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Législatives: la macronie cherche une alternative à la gauche, le RN arrive à l'Assemblée
Le camp présidentiel tente mercredi de dégager une alternative à la gauche pour gouverner la France en se tournant vers une droite hésitante, tandis que les troupes du Rassemblement national ont pris place à l'Assemblée après leur déconvenue électorale en promettant une revanche future.
"On est un peu plus de 160 aujourd'hui (...) et j'entends des députés LR, divers droite, UDI (centre-droit, ndlr), même divers gauche, qui seraient prêts à nous rejoindre, ce qui veut dire qu'on pourrait numériquement dépasser le bloc de gauche", a affirmé Aurore Bergé sur France 2.
Comme la ministre de l'Egalité femmes-hommes, réélue députée dimanche, les responsables macronistes multiplient les efforts pour élargir le bloc central.
Le chef sortant des députés Renaissance Sylvain Maillard a d'ailleurs convoqué une "réunion de groupe" mercredi pour aborder le sujet et "regarder quels sont les députés susceptibles de pouvoir se retrouver avec nous".
- Matignon pour la droite ? -
Comme depuis 2022, le camp présidentiel regarde essentiellement vers la droite pour trouver des alliés. "Il peut y avoir un Premier ministre de droite, ça ne me gênerait en rien", a ainsi déclaré le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin sur CNews et Europe 1.
Une option approuvée par de nombreux députés qui veulent éviter "à tout prix" un gouvernement comportant des membres La France insoumise (LFI), qu'il promettent de censurer s'il arrivait au pouvoir.
Mardi soir, l'ancien Premier ministre Edouard Philippe avait déjà appelé à la signature d'un "accord technique" avec Les Républicains, en vue "d'avancer et de gérer les affaires du pays pendant au moins un an".
Après avoir été inflexibles sur l'hypothèse d'une coalition, certains responsables de la droite semblent peu à peu s'ouvrir à l'idée, à l'image du président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand et de l'ancien chef des députés LR Olivier Marleix.
Ces derniers ont plaidé pour la nomination d'un Premier ministre issu de leur camp qui prendrait la tête d'un "gouvernement de rassemblement" afin de "mettre un coup d'arrêt à LFI".
Mais Laurent Wauquiez, un autre ténor qui fait son retour sur le paysage national et paraît bien parti pour être élu président du nouveau groupe LR, défend lui une ligne "sans compromission", ce qui pourrait compliquer la donne.
Surtout, avec au maximum une soixantaine de députés LR ou divers droite, ces futurs alliés potentiels sont loin d'assurer une majorité absolue aux macronistes.
- "Partie remise" pour le RN -
Face à ces tractations, la gauche a dénoncé les "manigances" du camp présidentiel, par la voix du coordinateur de LFI Manuel Bompard. Ce dernier accuse Emmanuel Macron de "multiplier les manoeuvres" pour "en quelque sorte détourner le résultat" des élections législatives.
Mais le NFP bataille aussi en interne entre ses deux principales composantes, une France insoumise (LFI) à peu près stable entre 70 et 80 élus, et un Parti socialiste (PS) revigoré et qui espère faire au moins jeu égal pour proposer un Premier ministre issu de ses rangs, comme son premier secrétaire Olivier Faure.
Jean-Luc Mélenchon évoque lui avec insistance le nom de la jeune députée du Val-de-Marne, Clémence Guetté, 33 ans et coordinatrice de son programme présidentiel en 2022.
En attendant, les socialistes devraient reconduire à la tête de leur groupe le député des Landes Boris Vallaud.
Face à ce désordre, Marine Le Pen a fustigé le "bourbier" consécutif aux législatives anticipées: "Personne n'est capable de savoir de quels rangs sera issu le Premier ministre et quelle politique sera menée pour le pays", a-t-elle raillée à son entrée au Palais Bourbon.
Dans une ambiance tendue au milieu des caméras, les nouveaux députés RN - qui seront environ 143 avec leurs alliés - ont ainsi pris leurs marques à l'Assemblée dans la matinée. Non pas comme première force, ce que le parti à la flamme espérait, mais seulement comme troisième bloc, victime au deuxième tour des législatives d'un front républicain particulièrement robuste.
"Un certain nombre de manœuvres, notamment de désistements massifs, nous ont privés de la majorité absolue. Ce n'est que partie remise", s'est justifiée Marine Le Pen.
Toujours silencieux face à la situation politique, Emmanuel Macron s'envole lui pour Washington, où il doit participer pendant deux jours à un sommet de l'Otan. La situation se sera-t-elle décantée à son retour ?
H.Gerber--VB