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La pression internationale s'intensifie pour une trêve entre Israël et le Hamas
La pression internationale s'intensifie mardi pour un accord de trêve entre Israël et le mouvement islamiste Hamas incluant une nouvelle libération d'otages, après l'annonce israélienne d'une offensive prochaine sur Rafah, dernier refuge pour plus d'un million de Palestiniens de la bande de Gaza.
L'Egypte, médiateur traditionnel entre Israël et les Palestiniens, accueille mardi les directeurs des renseignements américain et israélien ainsi que le Premier ministre qatari pour "oeuvrer à une trêve dans la bande de Gaza", selon un média égyptien.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a récemment ordonné à son armée de préparer une offensive sur Rafah, où sont massés 1,4 million de Palestiniens, selon l'ONU, soit plus de la moitié de la population totale du territoire, la plupart ayant fui la guerre qui fait rage depuis quatre mois.
Quelques heures auparavant, Israël avait libéré deux otages, des Israélo-Argentins, à Rafah, à la frontière avec l'Egypte, lors d'une opération nocturne accompagnée de bombardements qui ont fait une centaine de morts, selon les autorités du Hamas, au pouvoir à Gaza depuis 2007.
L'armée israélienne a annoncé mardi la mort de trois soldats dans les combats dans la bande de Gaza, portant à 232 le nombre de militaires israéliens tués depuis le début de son opération terrestre le 27 octobre.
- Situation humanitaire "insupportable" -
Les Etats-Unis, principal allié d'Israël, s'opposent à une opération à grande échelle sans solution pour les civils coincés à la frontière fermée avec l'Egypte à l'extrême sud du territoire.
Le président américain, Joe Biden, a réclamé à Israël un plan "crédible" pour épargner les civils à Rafah qui sont "exposés et vulnérables", lors d'une rencontre lundi à la Maison Blanche avec le roi de Jordanie Abdallah II.
"Nous ne pouvons pas nous permettre une attaque israélienne sur Rafah", où la situation humanitaire est déjà "insupportable", a dit de son côté Abdallah II, qui a appelé à "un cessez-le-feu durable immédiatement" à Gaza.
La Chine, de son côté, a aussi appelé mardi Israël à arrêter "au plus vite" son opération militaire à Rafah, afin "d'empêcher une catastrophe humanitaire plus grave encore".
La guerre a été déclenchée le 7 octobre par une attaque sans précédent de commandos du Hamas infiltrés de la bande de Gaza dans le sud d'Israël, qui a entraîné la mort de plus de 1.160 personnes, en majorité des civils tués ce jour-là, selon un décompte de l'AFP réalisé à partir de données officielles israéliennes.
En représailles, le gouvernement israélien a juré d'anéantir le mouvement islamiste qu'il considère comme une organisation "terroriste", de même que les Etats-Unis et l'Union européenne.
L'offensive israélienne a fait 28.473 morts dans la bande de Gaza, en grande majorité des civils, selon le ministère de la Santé du gouvernement du Hamas.
Selon Israël, 130 otages se trouvent encore à Gaza, dont 29 seraient morts, sur environ 250 personnes enlevées le 7 octobre. Une trêve d'une semaine en novembre avait permis la libération de 105 otages en échange de 240 Palestiniens détenus par Israël.
- "Sur la lune?" -
Au Caire, le patron de la CIA, William Burns, le chef du Mossad, David Barnea, et le chef du gouvernement du Qatar, Mohammed ben Abdelrahmane Al-Thani, discutent d'une trêve avec des dirigeants égyptiens, selon la télévision AlQahera News, proche du renseignement égyptien.
"Le Hamas et les autres mouvements palestiniens attendent les résultats des pourparlers du Caire", a indiqué à l'AFP l'un de ses cadres sous couvert d'anonymat.
Face aux craintes internationales d'une offensive militaire majeure, M. Netanyahu a affirmé dimanche qu'Israël ouvrirait à la population "un passage sécurisé" pour quitter Rafah, sans préciser vers quelle destination.
"Ils vont évacuer" les Palestiniens: "Où? Sur la Lune?", s'est interrogé à Bruxelles le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.
Des familles palestiniennes, beaucoup déjà déplacées plusieurs fois et craignant devoir bouger encore, commençaient mardi à démonter leur tentes et rassembler leurs affaires.
"Nous avons fui le nord avec rien, ensuite on est allé à Khan Younès avec toujours rien", a indiqué Ismaïl Joundiyah, un déplacé. "Cette fois, on veut être prêts".
L'ONU ne s'associera pas à "un déplacement forcé de population" à Rafah, a pour sa part prévenu Stephane Dujarric, le porte-parole du secrétaire général de l'ONU.
L'Allemagne a elle appelé Israël mardi à garantir des passages sûrs pour la protection des civils à Rafah, où deux journalistes d'Al Jazeera ont été grièvement blessés dans une frappe israélienne, selon la chaîne qatarie.
- "Désastre" -
D'après le journal américain Wall Street Journal, Israël proposerait de créer 15 vastes camps de 25.000 tentes chacun dans le sud-ouest de la bande de Gaza, dans le cadre d'un plan d'évacuation.
Le Hamas a estimé mardi dans un communiqué qu'une évacuation forcée de Rafah conduirait à un "crime" contre les personnes qui s'y trouvent, appelant à une "protection internationale".
Environ 1,7 million de personnes, d'après l'ONU, sur un total de 2,4 millions d'habitants, ont fui leur foyer depuis le 7 octobre dans le territoire palestinien assiégé par Israël et plongé dans une crise humanitaire majeure.
Rafah, devenue un gigantesque campement, est le principal point d'entrée de l'aide humanitaire, insuffisante pour répondre aux besoins de la population qui vit dans des "conditions proches de la famine", selon le Programme alimentaire mondial (PAM).
Des inquiétudes grandissent par ailleurs au sujet de l'avenir de l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), accusée par Israël d'être "infiltrée par le Hamas", et dont les contributions ont été gelées par plusieurs pays dont les Etats-Unis et l'Allemagne. Son patron, Philippe Lazzarini, a estimé mardi que démanteler cette organisation serait un "désastre", et le directeur de l'agence humanitaire de l'Arabie saoudite a lui estimé qu'un gel des fonds risquerait d'augmenter le nombre de morts.
T.Germann--VB