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Chez les partisans de Trump, le malaise Ukraine
Son tee-shirt rouge criblé de pins à l'effigie de Donald Trump ne laisse aucun doute sur qui est l’idole de Patti Douglas: "Je l'admire pour tout", sauf pour l’Ukraine, "je veux aider" ce pays, lâche la républicaine, venue voir sa star à Washington samedi.
"Je pense qu’ils (les Ukrainiens) s’en sortent très bien, mais ils ont besoin de plus d'aide", dit-elle, deux ans jour pour jour après l'invasion du pays par l'armée de Moscou. Sinon, "la Russie prendra un avantage" définitif.
La résidente de Floride l'assure, elle votera pour Trump à l'élection en novembre, mais sa voix détonne alors que l'ancien président pousse ses partisans au Congrès à bloquer une aide militaire américaine de 60 milliards de dollars à Kiev.
Cette impasse politique, désastreuse pour l’Ukraine, divise jusque dans les rangs des électeurs conservateurs, venus en banlieue de Washington pour assister à la grand-messe annuelle de la droite américaine.
Dans le flux des casquettes rouges siglées d'un "Trump" tantôt blanc tantôt doré, deux chapeaux de cow-boy. Leurs propriétaires: deux copines sexagénaires, Stephanie Jordan et Nannette Coil. Elles estiment qu’il faut "prendre soin de soi-même avant d’aider les autres".
- "Comme dans un avion" -
"Je pense qu’on leur a déjà envoyé trop d’argent sans connaître l’issue" de la guerre, "nous devons nous concentrer sur nos problèmes d’abord", juge la première.
"C’est comme dans un avion, tu mets ton propre masque à oxygène avant d’aider qui que ce soit", tonne la deuxième en écho.
Le plus important pour les électeurs de Trump? "On doit économiser plus d’argent pour protéger nos frontières", assure Mary Phelps, 69 ans, vêtue d'un tee-shirt barré par le slogan "Make America Great Again" de l’ancien président.
La partisane de Donald Trump "depuis et pour toujours" reprend un des thèmes lancinants de la campagne du tribun républicain.
Dans un discours d’une heure et demie samedi, il a tenu des propos incendiaires sur les migrants qui "tuent nos citoyens, tuent notre pays".
"Aucun pays ne pourrait supporter ce qui se passe" a-t-il tonné, flagellant la politique migratoire de Joe Biden.
L'ancien magnat de 77 ans a promis qu'il réglerait le problème dès son retour à la Maison Blanche, en prenant des mesures "aussi drastiques qu'il le faut", alors qu'un nombre record de migrants a traversé la frontière entre les États-Unis et le Mexique en 2023.
- Malaise apparent -
"On ne serait pas dans cette situation-là si Trump était président", estime Jean (qui n’a pas souhaité donner son nom de famille), faisant référence à l’afflux migratoire et à la guerre en Ukraine.
A la question, "faut-il toujours aider l’Ukraine?", ses joues se crispent d'un malaise apparent. "En ce moment, la situation est catastrophique et c’est une question à laquelle il est très difficile de répondre."
Erik Svane, un Américain qui vit à Paris venu spécialement depuis la capitale pour voir Donald Trump, tranche : "Il faut continuer à aider l’Ukraine mais le problème c’est que Joe Biden et les démocrates n’expliquent jamais rien. Ils disent simplement +il faut envoyer de l’argent+. Alors que si on explique pourquoi, ce serait plus simple."
Sur son épaule trône son chat, baptisé "Jixie Juny", qui fait l’attraction dans les couloirs de la convention. "Un vrai trumpiste", rigole le Parisien d’adoption. "Mais lui, il n’aura pas le droit de voter" le 5 novembre pour élire le prochain président.
C.Stoecklin--VB