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Gaza: menaces de l'Iran, Israël et le Hamas maintiennent leurs exigences
Des menaces de représailles de l'Iran ont de nouveau fait monter jeudi la tension au Proche-Orient, au moment où Israël et le Hamas semblent maintenir leurs exigences face à une proposition des médiateurs pour mettre fin à la guerre dans la bande de Gaza.
Des bombardements israéliens ont visé jeudi le territoire palestinien, notamment le sud, selon des témoins, pendant que les pays médiateurs attendent des réponses à leur dernière proposition de trêve associée à une libération d'otages retenus à Gaza depuis le début de la guerre le 7 octobre.
L'Iran "menace de lancer une attaque importante contre Israël", a déclaré mercredi le président américain, Joe Biden. Il a assuré son allié de son soutien "inébranlable", en dépit des tensions entre les deux pays autour de la conduite de l'offensive israélienne contre le Hamas.
Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, dont le pays soutient le mouvement islamiste palestinien, avait assuré mercredi qu'Israël serait "puni" après une attaque meurtrière qui lui a été imputée le 1er avril en Syrie.
Cette frappe a détruit le consulat iranien à Damas et fait 16 morts, dont sept membres du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, selon une ONG.
"Si l'Iran mène une attaque depuis son territoire, Israël répondra et attaquera l'Iran", a répondu en persan le ministre israélien des Affaires étrangères.
Face à ces tensions, la Russie a "fermement recommandé" jeudi à ses citoyens d'éviter de se rendre dans la région, "en particulier en Israël, au Liban et dans les Territoires palestiniens".
"Nous ferons tout ce que nous pouvons pour protéger la sécurité d'Israël", a encore déclaré Joe Biden en exhortant le Hamas à "avancer" sur l'offre de trêve à Gaza.
- "Des exigences claires" -
La guerre a éclaté le 7 octobre lorsque des commandos du Hamas infiltrés depuis la bande de Gaza ont mené une attaque sans précédent dans le sud d'Israël, entraînant la mort de 1.170 personnes, en majorité des civils, selon un bilan établi par l'AFP à partir des données officielles israéliennes.
Plus de 250 personnes ont été enlevées et 129 restent détenues à Gaza dont 34 sont mortes, d'après des responsables israéliens.
En représailles, Israël a juré d'anéantir le Hamas, qu'il considère comme une organisation terroriste de même que les Etats-Unis et l'Union européenne. Son armée a lancé une offensive qui a fait jusqu'à présent 33.482 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas.
Jeudi, l'armée israélienne a annoncé avoir mené pendant la nuit "une opération de précision dans le centre de la bande de Gaza", "afin d'éliminer des agents terroristes".
La dernière proposition avancée par le Qatar, les Etats-Unis et l'Egypte prévoit dans un premier temps une trêve de six semaines ainsi que la libération de 42 otages retenus à Gaza en échange de 800 à 900 Palestiniens incarcérés par Israël, l'entrée de 400 à 500 camions d'aide humanitaire chaque jour dans la bande de Gaza et le retour chez eux des habitants du nord du territoire déplacés par la guerre, selon une source du Hamas.
Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a affirmé mercredi que la mort dans une frappe israélienne de trois de ses fils dans le nord de la bande de Gaza ne ferait pas fléchir le mouvement islamiste, au pouvoir dans le territoire depuis 2007, dans ses exigences vis-à-vis d'Israël.
"Nos exigences sont claires et nous n'y renoncerons pas. Si l'ennemi croit que cibler mes fils au plus fort des négociations et avant que le Hamas ne donne sa réponse, poussera le mouvement à changer de position, il se trompe", a déclaré M. Haniyeh, basé à Doha, à la chaîne du Qatar Al-Jazeera.
Le Hamas exige avant tout accord un cessez-le-feu définitif, le retrait israélien de Gaza, une augmentation importante de l'aide humanitaire, un retour des déplacés et un accord "sérieux" d'échange d'otages et de prisonniers palestiniens.
- "Tristesse et dévastation" -
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, continue à répéter que la guerre se pousuivra jusqu'à la victoire sur le Hamas et la libération de tous les otages. Il maintient en particulier son projet d'offensive terrestre sur la ville de Rafah, frontalière avec l'Egypte à l'extrémité sud de la bande de Gaza, qu'il considère comme le dernier grand bastion du Hamas.
Ce projet suscite l'opposition de nombreuses capitales étrangères, à commencer par Washington, qui redoutent de lourdes pertes civiles dans la ville devenue un abri pour un million et demi de personnes, selon l'ONU, en majorité des déplacés qui ont fui la guerre plus au nord.
Israël avait annoncé le 7 avril que ses soldats quittaient Khan Younès, la grande ville du sud de Gaza transformée en champ de ruines, après plusieurs mois de combats, afin de préparer l'offensive sur Rafah, à quelques kilomètres de là.
Israël, qui assiège totalement la bande de Gaza depuis le début de la guerre, a annoncé ces derniers jours avoir autorisé l'entrée d'une aide humanitaire accrue dans le territoire menacé de famine, avec pour objectif d'atteindre une moyenne de 500 camions par jour, soit le seuil d'avant la guerre.
Pour Ahmed Qishta, réfugié à Rafah, comme pour tous les Gazaouis qui célèbrent cette année au milieu des ruines l'Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du ramadan, ces mesures ne changent rien.
"Nous n'avons jamais vécu un Aïd comme celui-ci, plein de tristesse, de peur, de destruction et de dévastation", a confié à l'AFP ce père de quatre enfants.
G.Haefliger--VB