaux après une nouvelle attaque au couteau dans une école
-
Les Allemands resteront de "bons Européens", assure le président Steinmeier
-
France: 66% des nappes phréatiques sous les normales, situation "très préoccupante", selon le service géologique national
-
Barricades, tranchées : dans le sud de la Syrie, l'armée israélienne renforce ses positions
-
Le Nobel à Anne Carson, autrice canadienne mêlant mythes anciens au contemporain
-
Législatives : les députés italiens approuvent l'instauration de la proportionnelle
-
Margaret Hamilton, mère du système informatique du programme Apollo, est morte
-
Le Nobel de littérature récompense l'oeuvre "audacieuse et inventive" de la Canadienne Anne Carson
-
Ethiopie: frappes de drones contre des forces érythréennes déployées dans le nord du Tigré
-
Pologne: une nouvelle attaque au couteau dans une école fait un mort et deux blessés
-
Etats-Unis: l'aile gauche démocrate aborde revigorée les élections
-
Agriculture: les nouvelles annonces, avec des prêts à taux zéro, divisent les syndicats
-
Ukraine : une bombe russe contre deux bus fait au moins 30 morts dans l'Est
-
"Je ne sais plus qui croire": en Sibérie, au coeur de la rumeur de la peste
-
Taïwan annonce des exportations record grâce à l'IA
-
Le commissaire européen au Commerce en Chine pour "rééquilibrer un déficit insoutenable"
-
Pakistan: rouge, vert, ferveur et colère dans la marche pour Imran Khan
-
Lycées: les cours reprennent mais des blocages subsistent avant des manifestations cet après-midi
-
La start-up d'IA Manus lève plus de 500 millions de dollars
-
Russie : un centre de données d'un géant de la tech touché par une frappe ukrainienne
-
L'ambassadrice américaine en Grèce visée par des révélations embarrassantes
-
La Bourse de Paris ploie face à la hausse du pétrole, nouveau bond des taux d'emprunts
-
Tennis: un an après y avoir "touché les étoiles", Vacherot revient à Shanghai
-
Grève TotalEnergies : les expéditions de carburants bloquées dans plusieurs raffineries, selon la CGT
-
Sécheresse : la ministre de l'Agriculture annonce des prêts à taux zéro pour les agriculteurs
-
Israël réduit drastiquement la présence diplomatique britannique à Jerusalem-Est
-
Pyongyang exige du "respect" de la Corée du Sud si elle veut dialoguer
-
Les Bourses européennes débutent dans le rouge
-
Lycées: déçus par Matignon, les élèves appelés de nouveau à se mobiliser jeudi
-
Face au déclin des espèces, la tortue verte offre une lueur d'espoir
Ukraine: à Pokrovsk, des mineurs envoient leurs familles au loin face à l'avancée russe
Iouriï Kozynets embrasse sa femme devant le bus devant l'emmener loin de Pokrovsk, dans l'est de l'Ukraine, dont se rapprochent inexorablement les troupes russes. Ce mineur reste sur place, pour continuer à gagner de l'argent pour sa famille.
Iouriï, 31 ans, essuie les larmes sur le visage de son épouse Aliona Gladkaïa, 35 ans. "Il n'y a pas d'autre solution : pour protéger sa famille, un homme doit subvenir à ses besoins", assène-t-il.
Son épouse avec ses trois enfants issus d'un précédent mariage montent dans le bus et elle appuie sa main contre la vitre. De l'autre côté de la fenêtre, Iouriï fait de même.
Comme des centaines d'hommes qui ont envoyé leurs familles dans la sécurité relative d'autres régions d'Ukraine, il reste pour travailler à la mine, récoltant le précieux charbon dont l'Ukraine a besoin pour son économie et sa défense.
Ce choix déchirant met en lumière un dilemme courant pour les Ukrainiens vivant près du front et qui n'ont pas les moyens d'abandonner leur emploi et de déménager.
L'histoire de Iouriï et d'Aliona a commencé à la mine. Elle était chargée de remonter les travailleurs à la surface et Iouriï lui donnait à chaque fois le jeton prouvant qu'il a terminé son quart de travail.
Avant de se séparer, ils rejouent la scène, riant entre les larmes.
Aliona part le coeur brisé. "Quand je regarde ce qui est devenu une partie de moi, tout ce dans quoi j'ai mis mon âme, je perds toute force", confie la femme, qui ne sait pas si elle va pouvoir revenir un jour.
- Mine essentielle -
L'armée russe, avec sa puissance de feu qui rase tout sur son passage, se rapproche peu à peu de Pokrovsk, noeud logistique clé pour les forces ukrainiennes dans la région de Donetsk (est), et se trouve aujourd'hui à moins de 10 kilomètres de la ville.
Cette avancée se fait sentir par des bombardements incessants et de plus en plus forts qui détruisent des bâtiments et font peur aux enfants d'Aliona: Kira, 13 ans, Anguelina, 12 ans, et Matviï, 9 ans.
Depuis fin août, près de 35.000 habitants ont quitté Pokrovsk, et il n'en reste plus que 13.900, selon la municipalité. Les transports publics ne fonctionnent presque plus et seules les navettes transportant les employés vers la mine circulent encore.
En attendant l'une d'elles, Andriï Radine, un ouvrier de 41 ans, et ses trois collègues racontent que la plupart des mineurs ont envoyé leurs femmes loin de la ville.
"La mine façonne la ville", explique Andriï. "Sans la mine et le chemin de fer, ce serait fini : les gens n'auraient plus rien pour survivre".
Avant l'invasion, 8.500 personnes travaillaient pour la compagnie minière de Pokrovsk, selon Oleksandre Kalenkov, président d'Ukrmetallurgprom, une association de compagnies métallurgiques. Il n'est pas clair combien il en reste aujourd'hui.
"En ce moment, notre industrie voit la situation la plus difficile depuis le début de la guerre", déplore M. Kalenkov.
La mine de Pokrovsk est la seule mine sous contrôle ukrainien produisant du coke, un charbon nécessaire à la fabrication de l'acier. Sa perte serait un "coup terrible" qui diviserait par deux la production de ce métal essentiel à l'industrie militaire et coûteux à importer, estime-t-il.
- Solitude -
Le rôle des mineurs est si vital pour l'Ukraine que la plupart d'entre eux sont exemptés du service militaire et perçoivent des salaires relativement élevés.
"Je ne toucherais pas un tel salaire ailleurs", confirme Andriï Radine, sans en dévoiler le montant. Mais même lui envisage de partir, la mine ayant été bombardée plusieurs fois.
Dans un quartier voisin, Oleksandre Belenko, 41 ans, attend son tour chez le barbier au son de tirs d'artillerie. Sa femme, Lyoudmila, a trouvé refuge à Odessa (sud) avec leurs deux enfants.
"Ils sont ma famille, mon sang. Je leur donnerais mon dernier morceau de pain s'il le fallait. Et je ne me plains pas, ce n'est pas difficile pour moi. C'est simplement la mission de tout homme d'être un pourvoyeur", dit Oleksandre, qui travaille aussi à la mine.
"Je veux que cette maudite chose soit terminée rapidement. Honnêtement, je n'ai plus de force", s'emporte-il à propos de la guerre. Les membres de sa famille, qui vivaient jadis à proximité, sont tous dans des villes différentes. "La solitude, c'est dur", lance-t-il.
Iouriï Kozynets s'efforce de contenir som émotion en regardant le bus emporter sa femme et ses enfants adoptifs.
"J'ai juste peur de ne plus jamais les revoir vivants. J'espère que... Non, j'en suis sûr, nous nous reverrons", se ressaisit-il. "Elle et les enfants sont toute ma vie".
P.Vogel--VB