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Le Néerlandais Mark Rutte désormais sans rival pour diriger l'Otan
Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a désormais la voie libre pour devenir le prochain secrétaire général de l'Otan, après le retrait jeudi de la candidature du président roumain Klaus Iohannis.
M. Iohannis a informé les alliés de l'Alliance atlantique qu'il se retirait de la course, et Bucarest a donc décidé de soutenir Mark Rutte, a-t-on indiqué de source officielle dans la capitale roumaine.
Avec ce retrait du dernier rival encore en lice, plus rien ne s'oppose à l'arrivée au siège de l'Alliance à Bruxelles du dirigeant néerlandais de 57 ans, vétéran de la politique européenne.
Sa nomination doit toutefois être formellement entérinée par le Conseil de l'Atlantique nord, l'instance politique de décision de l'Otan, lors d'une réunion prévue en principe la semaine prochaine. Il prendra alors la suite du Norvégien Jens Stoltenberg le 1er octobre pour un mandat de quatre ans.
M. Rutte va prendre la tête de l'Otan dans un monde en pleine incertitude politique, des deux côtés de l'Atlantique, et dans une Europe en guerre.
"Il a beaucoup d'expérience en tant que Premier ministre", a assuré mardi Jens Stoltenberg, se disant "certain" que la nomination prochaine de son successeur serait une bonne chose "pour nous tous, pour l'Otan et pour moi-même".
M. Stoltenberg, à la tête de l'Otan depuis 2014, a vu son mandat initial être prolongé à quatre reprises, en dépit de sa volonté de ne pas rempiler l'an dernier.
Mark Rutte ne devrait pas être effrayé par la perspective de rester longtemps en poste. Politicien chevronné, ce libéral est depuis 14 ans chef du gouvernement néerlandais (en affaires courantes depuis la victoire électorale de l'extrême droite aux Pays-Bas en novembre).
Réputé pour sa simplicité et sa franchise, l'ancien cadre chez Unilever a su tisser un important réseau de relations, y compris de l'autre côté de l'Atlantique.
- Amadouer Trump -
Sa capacité supposée à amadouer Donald Trump, a aussi joué en sa faveur au moment de décider du remplacement de M. Stoltenberg, au cas où le milliardaire américain devait revenir à la Maison Blanche.
Lors d'une rencontre en 2018, le dirigeant néerlandais avait réussi à le convaincre du sérieux de l'engagement des Européens à dépenser plus pour leur défense, en l'assurant du rôle déterminant joué par ses critiques inlassables en la matière.
Depuis, Donald Trump a confirmé le peu de cas qu'il faisait de l'engagement américain en Europe, et il faudra beaucoup des qualités de négociateur prêtées à Mark Rutte sortant pour le raisonner, s'il devait être élu en novembre.
Ses talents de diplomate lui ont permis de s'assurer du soutien des Alliés, y compris ceux de la Turquie et de la Hongrie, pourtant peu enthousiastes à l'idée de nommer un quatrième Néerlandais à la tête de l'Otan.
Les relations entre les Pays-Bas et la Turquie, exécrables dans les années 2017-2018, ont depuis été normalisées. M. Rutte s'était rendu à Istanbul en avril pour sceller cette réconciliation.
Quant à la relation avec Budapest, la poignée de mains lundi soir à Bruxelles entre Mark Rutte et son homologue hongrois Viktor Orban a marqué la fin des tensions entre les deux hommes, et levé le principal obstacle à sa nomination à la tête de l'Otan.
Mark Rutte "a confirmé" que s'il obtenait ce poste, la Hongrie ne serait pas obligée de participer aux activités de l'Otan en Ukraine, avait déclaré mardi M. Orban. Dans ce cas, a-t-il ajouté, "la Hongrie est prête à le soutenir".
L'Ukraine sera évidemment la grande affaire du mandat de M. Rutte. L'Otan n'est pas en guerre contre la Russie, mais fournit 99% de l'aide militaire à Kiev.
Les Pays-Bas se sont clairement engagés aux côtés de l'Ukraine, depuis l'invasion russe de février 2022.
La Haye a signé cette année un accord portant sur deux milliards d’euros d’assistance militaire sur 10 ans, ajoutant ensuite un milliard supplémentaire.
Les Pays-Bas ont aussi été le fer de lance des efforts visant à doter Kiev d'avions de combat F-16, une décision qualifiée d'"historique" par le président Volodymyr Zelensky.
Le pays dirigé par Mark Rutte s'est montré moins pressé de respecter l'engagement pris en 2014 par les pays de l'Otan de consacrer au moins 2% de leur Produit intérieur brut (PIB) aux dépenses militaires. L'objectif a toutefois été atteint cette année, opportunément.
A.Ruegg--VB