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Seine-et-Marne: un père soupçonné d'un quintuple homicide interpellé
Un père de famille de 33 ans, atteint de troubles psychiatriques et soupçonné d'avoir tué lundi soir sa femme et leurs quatre enfants à leur domicile de Meaux en Seine-et-Marne "dans une scène de crime d'une très grande violence", a été interpellé mardi à Sevran (Seine-Saint-Denis).
Le jour de Noël, vers 21H00, les forces de l'ordre sont intervenues au domicile de cette famille, au rez-de-chaussée d'un immeuble d'habitation, alertées par des proches des victimes, a relaté le procureur, Jean-Baptiste Bladier.
Des traces de sang étaient visibles sur le palier. A l'intérieur, sur la "scène de crime, d'une très grande violence", cinq cadavres étaient découverts: ceux de la mère âgée de 35 ans et des quatre jeunes enfants, une fillette de 10 ans, une seconde de sept ans, un garçon de quatre ans et un nourrisson de neuf mois.
D'après une source policière, un important travail d'analyse des images de vidéosurveillance a permis de remonter au suspect.
Interpellé à Sevran (Seine-Saint-Denis) chez son père, le mis en cause, de nationalité française, a indiqué "savoir pourquoi il était en garde à vue, a évoqué son mal-être personnel et sa dépression", d'après le procureur.
Depuis 2017, il est suivi pour troubles dépressifs et psychotiques. Des ordonnances prescrivant des tranquillisants ont été retrouvées au domicile.
Il est hospitalisé, sous le régime de la garde à vue, pour des blessures importantes à la main.
- Coup de couteau en 2019 -
Les prémices de l'enquête ont fait remonter des faits de violences antérieurs au sein de ce couple formé il y a 14 ans et marié en octobre 2023. Le casier judiciaire du mis en cause est toutefois "dépourvu de tout antécédent", a souligné le procureur.
En novembre 2019, le père avait porté un coup de couteau à son épouse à l'omoplate, alors qu'elle était à un mois et demi de son accouchement. La victime, née en Haïti, avait refusé de porter plainte et n'avait pas souhaité l'assistance d'une association d'aide aux victimes de violences.
Une enquête avait été ouverte et le conjoint placé en garde à vue avant d'être hospitalisé en psychiatrie.
La procédure avait été classée sans suite au motif d'état mental déficient, a précisé M. Bladier. Une expertise avait attesté de l'existence de l'abolition du discernement chez l'homme, suivi depuis 2017 pour troubles dépressifs et psychotiques.
"Quand il y a abolition du discernement, il y a une réflexion à mener. Derrière, il faudrait une mesure de contrainte au niveau de l'obligation de soins pour l'agresseur et un suivi psychiatrique précis. Sinon, on est dans la dangerosité qui s'exerce", a estimé auprès de l'AFP Ernestine Ronai, présidente de l'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis.
"Les questions qui se posent c'est de savoir si madame, après avoir reçu un coup de couteau en 2019, avait bénéficié d'un accompagnement rapproché, et sur la durée", abonde Françoise Brié, directrice de la Fédération nationale solidarité femmes, qui gère le numéro 3919 dédié aux femmes victimes de violences conjugales.
"Dans ce cas, il y avait une tentative de féminicide en 2019, une tentative de suicide aussi (du père, ndlr), des éléments qui devaient alerter sur une situation de danger", a-t-elle ajouté.
- Série d'infanticides -
"Je n'arrive pas à expliquer son geste. C'est quelqu'un dans sa bulle, il ne parlait à personne", a répété cette voisine, informée des troubles psychiatriques du conjoint. D'après elle, le couple n'était pas en train de se séparer, un élément parfois déclencheur d'un passage à l'acte.
En moyenne, un féminicide survient tous les trois jours en France: 118 femmes ont été tuées l'an dernier par leur conjoint ou leur ex-conjoint.
L'actualité récente a été marquée par deux triples infanticides perpétrés par des pères, en octobre dans le Val-d'Oise et fin novembre dans le Val-de-Marne.
"La question avec ces trois situations, c'est que le fait que les enfants soient là n'empêche ni le féminicide, ni le fait qu'il tue les enfants pour faire mal. Le pire que l'on puisse faire à une femme, c'est de tuer ses enfants", relève Ernestine Ronai.
meh-sc-js-adr-alu/lbx/mat/swi
T.Egger--VB