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De droite avec des ministres de gauche et du centre: le casse-tête du futur gouvernement Barnier
"Ce ne sera pas seulement un gouvernement de droite", il y aura des "gens de gauche" avec "peut-être" des sortants: la composition de l'équipe ministérielle vire d'autant plus au casse-tête pour Michel Barnier qu'elle devra survivre dans une Assemblée nationale fracturée.
Le nouveau locataire de la rue de Varenne, venu de la droite et qui n'a pas manqué de critiquer Emmanuel Macron par le passé, entend mettre sa patte sur cette équipe, alors que le chef de l'Etat a promis de se tenir davantage en retrait.
"Le président va présider et le gouvernement gouverner", a assuré vendredi Michel Barnier, désireux de plus "d'indépendance", y compris sur la composition du gouvernement, sûrement au centre de son déjeuner de travail lundi avec le président.
Mais Michel Barnier, qui ne dispose pas de majorité absolue à l’Assemblée nationale, devra veiller aux équilibres de sa supposée coalition parlementaire, qui devrait réunir le bloc macroniste (Renaissance, Horizons, MoDem), de la droite et du groupe centriste Liot (Liberté, Indépendants, outre-mer, territoires).
Il a poursuivi lundi ses consultations en recevant les représentants du groupe Liot qui ont fait valoir leurs priorités sur "la décentralisation, les territoires, le pouvoir d’achat, la santé et la sécurité".
Le Premier ministre en retour, selon les députés Stéphane Lenormand et Christophe Naegelen, a marqué une volonté de "changer de politique" et de "méthode", avec "plus de travail et moins de communication". Il a admis selon M. Naegelen, qu'il était à Matignon "en CDD et que la durée serait peut-être courte" s'il ne trouvait pas de majorité pour le soutenir.
- "Rupture" -
Sur les postes régaliens, qui relèvent dans l'usage du domaine "réservé" du président de la République, sa marge de manoeuvre pourrait être faible, en dépit de son profil international, puisqu'il a été deux fois commissaire européen, négociateur du Brexit et ministre des Affaires étrangères.
Au prestigieux Quai d'Orsay, deux macronistes sont en lice.
L'actuel occupant Stéphane Séjourné aimerait rester. Mais le ministre de l'Intérieur démissionnaire Gérald Darmanin, qui était aux côtés de Michel Barnier dimanche soir pour saluer l'engagement des forces de l'ordre et des volontaires pendant les Jeux olympiques, ne cache pas son intérêt pour le poste.
A moins que le match aboutisse à un troisième homme (ou femme) si le locataire de Matignon voulait marquer une "rupture".
Le ministre des Armées Sébastien Lecornu, issu de la droite et qui attendait de voir la couleur politique du Premier ministre, pourrait envisager de rester. L'actuelle ministre du Travail et de la Santé Catherine Vautrin, qui fut comme Michel Barnier ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, rêve aussi d'un poste régalien.
L'éducation et la santé, étendues par Emmanuel Macron à son pré carré mais aussi érigées en "priorités" par Michel Barnier, sont convoitées par des figures de droite. De quoi signer un retour au gouvernement de LR, même si le patron Laurent Wauquiez l'avait exclu dans un premier temps ?
Philippe Juvin, médecin et patron des Républicains dans les Hauts-de-Seine, se verrait bien à la santé, comme Annie Genevard, numéro deux du parti Les Républicains, citée pour l'Education.
- RN arbitre -
Le nom de Rachida Dati, ministre démissionnaire de la Culture mais dernière débauchée à droite par Emmanuel Macron, circule pour occuper le poste de porte-parole.
Au sortir du bon déroulement des JO, la ministre des Sports Amélie Oudéa-Castéra pourrait-elle aussi prolonger son bail ?
Un autre poste sera délicat à pourvoir: celui des Finances, dans un contexte de dérapage du déficit public.
L'idée première de l'Elysée était de trouver un ministre non partisan, selon un ancien conseiller, comme le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau.
Autre défi de taille pour Michel Barnier: trouver des personnalités venues de la gauche, qui est déjà prête à le renverser, y compris au sein d'une partie de la macronie.
Quant au Rassemblement national, accusé d'avoir été indirectement l'arbitre de la nomination de Michel Barnier, il ne le censurera pas d'emblée mais ses responsables écartent déjà certains noms.
"Ca n'aurait pas de sens que M. Barnier (...) nomme un ministre qui nous a insultés", a affirmé dimanche le député RN Jean-Philippe Tanguy, citant le cas du garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti.
Il a évoqué en revanche des "personnes compétentes à gauche", comme l'ancien ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, sur les questions d'industrie ou de défense.
G.Schmid--VB