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Kaja Kallas, la "Dame de fer" de l'Estonie choisie pour diriger la diplomatie de l'UE
La Première ministre estonienne Kaja Kallas, choisie pour être la voix de la diplomatie de l'UE, est une adversaire déterminée du Kremlin et une Européenne convaincue.
Celle qui a apporté un soutien résolu à l'Ukraine dès le début de l'invasion russe en février 2022, a immédiatement souligné que "la guerre en Europe" et "l'instabilité croissante dans notre voisinage et dans le monde" étaient les principaux défis de la politique étrangère européenne.
Fille de l'ancien chef de gouvernement estonien et commissaire européen Siim Kallas, cette avocate de profession est née alors que l'Estonie était encore partie intégrante de l'Union soviétique.
Agée de 47 ans, elle a été pour la première fois élue députée en 2011 pour le Parti de la réforme, une formation libérale fondée par son père, avant d'obtenir un siège au Parlement européen, figurant à plusieurs reprises sur les listes des députés européens les plus influents.
Elle a fait son retour sur la scène politique nationale en 2018, en prenant la tête du Parti de la réforme et en devenant la première femme cheffe du gouvernement estonien en 2021.
Le pays balte, qui ne compte que 1,3 million d'habitants, est devenu, proportionnellement, l'un des plus généreux donateurs pour l'Ukraine, son aide dépassant 1% de son PIB.
"Si une telle agression est payante en Ukraine, elle pourra inciter à faire de même ailleurs. Nous devons totalement discréditer l'outil d'agression", déclarait la dirigeante lors d'un entretien avec l'AFP en décembre 2023.
Mme Kallas, qui parle couramment l'anglais, le russe et le français en plus de son estonien natal, avait ouvertement exprimé son intérêt pour remplacer le Norvégien Jens Stoltenberg à la tête de l'Otan.
Son attitude combative face au président russe Vladimir Poutine lui vaut le soutien de plusieurs pays de l'UE, dont la Pologne, mais a pu un moment gêner ses ambitions, comme elle l'a elle-même reconnu.
"Le souci (pour les Etats baltes), c'est que cela fera vingt ans l'an prochain que nous sommes membres de ces organisations, l'UE et l'Otan, mais que nous ne sommes pas considérés comme des candidats à égalité pour les postes de haut niveau", déplorait-elle fin 2023.
"Et si j'entends cet argument selon lequel je serais une provocation pour la Russie, alors je rétorque que nous laissons trop de pouvoir à la Russie pour nous dicter nos décisions", avait-elle ajouté.
- Recherchée par la Russie -
Et de ce point de vue, celle que l'on surnomme "la Dame de fer" en Estonie n'a jamais redouté de provoquer Moscou.
Dans un acte symbolique de rupture avec son passé, le gouvernement estonien dirigé par M. Kallas a enlevé de l'espace public des monuments de guerre datant de l'ère soviétique, un processus qui s'est accéléré après l'invasion de l'Ukraine.
"Lorsque nous avons retrouvé notre indépendance, nous avions beaucoup d'autres soucis. Lorsque la guerre a commencé, elle a rouvert, en fait, toutes les blessures", a déclaré Mme Kallas.
Cette fermeté lui a valu d'être placée par Moscou en février dernier sur sa liste des personnes recherchées, officiellement pour "destruction de monuments aux soldats soviétiques".
Malgré sa popularité, elle a dû faire face à une crise de confiance en 2023 après que les médias locaux ont rapporté qu'une entreprise appartenant en partie à son mari continuait d'opérer en Russie.
Rejetant les appels à la démission, Mme Kallas a été réélue à la tête du Parti de la réforme, son image internationale n'ayant pas été ternie par le scandale.
Mère d'un fils, Mme Kallas a fait partie dans sa jeunesse d'un ensemble de danse folklorique qui se produisait aussi à l'étranger. Adulte, elle s'est plainte de ne jamais avoir assez de temps pour danser.
U.Maertens--VB