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Zelensky remplace le populaire chef de son armée Zaloujny
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remplacé jeudi le populaire commandant en chef de ses armées, Valery Zaloujny, par Oleksandre Syrsky, général moins connu, un changement majeur qui faisait l'objet de rumeurs insistantes.
"Aujourd'hui, la décision a été prise de changer le commandement des forces armées ukrainiennes", a indiqué le ministre de la Défense, Roustem Oumerov, se disant "reconnaissant" envers Valery Zaloujny.
Dans la foulée, Volodymyr Zelensky a déclaré avoir choisi pour lui succéder le chef de l'armée de terre Oleksandre Syrsky, "général le plus expérimenté d'Ukraine".
Le président a souligné qu'il avait commandé la défense de Kiev au début de l'invasion russe il y a quasiment deux ans, puis la contre-offensive de l'automne 2022 qui avait libéré la région de Kharkiv (nord-est).
Valery Zaloujny, 50 ans, avait été nommé en juillet 2021. Ses réussites face à l'armée russe lui ont valu l'adulation de ses concitoyens et le respect de ses partenaires occidentaux.
Mais la tension montait depuis plusieurs mois entre le président et lui.
Selon des sources ukrainiennes haut placées, M. Zelensky et son entourage reprochent depuis des mois au chef de l'armée et à son état-major l'absence d'avancées sur le front.
Depuis fin 2022, la ligne de front est quasiment gelée, une situation que la contre-offensive estivale de Kiev n'a pas réussi à changer.
En mer Noire, l'Ukraine peut en revanche se targuer de réussites importantes face à la flotte russe, réputée bien plus puissante.
Ces derniers mois, elle a réussi à éloigner ces navires du sud-ouest de ces eaux et à rouvrir un couloir maritime pour exporter des céréales ukrainiennes, faisant fi des menaces de bombardements.
Certains médias affirment également que la présidence voit d'un mauvais oeil la popularité du général, à un moment où celle de Volodymyr Zelensky n'est plus à son sommet.
Le président a assuré souhaiter que Valery Zaloujny reste dans son "équipe", sans expliquer en quoi cela consisterait. "Le temps du renouveau, c'est maintenant", a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs réclamé au nouveau commandant des armées un plan de bataille "réaliste" pour 2024.
Oleksandre Syrsky, 58 ans, n'a ni la popularité ni la notoriété de son légendaire prédécesseur.
Il n'a pas la meilleure réputation auprès de ses troupes, où certains le considèrent comme un homme de formation soviétique, peu soucieux de pertes humaines.
Selon un sondage publié au mois de décembre, 48% des sondés disaient même ne pas connaître M. Syrsky.
- Aide et pression -
Valery Zaloujny s'est fendu d'un communiqué où il affirme que la stratégie de l'Ukraine doit "changer et s'adapter" pour combattre la Russie après deux ans d'invasion.
"Notre combat se poursuit et évolue chaque jour. Les tâches de 2022 sont différentes de celles de 2024", a-t-il écrit sur Telegram, après une discussion "sérieuse" avec Volodymyr Zelensky.
MM. Zelensky et Zaloujny ont publié la même photo où on les voit se serrer la main en souriant sur leurs chaînes Telegram respectives alors que, selon certains médias, la présidence craignait que l'annonce ne déclenche des protestations à Kiev.
Fin janvier, des médias ukrainiens avaient affirmé que le chef de l'Etat avait rencontré Valery Zaloujny pour lui annoncer sa décision de le limoger.
Après bientôt deux ans de combats acharnés, l'Ukraine fait face à de nombreux périls sur le front.
Son armée manque de munitions, indispensables pour résister aux assauts russes.
L'armée russe, elle, accentue la pression sur le front est, notamment à Avdiïvka, épicentre de la bataille.
Les forces de Moscou attaquent cette ville "avec des forces très importantes", a rapporté jeudi son maire, évoquant une situation "tout simplement irréelle" par endroits.
Et l'aide internationale, essentielle, paraît plus vacillante que jamais.
Aux Etats-Unis comme en Europe, les divisions politiques s'accumulent sur le sujet, et l'époque où les alliés de Kiev semblaient prêts à dépenser sans compter semble terminée.
Le président américain Joe Biden tente depuis des mois de faire valider par son Congrès une nouvelle enveloppe d'aide, sans succès pour l'heure.
C.Bruderer--VB